ACTE TROISIÈME
HÉLÈNE
Tu as des devoirs envers lui, soit. Mais tu en as aussi envers moi, je suppose, surtout quand je te demande quelque chose d'humain et de généreux. Que tu n'hésites pas entre nous deux, je le comprendrais s'il s'agissait d'un caprice de ma part, d'un voyage ou d'un bijou; alors je serais la première à revenir et à céder. Mais je te préviens que cette fois-ci, je ne céderai pas à l'orgueil et à la tyrannie de ton père, à ses façons ironiques et méprisantes de me parler... Prends garde! Lucien, de devenir sec et glacé comme lui!...
LUCIEN, avec force.
Mon père est le plus honnête homme de la terre !
HÉLÈNE
II ne suffit pas d'être honnête, il faut aussi être bon! Comment? c'est loi, toi, qui repousses ta fille, et c'est moi, moi, l'élrangore et la rivale, qui te supplie de l'accueillir celle enfant, que je serais pourtant bien excusable de ne pas aimer! Lucien! Lucien! Si tu
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es encore capable d'un élan du cœur, d'un preste de courage et d'énergie, tu iras prendre lu fille par la main et tu la ramèneras chez
toi!
LUCIEN Ma fille! (Allant à Hélène et violemment.) Est-CG
que je sais seulement si c'est ma fille I
HÉLÈNE
Tiens! c'est la plus lâche raison que tu m'aies encore donnée. Juge par là de ia conduite et de ton cœur! Voilà ce que la faiblesse, la peur de la vie, la peur de ton père, la peur de tout, ont fait d'un brave homme comme loi! Eh bien! moi, je ne sais pas si c'est la lillc, mais c'est la mienne!
(Elle le quiUe.)
RIDEAU