‹ Notre jeunesse...: comédie en quatre actesChapitre 120 sur 144 · ACTE QUATRIÈ · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈ

HÉLÈNE

Madame Salandra ?

LAURE

Elle-même. En apercevant le héros, elle fut prise d'un tel émoi qu'elle tomba, ou peu s'en faut, dans ses bras, tandis que des murmures à la fois ironiques et flatteurs s'élevaient dans la foule. Et la conséquence...

C'est que Monsieur de Clénord va se marier...

LAURE

Joli mariage, et plein de poésie!

HÉLÈNE

Et, malgré tout, ma chère amie, je vous le dis on toute sincérité, cetle aventure oii j'ai élé presque ridicule, ne me laisse pas un vilain souvenir. Elle aura été la première et la seule, probablement, de ma carrière de femme. Pauvre aventure qui a consisté en deux regards échangés, quelques compliments

reçus, une poignée de main un peu plus hardie que les autres. J'ai vu de l'adultère ce qu'on voit du paysage à la portière d'un Wiigon, l'aspect général. Et je garde pour tout cela une place dans ce coin de la mémoire réservé aux fautes... qu'on n'a pas commises.

lâlre

Allez! allez! ma chère, c'est tout de môme quelque chose d'être irréprochable. Vous vous en rendrez compte à mon âge.

HÉLÈNE

Bah! Je ne regrette rien. Le contact de cette ville fiivole, de ces êtres si différents de ceux qui m'entourent là-bas, m'a fouelté les norfs ! m'a donné le goût d'une vie plus frémissante, le goût de la lutte ! La monotonie dans la vertu, je vois où cela peut mener. Il faudra que mon mari le comprenne de gré ou de force.

(Entre Charlicr.)

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