‹ Notre jeunesse...: comédie en quatre actesChapitre 94 sur 144 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

LAURE

A votre insu sans doule... et le plus innocemment du monde, cela est certain. Mais nous sommes à Trouville, ma chère, c'est-àdire en un lieu où se fabriquent pendant les quinze jours de la saison plus de potins que dans tout le reste de la France... El en outre, ce ne sont pas les duels do Monsieur de Clénord qui sont faits pour atténuer cette impression...

HÉLÈNE, stupéfaite.

Les duels de Monsieur de Clénord!... Quels duels?...

LAURE, la regardant.

Vous ne savez rien ?

HÉLÈNE, troublée.

Non rien, je vous le jure... Monsieur de Clénord...

LAURE

A eu ce matin, non pas un duel, mais deux, l'un après l'autre, à Tépée et au pistolet. Mon frère m'a dit qu'il fallait remonter jusqu'au

second Empire pour trouver une histoire aussi glorieuse.

HÉLÈNE

Et avec qui?... qui a été blessé?...

LAURE

Avec MM. Davenay et Liverdon qui sont décidément inséparables... Monsieur de Clénord a été viclorieux comme d'habitude.

C'est son vingtième duel. Il n'a jamais tué personne, mais cela viendra, espérons-le. Ce qui est grave là-dedans, c'est que votre nom a été prononcé. Monsieur de Clénord se serait battu dit-on en votre honneur...

HÉLÈNE

En mon honneur !... Mais à quel propos?

à quel propos ?

Des allusions... des mots malveillants ou malsonnants... Monsieur de Clénord est un homme très en vue et qui met en vue tout de suite, de la façon la plus fâcheuse, la femme dont il s'occupe. Or, soyons juste, il s'est un

Page 1