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MONLUC AU LECTEUR

M'étant retiré chez moi, en l’âge de soixante et quinze ans, pour trouver quelque repos, après tant et tant de peines par

de Navarre, la sœur de François Ier (voir p. 217-218) et Marguerite de France, fille de François Ie (voir p. 220, note 10).

Editions. — Les Mémoires de Marguerite de Valois ont été réédités par Guessard (Société de l'Histoire de France, 1842) et par Lalanne (Bibliothèque elzévirienne, 1858).

À consulter. — Merty : Marguerite de Valois (1905).

4. Sur le maréchal de Vieilleville, capitaine et diplomate, un des chefs du parti des Politiques, — dont les mémoires ont été réimprimés dans la Collection Petitot et dans le Panthéon littéraire, — consulter l'ouvrage de Marchand : Le maréchal de Vieilleville (1893).

2. Les Mémoires et Lettres de Mme du Plessis-Mornay ont été publiés par Mne de Witt en 1868-1869 (Société de l'Histoire de France, 2 vol.).

3. Publiés à La Haye en 1744, et à Paris par Brunet en 1875-1884 .(Champollion, 11 vol.).

4. Dont les deux premiers volumes ont été publiés en 1638 et les deux derniers en 1662.

5. Publiées par Berger de Xivrey (1833-1858, 7 vol., Collection des Documents inédits), avec un supplément publié par Guadet (1872-1876, 2 vol.)

À consulter. — L. Jung : Henri IV écrivain (1855). — Guadet : Henri IV, sa vie, ses œuvres, ses écrits (1876).

6. L’Historia mei temporis, souvent appelée Thuana historia ou plus simplement Thuana, a été traduite en français en 1734 (16 vol.).

À consulter. — Abbé J. Rance : De Thou, son Histoire Universelle et ses démèlés avec Rome (1881). — H. Harrisse : Le Président de Thou et ses descendants, leur célèbre bibliothèque, les traductions françaises de l'Historia sui temporis, d'après des documents nouveaux (1905). |

234 LE XVIe SIÈCLE

moi souffertes pendant le temps de cinquante cinq ans que j'ai porté les armes pour le service des Rois mes maîtres, ayant passé par degrés et par tous les ordres de soldat, enseigne, heutenant, capitaine en chef, maître de camp, gouverneur des places, lieutenant du Roi ès! provinces de Toscane et de la Guyenne et maréchal de France ; me voyant stropiat ? presque de tous mes membres, d’arquebusades, coups de pique et d'épée, et à demi inutile, sans force et sans espérance de recouvrer guérison de cette grande arquebusade que j'ai au visage”; après avoir remis la charge du gouvernement de Guyenne entre les mains de Sa Majesté, j'ai voulu employer le temps qui me reste à décrire les combats auxquels je me suis trouvé pendant cinquante et deux ans que j ’ai commandé : m'assurant que les capitaines, qui liront ma vie, y verront des choses desquelles ils se pourront aider, se trouvant en semblables occasions, et desquelles ils pourront ainsi faire profit et acquérir honneur et réputation. Et encore que j'aie eu beaucoup d'heur“ et de. bonne fortune aux combats que jai entrepris, quelquefois, comme il semblait, sans grande raison, si° ne veux-Je pas que l’on pense que jen es la bonne issue et que j'en donne la louange à autre qu'à Dieu : car, quand on verra les combats où je me suis trouvé, on Jugera que cest de ses œuvres.

Et pour ce que les écritures f plaisent à ee et déplaisent à d’autres, et que les liseurs trouveront peut-être étrange et pourraient dire que c’est mal fait à moi d'écrire mes faits, lesquels je devais laisser écrire à un autre, en cela je réponds que, pourvu que l’on écrive à la vérité$ et que l’on attribue la louange à Dieu, ce n'est pas mal fait. Le témoignage de plusieurs, qui sont encore en vie, fera foi de ce que j'ai écrit. Nul aussi ne pouvait mieux représenter les desseins, entreprises et exécutions, ou les faits survenus en icelles?, que moi-même, qui ne dérobe rien de l'honneur d'autrui. Le plus grand homme qui jamais

|A. Es, dans les. — 2. Stropiat, estropié. — 3. C'est au siège de Rabastens qu’il avait eu la moitié du visage enlevée, ce qui l’obligea dès lors à porter un masque de velours. — 4. Heur, bonheur, — 5. Si, toutefois. — 6. Écritures, écrits. — 7. Aucuns: voir p. 175,.note 3. — 8. À la vérité, selon la vérité. — 9. Icelles, celles-ci.]

NE HS PRES

ait été au monde, qu'est César, nous en a montré le chemin, ayant lui-même écrit ses Commentaires, écrivant la nuit ce qu'il exécutait de jour. J'ai donc voulu dresser les miens, mal polis, comme sortant de la main d’un soldat, et encore d’un Gascon, qui s’est toujours plus soucié de bien faire que de bien dire...

… Ce n’est pas un livre pour les jeunes gens de savoir, ils ont assez d’historiens, mais bien pour un soldat, capitaine, et peutêtre qu’un lieutenant de Roi y pourra trouver de quoi apprendre. Pour le moins puis-je dire que j'ai écrit la vérité, ayant aussi bonne mémoire à présent que j eus jamais, me ressouvenant et des lieux et des noms, combien! que je n’eusse jamais rien écrit. Je ne pensais pas en cet âge me mêler d'un tel métier : si c’est bien ou mal, je m’en remets à ceux qui me feront cet honneur de lire ce livre, qui est proprement le discours? de ma vie...

(Monluc, Commentaires, livre [.)

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