I, — LES REPRESENTATIONS
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Pendant tout le xvi® siècle il n’y éut à Paris qu’un théâtre, l'Hôtel de Bourgogne, fondé par les Confrères de la Passion ét consacré pâr eux à l’art dramatique du moyen âge. Même après l’arrêt de 1548, qui leur défend de jouer les mystères, ils conservent = ét céla jusqu’en 1629 — le privilège exclusif de donner des représentations publiques « tant en la ville, faubourgs que banlieue de Paris », Ils ne se décideront qu’en 1599 à louer leur salle à Valleran:Lecomte, qui y jouera les pièces d'Alexandre Hardy. LS vi
N'ayant pas de théâtre à leur disposition, lés auteurs de la nouvelle … école ne purent faire jouer leurs œuvres que sur des scènes improvisées, … dans des châteaux ou des collèges. Ainsi la Cléopätre de Jodelle fut jouée en 1553 d’abord dans la cour de l'Hôtel de Reims devant Henri IL, puis au Gollège de Boncour ; la Sophonisbe de Mellin de Saint-Gelaïs le futen 1559 au Château de Eloi: La Mort de César de Grévin en 1560 au Col- … lège de Beauvais... De même, les deux comédies de Grévin, La Tréso- à rière et Les Ebähis, furent jouées en 1558 et en 1560 au Collège de Beauvais ; Le Brave d’A. de Baïf en 1567 à l'Hôtel de Guise... La pastorale | de Nicolas Filleul, Les Ombres, fut également j jouée en 1566 au Château de Rouen. De 166 : à 1600 au moins 70 pièces furent représentées de … la sorte, surtout dans les collèges ; car vers 1567 les cours renoncèrent à ces divértisiements, tandis que les collèges continuèrent à donner des représentations, tal au xvie siècle, selon le mot de M. Lanson, « fonction d’un Théâtre Libre ». |
Sur ces scènes improvisées les pièces étaient jouées par des amateurs.
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La Cléopâtre de Jodelle, par exemple, fut représentée par Jodelle luimême et ses amis : Remy Belleau, La Péruse, Jacques Grévin et Nicolas Denisot. Il n’y avait pas encore au xvr® siècle d'acteurs réguliers ; les premiers comédiens professionnels font à peine leur apparition dans quelques troupes ambulantes.
On comprend que dans ces conditions un très grand nombre de tragédies et de comédies du xvi° siècle n’aient jamais été jouées. Beaucoup d’entre elles n'auraient même pas pu l'être. Car, en présence des difficultés matérielles que rencontrait alors l’organisation des spectacles, les auteurs en vinrent peu à peu à composer leurs pièces moins pour la représentation que pour la lecture. Détachées de leur cadre naturel et n'étant pas soumises à l'épreuve du grand public, la plupart de ces pièces demeurèrent des œuvres artificielles, simples divertissements de lettrés. La Pléiade ne put donc réaliser son vaste rêve de fonder en France le véritable théâtre moderne.