ARNOLPHE
Tant, que j'aimerais mieux une laide bien sotte, Qu'une femme fort belle avec beaucoup d’esprit.] 2. À consulter. — Bizos : Fénelon éducateur (1886), — Compayré : Fénelon. (Collection : Les grands éducateurs, Delaplane, 1911).
nez les jeunes filles dans les bornes communes, et apprenez bien qu’il doit y avoir pour leur sexe une pudeur sur la science presque aussi délicate que celle qui inspire l’horreur du vice. »
Cette même timidité sur le chapitre de l’éducation intellectuelle des femmes se trouvait déjà dans le livre de son ami et collaborateur (voir p. 743) l’abbé Claude Fleury : Traité du choix et de la méthode des études (composé en 1675 et publié en 1686, un an environ avant l’ouvrage de Fénelon). Il est d’ailleurs probable qu’ils avaient eu plusieurs fois l’occasion d’échanger leurs idées sur une question qui les préoccupait également. Comme Fénelon, Fleury blämait l’éducation traditionnelle des jeunes filles : « Ge sera sans doute un grand paradoxe, disait-il (chap. xxxwrrr : Les études des femmes), que les femmes doivent apprendre autre chose que leur catéchisme, la couture et divers petits ouvrages ; chanter, danser et s’habiller à la mode, faire bien la révérence et parler civilement ; car voilà en quoi l’on fait consister, pour l’ordinaire, toute leur éducation. » Mais que de matières il excluait de son programme d'éducation ! « Îl est vrai qu’elles n’ont pas besoin de la plupart des connaissances que l’on comprend aujourd’hui sous le nom d’études : ni le latin, m le grec, ni la rhétorique ou la philosophie du collège ne sont point à leur usage, et, si quelques-unes, plus curieuses que les autres, ont voulu les apprendre, la plupart n’en ont tiré que de la vanité, qui les a rendues odieuses aux autres femmes et méprisables aux hommes. Elles se peuyent passer de tout le reste des études, du latin et des autres langues, de l’histoire, des mathématiques, de la poésie et de toutes les autres curiosités. »