COMMENT DÉFRICHER
Il est à propos dé faire ici une distinction entre les terrains à bois franc et les terrains à bois mou.
Sur ce point, nous ne pouvons donner de meilleurs renseignements que ceux fournis par M. l’abhé Chartier, dans sa brochure sur les cantons de l'Est,
Pour l'abatis de bois franc d’abord : “ Voilà le colon en frais de tasser. Il choisit un endroit un peu élevé et il com-
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|| met les unes à côté des autres. Ensuite, au moyen de leviers, il met une autre rangée de billes sur la première, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu’une seule bille vienne faire comme le faîte du tas, Le nombre par acre dépend, bien entendu, de l'épaisseur de la forêt : 6 ou 7 tas sont la moyenne. Une fois le bois tassé on y met le feu, Le bois franc brûle en tout temps : il n’est pas nécessaire d'attendre qu’il sèche. Et souvent c’est en plein hiver, au milieu des neiges, qu'on le fait ainsi brûler, si |
Le printemps, on passe la herse entre les souches et la terre est ensemencée pour une première fois.”
Pour les terrains de bois mou : ‘ On rase près du sol tous les arbres qui ont moins de 6 pouces à la souche, sans sarcler les arbustes. On abat les arbres, on les coupe per billes de longueur convenable, et on cour: toutes les branches et les têtes des arbres, Tout est laissé étendu sur le sol pour sécher. C'est ce qu’on appelle, en terme de colon, faire de l'abatis plat.
* Dès que l’abatis est suffisamment sec, on met le feu. Quand le feu a passé, on tasso les Dilles qui peuvent rester et on y met encore le feu.”
Le défrichement, d’après le même auteur, peut coûter, en moyenne, $10.00 par arpent pour le bois franc, et $12,00 pour le bois mou,
Quand la terre neuve est ainsi préparée, on l’ensemence, et
généralement avoc la semence de grain, on sème de la graine de mil, et “ une fois la récolte enlevée, on laisse la terre en prairie et ensuite en pacage jusqu’à ce que les souches soient | assez pourries pour permettre de les enlever facilement et de | faire un premier labour, On peut aussi semer au printemps des patates, du bié d'inde, des fèves, des navets, et à l'automne semer de la graine de foin, là où ces légumes ont été récoltés.”
CONDITIONS DE SUCCÈS, Ecoutons encore la parole éclairée de M. l’abbé Chartier. Nous ne saurions ni mieux penser ni dire mieux que cet-
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apôtre dévoué de la colonisation des cantons de l'Est, Nous n'avons qu’à changer les noms.