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LE MEXIQUE

Ancienne vice-royauté espagnole, le Mexique a perdu successivement plusieurs grandes provinces de la Nouvelle Espagne : au nord, la Californie, Nevada, l’Utah, le Colorado, le Nouveau-Mexique, l’ Arizona et le Texas , que la guerre ou les traités ont données aux Etats-Unis, et au sud, les cinq républiques de l’Amérique centrale qui se sont érigées en républiques indépendantes. Le Mexique s’est luimême séparé de sa métropole en 1823, pour constituer une république libre et, malgré une malheureuse tentative d’établissement impérial (1862-1807) dans la personne du prince Maximilien d’Autriche, la forme républicaine s’est maintenue. Le gouvernement est confié à un président électif et temporaire, assisté de deux chambres et servi par une année d’un chiffre incertain. Encore plus incertain est le revenu public ; toutefois le budget apparent des recettes et

dés dépenses roule autour de 100 millions de francs, en laissant en dehors la dette nationale, dont le remboursement ou même le payement des intérêts dépasse les forces contributives du pays. La superlicie du pays est évaluée à 1 million 613,000 kilomètres carrés; lapopulation,à8 millions d’âmes.

Elle se compose: comme fonds principal, d’indiens, indigènes qui descendent des peuples que soumit Cortez, au xvf siècle, quand il vint attaquer et renverser l’empire de Monlézuma; comme éléments accessoires, de 2 millions 200,000 métis, issus du mélange des blancs et des Indiens, de 1 ,100,000 blancs d’origine espagnole, se qualifiant exclusivement de Méjicanos, et enfin de 100,000 nègres, mulâtres et zambos (métis de nègres et d’indiens). Sauf la tribu sauvage et in-, disciplinée des Apaches, les Indiens américains sont catholiques, agriculteurs et quelque peu civilisés; ils sont les cultivateurs et les ouvriers du Mexique, généralement sous les ordres et au service des blancs d’extraction européenne plus ou moins pure. 5

Dans l'histoire économique, le Mexique est surtout célèbre par ses mines d’argent et d’or, les plus riches du monde ; elles gisent en filons très-multipliés dans les chaînes de hautes montagnes qui couronnent les côtes et encadrent le plateau central, se reliant vers le nord à la Sierra Nevada de la Californie. Les métaux communs, quoique très-abondants, sont à peine exploités. L’agriculture a dùs’adapter aux trois régions entre lesquelles se partage le Mexique sous le rapport du climat et de la végétation : les terres chaudes, les terres tempérées, les terres froides. Les terres chaudes, qui sont les parties basses du littoral, produisent les végétaux de la zone torride : le sucre, le café, l’indigo, le coton, la vanille, la cochenille, dont la variété mexicaine est des plus estimées. — Dans les terres tempérées, se montrent les cultures de zones tempérées : les céréales, la vigne, l’olivier, les légumes, les fruits, les arbres de l’Europe méridionale. — Enfin, les terres froides voient la végétation s’amoindrir, comme dans les zones froides, et les récoltes compromises par les sécheresses . Les animaux domestiques de l’Europe y ont partout suivi le conquérant et

le colon, et se sont multipliés autour d’eux, et même loin d’eux en troupeaux sauvages.

À ces ressources naturelles , la position du Mexique, à cheval sur les deux Océans, ajoute celles du commerce, qui a fait du golfe du Mexique un de ses théâtres, et de Vera-Cruz, Tampico, Mazatlan, ses étapes : malheureusement l’insalubrité du littoral, fréquemment ravagé par la fièvre jaune, le rend suspect aux équipages et aux commerçants. La salubrité est le privilège des stations élevées, et c’est là en eifet , à des altitudes de 2 à 3.000 mètres, qu’ont été bâties les principales villes : Mexico, la capitale, avec 200,000 habitants; Guadalaxara (70,000); Puebla (75,000) ;Queretaro

(17.000) ; Guanajuato (03 ,000); Saint- Louis- de-Pulosi

Dans le Mexique méridional, se trouveTehuanlepec,un des points où l’isthme central se resserre le plus, et qui sert de grande voie aux communications interocéaniques, en attendant l’établissement d’un chemin de fer souvent projeté et étudié.

Dans plusieurs provinces, se trouvent des ruines monumentales, vestiges d’une antique civilisation dont la date, les origines et les caractères sont encore entourés de mystères. Une exploration scientifique, instituée par la France en même temps que la guerre en faveur de l’empire, a jeté de vives et précieuses lumières sur la nature et les habitants du Mexique.

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