HIÉRAPOLIS
des sites les plus intéressants de toute l'Asie. On l'appela la Ville sainte parce que la terre y semblait travaillée par les divinités de l'enfer. Les eaux qui y coulent sont tellement chargées de substances crétacées , qu'elles forment sur les roches des stalactites semblables à une cascade immobile. Une grotte d'où l'acide carbonique s'exhale en abondance, comme de celle du Chien aux environs de Naples, était pour les anciens une des bouches du royaume de Pluton. On y admire encore les ruines du temple consacré à ce dieu. Il y eut à Hiérapolis deux théâtres, dont l'un, celui qui est vers le levant, était particulièrement remarquable. Ses sièges de marbre blanc et les belles portes du proscenium font l'admiration des voyageurs. La vieille église , dont quelques ruines subsistent vers le couchant , fut peut-être celle du bon évêque Papias, cet auditeur attentif des hommes apostoliques qui, à en croire Eusèbe, recueillit avec plus de zèle que de sens critique tout ce qu'on disait du Maître, et écrivit en cinq livres, qui ne nous sont pas parvenus, V Exposition des discours du Seigneur. Ici prêchèrent l'évangile Philippe le diacre et ses filles, vierges et prophétesses, dont il est question au livre des Actes. On l'a confondu mal à propos avec Philippe l'apôtre. L'activité religieuse que la tradition primitive attribue à ses filles prouve bien la part glorieuse que les femmes prirent à la propagation du christianisme. Un arc triomphal est resté debout sur la route. Sous les colonnades des thermes que l'on visite vers le sud, au pied du Plutonium,