‹ Notre voyage aux pays bibliques (volume 2)Chapitre 139 sur 216 · DANS LA RADE DU PIRÉE · texte numérisé non relu

DANS LA RADE DU PIRÉE

Aristide, Périclès, Épaminondas, Phocion, Philopœmen , toutes ces grandes figures connues et aimées sont là à m'attendre sur la rive. J'y joins celle de Léonidas. Les autres Spartiates, rusés, égoïstes, menteurs, arrivant à leurs fins par tous les moyens, m'ont toujours déplu : Lysandre, qui amusait les hommes avec des serments; Agésilas, ce petit boiteux intrigant, désagréable, finalement battu à Mantinée; ce Pausanias orgueilleux et traître que l'on mura dans le temple où il s'était réfugié, et qu'on y laissa mourir de faim. Sa mère apporta, dit- on, la première pierre pour assurer le châtiment du coupable ; je l'en félicite. A Athènes, on aurait dû traiter ainsi Alcibiade, ce type du mauvais citoyen, intelligent et sceptique, ambitieux et débauché, spirituel, viveur, égoïste, aimable, qu'il n'est pas rare de voir apparaître à la surface des peuples en décadence. La douce physionomie de Socrate'me charme, et le front illuminé de Platon m'éblouit. Le souffle de Pindare et d'Eschyle m'enlève. Sophocle et Euripide m'émeuvent. Le justicier de son temps, Aristophane, me fait rire. Périclès et Démosthènes m'étonnent. Phidias, Zeuxis, Apollodore glorifient dans le marbre ou sur la toile les souvenirs de la patrie. Tous ensemble, ils sont la plus belle éclosion de l'humanité païenne, l'armée incomparable du génie et la noble ligue des grands cœurs.

Je les contemple encore, quand une voix amie rompt le charme et me rappelle à la réalité. Oui, je suis en Grèce, mais où sont les Grecs? Trois ou

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