LE PANORAMA DE CONSTANTINOPLE
GONSTANTINOPLE
En arrivant à Constantinople, 7 mai.
Mirar y no tocar! disent les Espagnols.
Oui, il faudrait contempler cette grande ville et n'y pas entrer. On s'épargnerait la plus cruelle désillusion. Le coup d'œil est indescriptible, magique, étourdissant. La visite des détails est navrante, fastidieuse, détestable. C'est, du reste, l'histoire de tout ce qu'a édifié la fausse civilisation musulmane.
Au lever du soleil, le P. Guillermin frappant à notre cabine nous a crié : « Constantinople! Constantinople! » et en un clin d'oeil nous étions sur le pont. Le bateau atteignait à peine la porte des Sept-Tours, ce château où les janissaires enfermaient les sultans et où l'on suspendait les têtes des vizirs et des princes suspects. La vieille Stamboul a commencé alors de se dérouler à nos yeux. Est-ce à cause des souvenirs qui s'y rattachent? Est-ce parce que je m'attendais à beaucoup, et que je ne vois encore rien? J'exprime tout haut mon mécontentement. C'était parler trop vite. Le sourire de quelques passagers, moins novices que moi, semble m'en avertir. Presque aussitôt, dans le lointain, se
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