LA CORNE D'OR
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celle de mille feux, tandis que sur ses deux rives les palais, les jardins, les kiosques fuient dans une échappée de vue sans fin. Ceci devient féerique, et cependant le plus stupéfiant ne s'est pas encore montré, car nous sommes toujours derrière la pointe du Serai. « C'est beau! » crionsnous, transportés d'enthousiasme. « C'est splendide! » Que sera-ce tout à l'heure? Voici, sur notre gauche, une montagne qui porte une troisième ville. La tour de Galata, avec sa lanterne, au sommet de laquelle les rayons du soleil, se jouant dans les vitres, semblent allumer un incendie, paraît en être le centre. Elle n'en est que le commencement.
Rien ne saurait exprimer l'émotion d'un homme qui, déjà en extase, est soumis à la violente secousse d'un second ravissement, plus grand, plus motivé et plus universel que le premier. Aussi, tout en ayant connu cet apogée de l'admiration, me garderai-je d'en essayer l'analyse. Le bateau, un moment arrêté, avait repris sa marche. Cessant de regarder devant nous, nous cherchions instinctivement sur notre gauche à découvrir ce qu'il pouvait y avoir derrière le Séraï. C'est alors que nous sommes restés muets, immobiles, éblouis, en face de la Corne d'Or.
La Corne d'Or est comme un grand fleuve sur lequel s'ouvrent des vallées et des golfes s'avancent et fuient des montagnes et des promontoires, s'échafaudent à droite et à gauche des maisons, des sérails, des kiosques, des mosquées,
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