SCÈNE IV PAUL, JOSEPH
Paul (seul).
Ah ben !...... Ah ben! les v'ià qui vont s'
trouver tous les deux chez l'homme de loi ! j' dis
qu' ça va être drôle là! I' vont ben s'en dire!...
Bah ! si m'sieu Laterre avait plus d' génie, i' devrait
ben savoir qu'avec un' femme, et surtout la sienne,
on a jamais le dernier mot tout c' qui a à faire
c'est \V envoler les gros mot^ qu'a' dit J'admets
qu' c'e^t pas ben plaisant, mais enfin on fait son
purgatoire et on gagne le ciel ! Moé, ma femme
m'a ben traité d'idiot et d'estupide ! ça m'a vexé
un p tit brin toute vérité est pas bonne à dire ! ...
mais à la fin, j'en su' pas plus fier pour tout ça !....
Voyons ! qu'est-ce qui ad' nouveau su' la gazette ?...
(Il ouvre le journal et chantonne :)
J'ai pris tin' femtii-, quelle imprudence, Je m'ennuyais d'êtr' trop heureux.
Joseph (entrant de droite).
J'su' pas plus avancé ! l'avocat était sorti !
Paul, (se levant.)
Tiens ! c'est vous ?... Avez-vous rencontré vot' dame?... A' sort d'icitte pour aller vous trouver
Joseph.
Non!... Ah ben! qu'elle m'attende!... J'vas y r'tourner tout à l'heure; probable quel' commis va
y dire ! et qu'elle attend ra mon r'tour ! (7Z
s'asseoit à Vaut/ e bout de la table, et examine tout à coup le tapis de la table.) C'est ben travaillé, c'est ben flâsê ça, m'sieu ; c'est-i' vot' dame qui a fait' ça ?
Paul.
Oui, m'sieu, c'est son ouvrage. C'est beau, eh ?
les fleurs paraissent si naturelles qu'on croit respirer l'odeur des jasmins et des violettes
Joseph.
Ma femme a fait' ben mieux qu' ça faut ben
que j'y rende c' qui lui appartient! A l'a fait
un couvert de chaise avec des roses d'sus et
quand je m' su' assis d'sus pour la première fois,
les épines m'ont piqué (// porte la main à la