‹ Nous; poèmes choisisChapitre 2 sur 14 · CHARLES PÉGUY · texte numérisé non relu

CHARLES PÉGUY

NOUS

J'ai songé bien des fois à mon lointain ancêtre, A celui qui reçut le nom quil m'a légué Du sordide troupeau de porcs quil menait paître Dans la forêt obscure et, de là, boire au gué.

La vase des marais en séchant sur sa guêtre Alourdissait, le soir, son grand pas fatigué. Ou bien le gueux courait les bois pieds nus peut-être. Hirsute, à demi fol et sauvagement gai.

Serf de condition sans en porter les chaînes, Il a passé ses jours à rêver sous les chênes. Et maintenant il na plus même de tombeau.

NOUS

Mais^ dans mon cœur, comme un reproche à ma faiblesse.

Il revit, A chacun Torgueil de sa noblesse !

— // faut aimer ton nom, mon fils, car il est beau.

NOS PROVINCES

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