‹ Nous tousChapitre 14 sur 86 · BALZAC · texte numérisé non relu

BALZAC

0 toi dont l'œuvre qu'on admire Est comme un lac

Où notre humanité se mire, Divin Balzac!

Oui, nous dresserons ta statue,

Roi des esprits, Auguste et de splendeur vôtue,

Dans ton Paris.

Alors, ô sculpteur de colosses

Jamais ployé, Contre qui tant de vils molosses

Ont aboyé ;

Géant, chevelu comme un arbre Tendant ses bras,

Dans l'immortalité du marbre Tu revivras!

Tu riras au ciel qui t'azure!

Et de la main Tu désigneras la masure,

Le flot humain,

Et mille femmes, et le lustre

Des clairs palais, Et tout ce qui vit, fils illustre

De Rabelais!

Et dans son sublime délire,

A nous, lassés, Roi, ta bouche semblera dire :

Hommes, passez.

Passez, amours, colères, foule

Dont les sanglots Se lamentent comme la houle

Parmi les flots!

NOl'S TOUS, 33

Mais dans le sacré sanctuaire

Où l'esprit bout, Moi l'Ouvrier, le Statuaire

Toujours debout;

0 foules pâles et meurtries,

Moi l'Inspiré Qui de mes mains vous ai pétries,

Je resterai.

7 décembre 1883.

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