‹ Nous tousChapitre 2 sur 86 · MISERE · texte numérisé non relu

MISERE

Hommes, femmes, vieillards enfin, Tous ces vains chercheurs de problèmes Souffrent du froid et de la faim ; Aussi les petits enfants blêmes.

Le désespoir vient les saisir; C'est lui tout seul qui les enseigne, Et toujours le cruel Désir Mord leur chair qui pleure et qui saigne.

Ils vivent dans l'oubli hideux, Sans que jamais rien y fleurisse.

Mais qui donc aura pitié d'eux?

Misère, la bonne nourrice.

Cet Ange au gosier enroué, Réchauffant leur lèvre livide, Met sur eux son châle troué Et leur tend sa mamelle vide.

1" décembre 1883.

La pauvre petite Lili

Cherche en vain les rêves magiques

Envolés de son front pâli,

Et lève au ciel ses bras tragiques.

Si le frisson du désespoir S'agite dans sa main crispée Et fait flamber son grand œil noir, C'est qu'on a tué sa poupée.

Oui, Petit Paul, un sacripant, Hier a massacré Zéphyrine Dont la tête est brisée, et pend Horriblement sur sa poitrine.

Elle est froide comme un glaçon; Et c'est vainement qu'on le rentre, Toujours on voit sortir le son Par la blessure de son ventre.

1" décembre 1883.

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