DARCIER
Nymphe dont l'œil ébloui Semble un diamant,
La Chanson perd aujourd'hui Son dernier amant.
Elle ne verra jamais
Un autre Darcier, Et ne sait plus désormais
Que balbutier.
Oh! Darcier! je le revois!
Le rythme précis Se dessinait dans sa voix
Aux sons adoucis.
3 TOUS
Pourtant courbé sous le dieu,
Pâle, ivre de jour, 11 était brûlé du feu
D'un immense amour.
Peuple, du peuple fourbu Dévorant les pleurs,
On eût dit qu'il avait bu TouU'< ses douleurs,
Et de sa lèvre, ù tourment
Providentiel!
Pressé douloureusement
L'éponge de fiel.
Dans ses chants éblouissants De haine et d'orgueil,
On entendait les accents Des mères en deuil,
Judas, hypocrite et roux,
Comptant ses écus, Et les sanglots de courroux
De tous les vaincus.
nous rou*.
Tous ces martyres bu riant-.
Tous ces pleurs, l'affront D'Eve, dont les flancs sanglants
Toujours saigneront;
Il en voulait en effet
Prendre la moitié, Car ce génie était fait Surtout de pitié.
( >D entendait dans sa voix Qu'en vain nous pleurons,
Des Marseillaises, parfois Des bruits de clairons,
Le cri de la Vérité Superbe et fatal Et le regret irrité
Du sombre Idéal.
Aussi parmi nous fut-il,
Et nul n'a dit : non, Un artiste fier, subtil,
Digne de ce nom,
Donnant, ce consolateur.
Pour nous enchanter,
icle d'un chanteur
Qui savait chanter!
28 décembre 1883.
rous.