LA LISEUSE
Dans la chambre est assise, Mollement indécise, Une dame aux yeux verts Qui lit des vers.
La clarté de la lampe Vient jouer sur sa tempe, Et fait briller ses yeux Mystérieux.
A côté d'elle éclate Une fleur écarlate, Dans un mince et changeant Vase d'argent.
Le chat qu'elle protège, Aussi blanc que la neige, Rêve sur des coussins Aux grands dessins.
Sur les chenets de l'àtre Rit la flamme folâtre Et s'embrase le feu Vermeil et bleu.
Dans tout ce qui l'entoure La Liseuse savoure Les beaux luxes qui font L'oubli profond.
Elle boit la meilleure Tranquillité de l'heure, Ainsi que les gourmets Un doux vin. Mais
Tout à coup, quelque chose Touche sa bouche rose Et baise, en mille jeux, Son sein neigeux.
>uC S TOUS.
Quel est l'esprit farouche Qui baise cotte bouche Et palpite, ingénu, Sur le sein nu ?
C'est la belle Strophe ivre Qui s'échappe du livre, En arrachant son flanc Du feuillet blanc,
El s'évade frivole, Et vole, vole, vole,, Murmurant a l'entour :
Amour! Amour!
Sous la folle caresse Troublée en sa paresse, La songeuse qui lit Soudain pâlit;
On voit, pleine d'extase, Tressaillir dans le vase Même la fleur de sang; Et le chat blanc
S'étire dans le vide,
Ouvre sa bouche avide
El laisse voir les don Ls
Qui sont dedans,
Sentant, subtile bête! Qu'au-dessus de sa tète, Près de son fin museau Passe un oiseau.
4 janvier ISS i-