UN JEUNE HOMME
Le Dernier Né de Monselet Pousse de grands éclats de rire.
Ah ! pour un vrai démon, ce l'est On voit bien qu'il a de quoi frire.
lfn'a jamais avec Dante eu De relation bien intime, Mais il a trouvé chez Dentu L'honneur, et l'argent et l'estime.
Le Dernier Né de Monselet Est plein de joie et de caprices ; Ce n'est pas pour boire du lait Qu'il cherche les seins des nourrices.
Et cependant, ce tout petit A soif, comme l'Afrique noire, Et doué d'un large appétit, Il boit, pour avoir soif de boire.
Il sait par cœur son rituel
Et comme le vin rouge opère :
De plus, il est spirituel
Et tri * 'jmme son père.
Il chante gaiement sa chanson Pour complaire au fils de Latone.
Mais il dit à son èchanson :
Apportez la cruche et la tonne !
Il dit, plein d*un espoir divin :
Diantre soit des fureurs d'Oresteî Je vais d'abord goûter ce vin :
D'autres en boiront, s'il en reste.
Frais et rose comme un glaïeul, En sa naïveté première, Il saurait, comme son aïeul, Verser des torrents de lumière.
S'il boit plus qu'il n'en peut porter, Ce bel enfant que tieD n'entai En sera qui t tu pour monter Dessus les tours de Notre-Dame.
i« février 1884.