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AVE

Espoir des rêves flottants Dans l'hiver et le printems, C'est on vain que tu diffères; Et rien qu'en disant un : Oui, L'Académie aujourd'hui Fera deux bonnes affaires.

Jamais le frisson des bois Emplis de chants et de voix, La terre de pleurs trempée Et les beaux couchants ardents N'ont mieux rayonné que dans Les vers de François Coppée.

TOUS. -

Ce pâle enfant de Paria Dans les gais sentiers 11< iiris De l'< et dans le drame.

Avec l'esprit et l'humour,

A gardé le chaste amour Et Le respect de la femme.

L'Académie a raison

En cueillant la floraison

De son renom populaire,

Et gagne à s'associer

Ce poète aux yeux d'acier

Dont la prunelle est si claire.

Tout jeune à la Muse offert,

Il a vécu, vu, souffert;

Il caresse un chant magique

Et sait, par des mots vainqueurs,

Faire vibrer dans nos cœurs

L'épouvantement tragique.

HOUS TOUS.

Pour Ferdinand do Lesseps,

la pourpre, et non le reps, Qu'il faut sous ses pas étendre.

L'Orient au ciel de feu.

Jadis, en eût fait un dieu, Comme il a fait d'Alexandre.

Car par les isthmes ouverts Il fait passer les flots verts; Et ce Titan philosophe, Qui brave les cieux tonnants, Déchire les continents Comme on déchire une étoffe,

Il fait des flots ses vassaux; Et pour le vol des vaisseaux Délivrant la mer profonde, Sa grande Rébellion Met ses griffes de lion Sur la figure du monde.

22 février 1884.

PHEMIE

Un personnage de La Vie De Bohème, l'avant-dernier!

S'endort, suivant, âme ravie, Le premier souffle printanier.

Au matin, sans doute endormie En quelque rêve oriental, Sachez que la pauvre Phémie Est morte hier, à l'hôpital.

Elle eut toujours l'àme ingénue Et les regards dans l'air flottants Je suis de ceux qui l'ont connue Dans l'ivresse de ses vingt ans.

En sa jeunesse, elle était rousse ; Et fauve alors comme un lion , Ressemblait, avec sa frimousse, Aux Faunesses de Clodion.

En ce temps-là, c'étaient ses fêtes, Marchant gaîment sur le carreau, Elle venait chez les poètes Et buvait un peu de leur eau.

Bien plus tard, je l'ai retrouvée, Laissant le vent rougir ses mains.

Et tout doucement arrivée Où conduisent tous les chemins.

Elle n'était plus teinturière, Pauvre jouet du destin fou, Et même, son ardeur guerrière S'était enfuie, on ne sait où.

C'était une petite vieille, A qui l'âge n'avait donné Qu'un peu de misère, et pareille A l'enfant toujours étonné.

Ali ! ces existences am

Et dont le seul matin fut doux , S'envolent, comme des chimt Dans le vague Lointain; mais nous,

Joueur de> Bûtes inégales,

En nos rimes, nous caressons

Les frêles âmes de cigales

Qui ne surent que des chansons.

23 février 1884.

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