‹ Nous tousChapitre 71 sur 86 · A JEUN · texte numérisé non relu

A JEUN

Tandis qu'avec ses éclairs bleus, Hier, au bal de L'Elysée,

La féerie au vol fabuleux Était partout réalisée ;

Tandis que des ûots ralliés De Sémiramis et d'Omphales Montaient les vastes escaliers , Traînant leurs robes triomphales ;

Tandis que des habits divers

Se mêlaient, ainsi que les claques,

A des uniformes, couverts

De rubans moirés et do plaques ;

Je vis un jeune homme à l'œil bleu, Trist«\ d'une pâleur extrême; Et même, il semblait avoir peu Dîné, comme un simple bohème.

Moi, saisi d'un trouble secret, Je le plaignais. Monsieur, lui dis-je, Vous faiblissez. On vous croirait Terrassé par quelque prodige.

Lui cependant, très abattu, Mais révolté, comme un esclave, Regardait un ange, vêtu De rose, oh! d'un rose suave!

Ayant faim sans doute à pleurer, Dans une fringale extatique, Il semblait vouloir dévorer Cette personne poétique.

Monsieur, repris-je à mi-voix, si Votre vigueur est presque morte, Un riche buffet, près d'ici, Oifre tout ce qui réconforte.

.MHS TOUS.

Certain vin. de Chypre venu, Vous y rendra L'âme éclaiivie. — Souper? murmura L'inconnu, Ma foi! non. je VOUS remercie.

Les buffets seraient superflus, Malgré leur luxe grandiose.

J'ai faim, mais je n'y pense plus Je regarde la dame en rose!

2 mars 1884.

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