‹ Nous tousChapitre 8 sur 86 · LE VIEUX · texte numérisé non relu

LE VIEUX

Le vieil homme exempt de remords Que le Temps épargne, ô mystère!

Est seul, tous ses enfants sont morts; Nul ne le connaît sur la terre.

Il est trop vieux pour travailler.

Donc, après la vie âpre et dure, Il a, pour se ravitailler, Le pain ramassé dans l'ordure.

Devant ses yeux humiliés

La foule heureuse passe et joue,

Et par les trous de ses souliers

Ses pieds nus traînent dans la boue.

Cependant son cœur est sans fiel,

Et, dans l'ombre où son vieux front penche,

La neige qui tombe du ciel

S'eDgouffre dans sa barbe blanche.

1er décembre 1883.

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