DE LA DEUXIÈME ÉDITION
Pour se décider à écrire un livre et surtout à le soumettre au jugement du public, il faut être convaincu qu'on fait, sinon mieux que ses devanciers, du moins autrement, ou bien qu'on remplit une lacune et qu'on satisfait à un besoin généralement senti.
Pourtant ce n'est pas là précisément le sentiment qui m'a dominé lorsque j'ai publié la première édition de cet ouvrage; je n'ai eu d'autre ambition que celle d'être utile, en rapprochant et condensant les principes qui servent de base à la science, et les éléments du diagnostic et du traitement des diverses maladies. Voici d'ailleurs les considérations que j'ai fait valoir pour motiver mon entreprise.
« Le médecin, même le plus expérimenté, ne saurait, dans l'exercice de son art difficile, se dispenser de consulter souvent les ouvrages de médecine les plus pratiques. Que de choses en effet, que de détails ne lui échappent-ils pas ! Tantôt ce sont les caractères principaux d'une maladie, ou la valeur d'un phénomène morbide qu'il a besoin de se rappeler; tantôt ce sont les propriétés ou les doses d'un médicament; d'autres fois, et plus fréquemment encore, c'est une formule qui est sortie de sa mémoire; une foule de questions, enfin, se présentent à son esprit
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avec le double intérêt de l'utilité pratique et de la curiosité scientifique.
« Sans doute, les dictionnaires, les traités spéciaux, les formulaires sont à sa disposition et ne sauraient lui manquer de parole. Cependant il est des circonstances où ces ouvrages, pour la plupart excellents, sont, je ne dis pas insuffisants, mais plutôt embarrassants, et presque décourageants par l'étendue elle-même de leurs développements, qui font perdre souvent, en rechercbes, un temps que l'on n'est pas toujours à même de sacrifier. Quand il s'agit d'un simple renseignement, d'un doute à lever, d'une réponse nette à une question embarrassante, il est difficile de se décider à feuilleter longtemps de page en page, peut-être même de volume en volume, au milieu souvent d'un déluge de détails actuellement inutiles, pour trouver la solution que l'on demande, surtout lorsque l'on rentre fatigué de visites et de courses, que l'on a à peine le temps d'être un instant à sa famille et au repos dont on a si grand besoin. Aussi, combien de fois n'arrive-t-il pas que le médecin le plus studieux remet à un autre moment l'éclaircissement dont il a besoin? Or, comme il est de certaines questions scientifiques comme de ces vains désirs, de ces curiosités capricieuses qui sont oubliées presque aussitôt, si elles ne sont satisfaites à l'instant, il en résulte que ce qui occupait l'homme de l'art la veille est oublié le lendemain, parce qu'il n'avait pas un moyen facile de consulter malgré ses fatigues, malgré le peu de temps qui est à sa disposition, et môme malgré sa paresse.
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" C'est à trouver ce moyen facile que je me suis appliqué. J'ai espéré que, si je pouvais réunir dans un volume peu embarrassant ce qu'il y a de plus essentiellement pratique à connaître, le résumé des connaissances indispensables au médecin praticien, je pourrais atteindre ce but. Après avoir réfléchi longtemps à la forme que je donnerais à l'ouvrage, et avoir hésité plus longtemps encore à l'entreprendre, j'ai fini par céder à cette double conviction : 1° que le livre que j'offre aujourd'hui au public médical, exigeant de la part de son auteur moins de science que de travail, de patience et d'opiniâtreté, je pouvais le faire; 2° que, pouvant être fort utile, non-seulement par les raisons exprimées plus haut, mais encore parce qu'il peut devenir, par l'insuffisance même des détails, une occasion, une sorte d'obligation à recourir à de plus grands développements, loin qu'il doive être, comme il en sera peut-être accusé, un encouragement à la paresse, je devais regarder comme un devoir de l'écrire. »
Le Nouveau Compendium fut divisé en quatre parties, ainsi intitulées : 1° pathologie générale; 2° pathologie interne, comprenant, dans trois groupes ^séparés, les maladies des femmes, les maladies des ! enfants et les maladies delà peau; 3° ophthalmologie; 4° dictionnaire thérapeutique. Quoique présentant les avantages d'une réunion de monographies, cette division a donné lieu à des objections que je reconnais fondées et auxquelles je cède avec plaisir.
Voici donc le plan adopté pour cette deuxième édition. L'ouvrage commence par un Précis de pathologie
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générale, qui n'est, à vrai dire, qu'un résumé succinct des éléments de pathologie de M. Chomel. Vient ensuite la Pathologie interne et spéciale, qui constitue la partie la plus importante , la plus pratique, comme aussi la plus étendue. Toutes les maladies du domaine de la médecine proprement dite et les affections oculaires qui ne réclament pas l'intervention des instruments tranchants y sont étudiées par ordre alphabétique. Enfin le volume se termine par un Dictionnaire mémento de thérapeutique, dans lequel on sera étonné, si je ne m'abuse, de trouver autant de renseignements utiles, indispensables.
Le Nouveau Compendium est enrichi d'un très grand nombre de formules, qui, loin d'y être jetées pêlemêle, comme dans les formulaires, ont d'abord été choisies, classées, puis placées, par groupes appropriés, à la suite de chaque histoire pathologique.
Je ne parlerai pas du succès que cet ouvrage a obtenu, même à l'étranger, car il a été traduit en espagnol': c'estune manière de se féliciter que je laisse à d'autres Je dirai seulement que les suffrages de mes confrères m'ont été d'autant plus flatteurs que les imperfections typographiques et autres du livre pouvaient nuire à son avenir.
Mais je suis heureux de pouvoir prendre ma revanche. C'est dire que j'ai fait tous mes efforts pour que cette édition soit irréprochable sous le rapport matériel et, eu égard au fond, digne de la science et de ceux qui s'y dévouent. En effet, le texte a été entièrement refondu et considérablement augmenté : à ce point qu'il n'y a pas dix phrases de la première