EAUX MÉDICAMENTEUSES
On peut les diviser en: 1° eaux diverses; 2° eaux distillées; 3o eaux minérales naturelles; 4° eaux minérales artificielles.
EAUX DIVERSES. Ce sont divers solutés aqueux.
Eau albumineuse. Blancs d'oeufs, no 20 ; eau , 1 litre. Battez et passez à l'étamine.
Eau d'arquebusade. Vinaigre 1500, alcool 1500 , sucre 375, acide sulfur. faible 300. Astringent, vulnéraire, antiseptique.
Eau blanche. V. Eau de Goulard.
Eau de Bolot. Anis 30 , girofle 0, cannelle 8, ess. de menthe 1, 2, eau-de-vie 875, teint, d'ambre 4. Dentifrice très usit<;.
Eau de Houle. Boule do Nancy n° 1, eau bouillante 100. Chlorose, leucorrhée ; contusions.
Eau céleste. Eau de chaux 500, ssl ammoniac 4.
Eau de Cologne. Alcoolat de citron compose.
Eau de Goulard. Eau végéto-
minérale. S. acét. de plomb liquide 15, eau de rivière 490, alcool à 80°, 60. L'eau blanche est l'eau de Goulard sans alcool. Résolutif.
Eiu hémostatique. Veau de Brocchieri (térébenthine 600 , eau 600 ) se prend par cuillerées a l'intérieur, s'applique en compresses , etc. Elle jouit d'une grande réputation , ainsi que celles dites de Tisserand, de l'Echelle, de Pagliari.
Eau de mélisse des Carmes Alcoolat de mélisse.
Eau phagédénique. Sublimé corrosif 0,4, eau de chaux 125. En lotions contre la vermine.
Eau sédative de Raspail. Ammoniaque 60 , alcool camphré 10 , sel marin 60, eau comm. 100.
EAUX DISTILLÉES, Hydrolats. Eau commune chargée par la distillation des principes volatils des plantes. Ces eaux, inodores ou peu actives, servent d'excipient aux potions; aromatiques ou actives, elles entrent à plus petites doses dans ces mêmes potions. Elles s'emploient pour collyres, injections, etc. Les plus usitées sont celles de laitue, de tilleul, de mélisse, demenlhe, defleurs d'oranger, de laurier cerise, de roses, de cannelle, etc.
EAUX MINÉRALES NATU- RELLES. Voici la classification adoptée par M. C James, dans son Guide pratique aux eaux rhinér. et aux bains de mer :
Eaux alcalines. Les plus célèbres doivent leur alcalinité aux sels de soude; d'autres sont principalement minéralisées par des carbonates de chaux et de magnésie. Elles sont en général saturées de gaz acide carbonique.
Principales eaux alcalines. Bains (V"«ges), Bussang (id. ), Ems Ev: .11 , Luxeuil ( Haute-Saône ) , Plo;nbières(Vosgesi, Pougues (Nièvre), St-Nectaire (Puy-de Dôme), Schlangenhad, Tœplitz, Vais (Ardèclie) , Vichy (Allier).
Usages . Les eaux alcalines sont fondantes par excellence , très employées contre les engorgements des viscères abdominaux, spécialement du foie, les gastralgies, la gravelle, certaines formes de la goutte et le diabète.
Eaux bromojodurées. Généralement froides, leursaveur est amère et désagréable. La France n'a aucune source de cette classe.
Principales eaux bromo-iodun'cs.
Challes , Hellebrunn , Iwoniez , Kreutznach , Naulieim.
Usages. Ces eaux , qui supportent parfnitcmentlc transport, sont surtout utiles dans les affections scrofuleuses et syphilitiques.
Eaux ferrugineuses. La plupart sont des sources froides, sans odeur appréciable, d'une saveur stypliriue qui rappelle celle de l'encre. Le fer s'y trouve ordinairement à l'é-
tat de carbonate, crénate ou sulfate.
Princip. eaux ferrugineuses. Auteuil (Seine), Bagnères de Bigorrs (Hautes-Pyrénées), Cransac (Aveyron), Eger, Forges (Seine-lnfér.), Kronthal , Passy ( Seine ) , Pyrmont, Schwalbach , Spa , Sylvauès (Aveyron).
Usages. Ces eaux sont essentiellement fortifiantes. Elles facilitent la digestion et relèvent les forces. Utiles surtout dans l'anémie et la chlorose.
Eaux gazeuses. Les eaux min. gaz. sont caractérisées par la prédominance du gaz acide carbonique. La plupart sont froides et mousseuses; leur saveur est piquante, fraîche et aigrelette.
Princip. eaux gazeuses. Châteldon (Puy-de-Dôme), Fachingea , Rieumajou (Héraut), Saint-Albau (Loire), Saint-Galmier {id.), Seltz.
Usages. Ces eaux sont toniques et digestives ; mêlées au vin , elles constituent une boisson fort agréable. Leur usage intéresse l'hygiène et la médecine.
Eaux salines. Elles contienn., comme caractère essentiel, certains sels tellement variables par leurs nombres et doses, qu'il est impossible de les rattacher à aucune des divisions précédentes.
Princip. eaux salines. Baden- Baden, Balaruc (Hérault), Birmenstorf, Bourbon-Lancv (Saôneet-Loire), Bourb.-l'Arch. (Allier), Bourbonne [Hte-Marne), Carlsbud, Chaudes-Aiguës (Cantal), Epsom, Hombourg, Ischin, Ischl, Kissingcn, Loëcho, Maiicnbad,
DICTIONNAIRE THERAPEUTIQUE.
iMont-d'Or (Puy-de-Dôme), Néris (Allier), Niederbronn (Bas-Rhin), Pfeffers, Pullna, Sedlitz, Soden, Wiesbaden .
Usages. 11 suffit de jeter les veux sur la liste des eaux réunies dans cette classe pour comprendre qu'il est impossible d'indiquer leurs propriétés en termes généraux.
Eaux sulfureuses. Elles sont surtout reconnaissables à l'odeur d'oeufs couvés qui s'en dégage, et à leur saveur hépatique. Le soufre s'y trouve habituellement à l'état de sulfure et de gaz sulfbydrique ; beaucoup tiennent en dissolu-
I tion une matière onctueuse appelée barégine. Celles des Pyrénées sont les premières de toutes au point de vuethé-
i rapeutique.
Principales eaux sulfureuses.
Aix en Savoie, Aix-la-Chapelle, Ludion (Hte-Garonne), Bavéges (Etes Pyrénées), Bonnes (Basses- Pyrén ), Cauterets (Htes-Pyrén.), Enghien (Seine-ct-Oise), Greoulx | (Basses - Alpes), Saint - Gervais (Savoie), St-Sauveur (Hautes-Pyi rénées), Schinznach, Uriage (Isère), Vernet (Pyrénées-Orient.), Weilhach.
Usages. On emploie les eaux de cette classe dans les maladies de la peau, les plaies, les anciennes * blessures, les rhumatismes, les I paralysies , les accidents syphi ïitiques , la cachexie mercurielle et les diverses affections des voies respiratoires.
EAUX MINÉRALES ARTIFI- CIELLES. Les altérations qu'é prouvent dans leur constitution les eaux minérales transpor-
tées ont donné naissance à l'art de les imiter. Cet art exige des appareils particuliers, un modt/s faciendi dont nous n'avons pas à parler.
On a commencé par fabriquer l'eau gazeuse simple en introduisant le gaz acide carbonique dans le liquide, dans la proportion de 5 volumes pour un volume de ce dernier; puis on l'a convertie en eau médicamenteuse par l'addition de principes salins voulus.
Faute de machine ad hoc, on a recours, pour rendre un liquide gazeux, à un carbonate alcalin et à un acide pour dégager l'acide carbonique de ce dernier; cet acide est ou le citrique ou le tartrique.
Eau gazeuse simple. Eau pure chargée de 5 fois son volume d'acide carbonique. On en fait la limonade gazeuse.
Eau alcaline gazeuse. Eau gazeuse à 5 volumes 625; bicarbonate de potasse 4,4. Gravelle.
Eau ferrée gazeuse. Eau 650, tartrate ferrico-potassiquo 1, bicarbonate de soude 5. Bouchez promptement.
Eau magnésienne gazeuse. Eau gazeuse à 6 volumes 625, magnésie blanche. 4. — L'eau magnésienne saturée contient le double de carbonate de magnésie.
Eau de Sedlilz Eau gazeuse à 3 volumes 625, sulfate de magnésie 8 à 60.
Eau de Seltz. Elle doit contenir les divers sels de l'eau naturelle.
La prétendue eau de Seltz des fabricants n'est que de l'eau gazeuse.
ÉLECTUAIRES, Confections,
opiats. Médicaments d'une consistance de pâte molle, composés de poudres délayées dans un sirop ; du miel , des pulpes , des extraits , des sels y entrent quelquefois.
Electuaire catholicum. Electuaire de séné et de rhubarbe, contenant plusieurs sortes de pulpes et de poudres. Purgatif.
Electuaire d'aphonix. Electuaire de scammonée composé. Purgatif. Dose, 2 à 15; lavement,, 15 à 30.
Electuaire ou confection d'hyacinthe. Electuaire de safran composé.
Absorbant, aromatique et stomachique. Dose, 1 à 15.
Electuaire de Kortun. Cons. de cochléaria 100, extrait de chiendent 50 , extrait de pissenlit 50, acétate de potasse 40. Scrofules , obstructions.
Electuaire thériaque. V. Thêriaque.
Élixirs. Teintures composées clans lesquelles plusieurs substances différentes sont en dissolution dans l'alcool.
Elixir amer. Jalap 125, scammonée 15, gomme gutte 8, eau-devie 1000. Antiscrofuleux. Dose, 10 à 20 gouttes.
Elixir anti-apoplectique des jacobins de Rouen. Composé avec cannelle, santal, anis vert, baies de genièvre, sem. d'angélîque, galanga, impératoire, girofle, aloès, etc. , macérés dans l'alcool. Stomachique. Dose, 1 cuil. à café après le repas dans une boisson appropriée.
Elixir antiglaireux de Guillê.
Remède secret.
Elixir de Garus. Stomachique.
Liqueur de table.
Elixir de longue vie. Teinture d'aloès composée du codex. Sa composition n'est pas uniforme.
Excitant, purgatif. Dose, 8 à 30 gram.
Elixir parégorique. Teinture d'aloès ammoniacal. Antispasmodique; hystérie, névroses. Dose, 2 à 8 gram. dans une potion; en frictions dans la migraine.
Elixir de Peyrilhe. C'est la teinture de gentiane ammoniacale, où l'on remplace le carbonate d'ammoniaque par 10 gram. de carb.
de soude. Antiscrofuleux. Dose, 10 à 50 gram.
ELLEBORE NOIR. Helle-
boras niger ( Renonculacées , I). Racine. Purgatif drastique; vermifuge. Entre dans les pilules de Bâcher,
Poudre, 0,25 à 1 gram.
ÉMÉTiQUïs. V. Tartre stibié, Vomitifs.
ÉMÉTO - CATHARTIQUiiS.
Préparations magistrales dans lesquelles il entre au moins un vomitif et un purgatif, et destinées à provoquer le vomissement et les garde -robe.
emménagogues. Médicaments qui provoquent l'écoulement menstruel , soit directement en stimulant l'utérus, soit indirectement en ramenant cet organe à ses conditions normales de vitalité. Les premiers sont : Y armoise, Valoès , la mafricaire, la rue f la sabine , le safran, le seigle ergoté; les seconds, le fer, les amers.
emollients. Médicaments adoucissants et relâchants , employés soit à l'intérieur.
DICTIONNAIRE THERAPEUTIQUE. tï'ê
sous diverses formes , so't à l'extérieur en cataplasmes, fomentations ; tels sont en particulier le bouillon blanc , les fécules, la guimauve, le lin, la mauve, \epas d'âne, le son, etc.
emplâtres. Médicaments formés de corps gras ou huileux, de résine, de cire , de poudres végétales, avec oxyde de plomb ou sans oxyde métallique, et destinés à être appliqués sur la peau. Ils diffèrent des onguents surtout par leur consistance plus grande. — Voici l'énumération de quelques emplâtres parmi les plus employés. Commençons par celui qui sert d'excipient à la plupart des emplâtres composés.
Emplâtre simple, Litharge , axonge, huile d'olive, de chaque, 2000; eau, 4000.
Emplâtre d'André Delacroix.
Contre les cors.
Emplâtre de Pissief. Pour calmer les douleurs cancéreuses et prévenir l'ulcération.
Emplâtre Canet. V. Onguent.
Emplâtre de ciguë. Calmant, fondant. M. Ricord y ajoute quelquefois 1 d'iodure de plomb sur 8.
Emplâtre diachylon gommé.
Emplâtre diabotanum. Contient une grande quantité de plantes.
Fondant, résolutif.
Emplâtre fondant. Emplâtre s.
15, savon 8, sel ammoniac 2.
Emplâtre de Nuremberg. Résolutif.
Emplâtre d'opium. Poix blanche 90, en plâtre s, 400, opium pulvérisé 15.
Emplâtre de poix. Cire jaune 500, poix bl. 1500.
Emplâtre des quatre fondants. Résolutif , fondant. Engorgements indurés, squirrheux.
Emplâtre de savon. Emplâtre s.
2000 , cire blanche 90 , savon blanc râpé 125.
Emplâtre résicatoirc anglais. Emplâtre de cire 125 , axonge 125 , cantharides pulv. 125.
Emplâtre de Vigo ou mercurieî.
Résolutif, fondant ; sur l'éruption variolique, pour l'atténuer ou éviter les cicatrices.
ÉmulsîONS. Préparations magist. lactiformes résultant de la suspension d'une huile ou d'une résine dans l'eau à l'aide du mucilage, de la gomme ou du jaune d'œuf.
Emulsiom simple ( lait d'amandes ) . Pilez les amandes avec quelques gouttes d'eau; délayez la pâte avec le reste de l'eau, faites-y fondre le sucre ; passez avec expression à travers une étamine.
On y fait entrer quelquefois des amandes amères , du sirop diacode, de la gomme, de l'eau de fleurs d'oranger, du nitre, etc.
Emulsion nitrée camphrée. Emulsion s. sans sucre 500 , camphre 0,5, nitre 2, sirop de fleurs d'oranger 50.
EFISPASTIQUES. V. Vési-
cants.
ÉPONGE .Production marine placée au dernier échelon du règne animal. Elle contient de l'iode et donne à la pharmacie :
ÉPONGE BRÛLÉE ou TOR- RÉFIÉE. Charbon d'éponge employé contre le goitre.
ÉPONGE PRÉPARÉE à la ficelle. Eponges fines battues, lavées avec soin et mondées,
entourées avec force de corde de fouet, puis débarrassées de cette corde et employées pour dilater les plaies et en absorber le pus, et comme pessaire.