VERBES IRRÉGULIERS ET VERBES DÉFECTIFS
EXERCICES
.422. Exercice oral ou écrit. — Lire ou écrire sous la dictée les phrase:) suivantes en mettant les verbes au temps indiqué.
L'homme s'agite, Dieu le mener (ind. prés.).
Ce que nous appeler (ind. prés.) le monde, c'est notre terre minuscule, perdue parmi les autres astres.
Vous répéter (fut.) votre leçon jusqu'à ce que vous la sachiez.
Ne nous venger (impér.) que par des bienfaits.
L'Algérie nous envoyer (ind. prés.) les produits de son agriculture.
Cicéron appeler (ind. prés.) l'éloquence une perpétuelle agitation de l'àme.
Il geler (ind. prés.) depuis huit jours, nous songer (ind. prés.) â patiner.
Le prétendant Charles-Edouard s'avancer (ind. imparf.) vers l'An-
EXERCICES. - - \ : „ - ." r '- •' ; \z ' ' ff^' "
gleierre, jeter (ind< imparf.) ses partisans dans l'admiration, appeler (ind. imparf.) le peuple à son secours, lui révéler (ind. impart.) son rang et songer (ind. impart.) à reprendre son trône; mais ses efforts devaient être vains.
Les anciens placer (ind. imparf.) le Destin au-dessus de tous les dieux.
Les saltimbanques étinceler (ind. prés.) dans leurs habits tout brodés d'or et de paillettes.
Tu bégayer (ind. prés,) et tu grasser (ind, prés.); essayei' (impér.) de te corriger de ces défauts, si tu as le projet de parler en public.
Les Autrichiens essuyei' (parf. déf.) une sanglante défaite que leur infliger (parf. déf.) les Prussiens àSadowa (1866).
Dans les mers polaires, les navires sont exposés à être broyer (part, pas.) entre deux blocs de glace.
423. Exercice. — Lire ou écrire sous la dictée les phrases suivantes, en mettant les verbes au temps indiqué. .
Descartes ouvrir (parf. indéf.) la voie à la philosophie moderne.
Les gens superstitieux disent qu'un malheur ne venir (ind. prés.) jamais seul.
Va, counr (impér.), vole et nous venge.
L'esprit se sentir (ind. prés.) toujours des bassesses du cœur.
Chez les anciens, l'éternité n* appartenir (ind. imparf.) à aucun dieu.
Il faut que tu vcwtr (subj. prés.) au secours de ton voisin lorsqu'il t'appelle.
Une jeune guenon cueillir (parf. déf.) Une noix dans sa coque verte. (Florian.)
Souvenir (impér.) vous que, dans la vie,
Sans un peu de travail, il n'est pas de plaisir. (Florian.)
L'enfant paresseux n'acquérir (ind. prés.) pas les connaissances qui lui seront nécessaires plus tard.
La persévérance venir (ind. prés.) à bout de tous les obstacles.
Montrez-moi patte blanche ou je n'ouvrir (fut.) point.
César conquérir (parf. déf.) la Gaule en sept campagnes.
Toutes les nations du monde concourir (parf. indéf.) au succès de cette exposition.
Un grand orage survenir (parf. déf.) qui défleurir (parf. déf.) les arbres fruitiers.
La plupart des querelles provenir (ind. prés.) d'un malentendu.
m'iyr. ': '{' ' -V , »u VERBE.
Exercioa. — Lire ou écrire sous la dictée les phrases suivantes, en mettant les verbes au temps indiqué.
Voiture disait : Vous voir (fut.) qu'on aura la sottise de publier mes œuvres après ma mort.
Va, je ne te hais point. — Tu le devoir (ind. prés.). — Je ne pouvoir (ind. prés.). (Corneille, le Cid,)
On demandait à Bourdaloue quel était son meilleur sermon : Celui que je savoir (ind. prés.) le mieux, répondit-il.
C'est à la science que nous devoir (ind. prés.) toutes les inventions utiles de la vie.
Si lès habitants des villes savoir (ind. imparf.)ce qu'un morceau de pain coûte de travail, ils en seraient eiTrayés.
Je ne concevoir (ind. prés.) pas de manière de voyager plus agréable que d'aller à pied.
Deux sûretés valoir (ind. prés.) mieux qu'une.
Savoir (impér.) te contenter de ton sort.
Asseoir (impér.) -toi près de moi, tu pouvoir (fut.) Toir plus facilement ce qui se passe.
Nous emploierons tous les moyens pour que vous émouvoir (subj. prés, passif).
Dans les pays chauds, il ne pleuvoir (ind. prés.) que pendant une saison de l'année.
La reine Ranavalo est bien déchoir (part, pas.) de sa grandeur passée.
Je m'asseoir (ind. imparf.) chaque jour sur ce banc de nnousse.
Je ne pense pas qu'il pleuvoir (subj. prés.) d'ici longtemps.
Le chien a toutes les quahtés qui pouvoir (ind. prés.) lui attirer l'affection de l'homme.
A2B. Exercice. — Lire ou écrire sous la dictée les phrases suivantes, en mettant les verbes au temps indiqué.
Pendant la première guerre punique, les poulets sacrés refusant de manger, le consul Appius Claudius les faire (parf. déf.) jeter à la mer, en disant : « Eh bien ! qu'ils boire (subj. prés.) ! »
Dieu donne aux rois, quand il lui plaire (ind. prés.), de grandes et de terribles leçons. (Bossuet.)
Corneille peindre (ind. prés.) les hommes comme ils devraient être.
Qui trop embrasse mal étreindre (ind. prés.). Travaillez, prendre (impér.) de la peine, C'est le fonds qui manque le moins. (La Fontaine.)
EXERCICES. 105
Uni^mère disait à sa fille : « Peindre (impér.), écrire (impér.), rire (impér.), jouer (impér.); avec cela on ne a'aindre (ind. prés.) pas l'oisiveté ».
Les lumières s'éteindre (ind. prés.) bien tard à Paris.
La terre la plus fertile ne produire (ind. prés.) que des épines, si on Tabandonne longtemps à elle-même.
Les ignorants seuls a'oire (ind. prés.) que la science ne rapporte rien.
Robinsôn dans son île était réduire (part, pas.) aux seules ressources de la nature.
Le blé croître (ind. prés.) dans une grande partie de la France.
Enfants, ne faire (impér.) rien sans le conseil de plus sages que vous.
Le jeune mouton dire (ind. imparf.) imprudemment au loup : « Vim-e (impér.) et paîlre (impér.) ensemble, si un peu d'herbe vous suffire (ind. prés.) ».
Craindre (impér.) toujours les hypocrites et les trompeurs.
Mathusalem vivre (parf. déf.) plus de neuf cents ans.
426. Exercice. — Donner le présent et le futur de l'ind., le parfait déf., le présent du subj., des verbes :
envoyer,
fuir,
vêtir,
craindre.
conquérir,
sentir,
mouvoir.
rire,
offrir,.
cueillir.
valoir,
prendre.
427. Exercice. — Lire ou écrire sous la dictée le morceau suivant, en indiquant ou en soulignant les verbes qui présentent quelque irrégularité dans leur conjugaison. — Définir les mots condiments^ aromaiique$y macérer^ ginqembre, ciiminy menthe, ciboule, cresson alénois^ ségame, aneth, coriandre^ stlphium, sumac, origan, rue, etc. Qu'était ColumeUe, Athénée^
Les condiments dans la cuisine antique.
Les condiments sont le complément nécessaire de l'alimentation qui, chez les anciens, avait reçu les formes les plus variées et les plus raffinées. Les quatre éléments essentiels d'un assaisonnement sont : le vinaigre, l'huile, le sel et le poivre ; mais, en dehors de ceux-là, les anciens connaissaient aussi une infinité de plantes potagères et d'herbes aromatiques dont ils se servaient pour exciter leur appétit, pour relever le goût d'un plat trop fade, ou pour déguiser l'àcreté d'un aliment trop amer.
Parmi les plantes potagères, nous en trouvons beaucoup qui, sur
la table des riches, accompagnaient seulement les autres plats à titre de hors-d'œuvre et qu'on cultivait avec soin. Nous n'oublierons pas les confits de légumes dont les Romains étaient très friands et qu'ils obtenaient en faisant macérer les plantes dans du vinaigre; on accommodait ainsi la laitue, la courge, etc. Golumelle décrit minutieusement le procédé employé pour coçfire les raves et les navets. Ces condiments devaient être servis à part sur des assiettes ou mélangés aux mets eux-mêmes.
Les herbes et les graines aromatiques étaient réservées à la préparation des sauces qui accompagnaient les viandes et les poissons. En premier lieu, nous trouvons la moutarde, qui ne parait pas avoir été en usage sous la forme qu'on lui donne aujourd'hui, mais dont les feuilles étaient simplement coupées et mêlées aux aliments; la meilleure venait d'Egypte. Les anciens employaient encore le gingembre, le cumin, la menthe, l'anis, le persil et le cerfeuil, la ciboule, le cresson alénois, etc., etc.
Nous ne pouvons d'ailleurs mieux faire qu'en citant un passage du comique Alexis, cité lui-même par Athénée, où il fait l'inventaire des ingrédients qu'un cuisinier doit avoir sous la main : « Dis-moi ce qu'il te faut. — Bon, viens donc prendre d'abord du sésame. — Voilà! c'est fait. — Prends maintenant des raisins secs, du fenouil, de l'aneth, de la moutarde, du chou, du coriandre bien sec, du silphium, du sumac, du cumin, des câpres, de l'origan, des gousses d'ail, de la ciboule, du thym, de la sauge, du vin cuit, de la rue, du poireau. » Dictionnaire des antiquités grecques et romaines,
(Hachette et Cie, édit.)
428. Exercice. — Analyser logiquement la phrase : Les condiments sont le complément nécessaire... ^ etc
429. Exercice. — Lire ou écrire sous la dictée le morceau suivant en indiquant ou en soulignant les verbes qui présentent quelque iri-égularité dans leur conjugaison.
Les ThermopyleB.
J'ai eu le bonheur, il y a quelques années, de passer trois jours auxTherinopyles, et j'ai grimpé, non sans émotion, tout prosaïque que je sois, le petit tertre où expirèrent les derniers des Trois- Cents. Là, au lieu du lion de pierre élevé jadis à leur mémoire par les Spartiates, on voit aujourd'hui un corps de garde de gendarmes portant des casques en cuir bouilli. Bien que le défilé soit devenu une plaine très large par suite des atterrissements du Sperchius; bien que cette plaine soit plantée de betteraves dont un de nos
EXERCICES. 105
compatriotes fait du sucre, il ne faut pas un grand effort d'imagination pour se représenter les Thermopyles telles qu'elles étaient cinq siècles avant notre ère. A leur gauche, les Grecs avaient un mur de rochers infranchissables; à leur droite, une côte vaseuse, inaccessible aux embarcations; enfin, entre eux et l'ennemi, s'élelevait un mur pélasgique, c'est-à-dire construit de blocs de pierre longs de deux ou trois mètres. Ajoutez à cela les meilleures armes alors en usage et la connaissance approfondie de l'école de bataillon. Au contraire, les Perses avec leurs bonnets de feutre et leurs boucliers d'osier, ne savaient que courir pêle-mêle en avant, comme des moutons qui se pressent à la porte d'un abattoir. On m'a montré à Athènes des pointes de flèches persanes trouvées aux Thermopyles, à Marathon, à Platée; elles sont en silex. S'il y a Heu de s'étonner de quelque chose, c'est que ce passage extraordinaire ait été forcé. Léonidas eut le tort d'occuper de sa personne un poste imprenable, tandis qu'il abandonnait à un lâche la garde d'un autre défilé moins difficile, qui vient déboucher à deux lieues en arrière des Tliermopyles.
Prosper Mérimée {Œuvres complètes, Galmann Lévy, édit.)
430. Ezeroica. — Donner les substantifs dérivés des verbes : passer, grimper, expirer, voir, planter, représenter, élever, construire, savoir, courir, presseï-, montrer.
431. Exercice.— Dans le texte précédent, relever les verbes : expirer^ représenter^ contiruire^ courir, presser, occuper, et les employer dans deux phrases différentes au sens propre et au sens figuré.
432. Exercices oraux ou écrits. — Â quelles remarques de grammaire historique peuvent donner lieu dans les phrases suivantes les mots imprimés en italique^
Du palais cependant il assiège la porte. (Racine.)
Mestre Geffroy, alez dire à la roine que le roi est esveillé et qu'elle voise vers li pour li apaisier. (Joinville, xiii* siècle.)
Si la fortune continue, elle m'en envoyera très content et satisfait. (Montaigne, xvi* siècle.)
Là où le soleil feroit, qui fesoit les armes resplendir. (Joinville, xni* siècle.)
Le Collège de France a été fondé à Paris par François 1". Ceux qui le liront, verront et orront. (Froissart, xiv' siècle.) Il seroit bon que par la rivière nous alissions visiter nos ennemis. (Froissart, xiv* siècle.)
Certes, dame, voyez ci votre chevalier qui ne vous fauldroit pour mourir, si tout le monde vous failloit (Froissart, xiv* siècle.)
Quand quelqu'un chet du haut en bas d'une brèche. (Paré, XVI* siècle.)
Coilier disait à Louis XI : « Je scay bien que ung matin vous xa' envoyer ez comme vous faictes d'autres, mais vous n'y vivrez point huyt joiu's après », (Commines, xv* siècle.)
Tiel fieH qui ne tue pas.
Oy, voy et te tais, si tu veux vivre en paix. (Cotgrave, xvi* siècle.)
Les plaisirs pris sans modération aWégent plus les jours des hommes que les remèdes ne peuvent les prolonger. (Fénelon.)
Envoyez ung héraut au chastel par delà,
Pour parler au roi Piètres, saver comment il va.
(Guesclin, xiv* siècle.)
Cyrus veoii le dire de Solon confirmé par un si notable exemple. (Amyot, XVI* siècle.)
Des fanatiques [dans l'Inde] se prosternants emmy la place, ils se font mouidre et briser sous les roues. (Montaigne, xvi* siècle.)
Les rênes lui cheurent des mains. (Amyot, xvi" siècle.)
Commè^ on void une estoile esmeue,
Qui tombe, ou qui tomber est veue, (Ronsard, xvi* siècle.)
Il vesquit jusques à la mort en dépit des envieux. (Rabelais, XVI' siècle.)
Mon cœur a envoyé quérir
Tous ses bienveillans et amis,
Il veult son grand conseil tenir. (Charles d'Orléans, xv* siècle.)
433. Exercice. — Lire le texte suivant en indiquant les changements orthographiques survenus depuis cette époque. — Transcrire le mêrae morceau dans l'orthographe actuelle.
Repas des Lacédémoniens.
La plus exquise viande que Ton servist en ces convives là, estoit celle qu'ilz appelloient le brouet noir, tellement que quand il y en avoit, les vieillards ne mangeoient point de chair, ains la laissoient toute aux jeunes hommes, et eulx à part mangeoient le brouet. Il
EXERCICES. 107
y eut jadis un roy de Pont, qui pour gouster de ce brouet noir, achepta expressément un cuisinier Lacedaemonien : mais quand il en eut une fois tasté, il s'en fascha incontinent, et le cuisinier lui dit : (( Sire, pour trouver ce brouet bon, il se faudroit premièrement estre baigné dedans la rivière d'Eurotas ». — Après qu'ilz avoient sobrement beu et mangé ensemble, ils s'en retournoient sans lumière chascun en sa maison : car il ne leur estoit pas loisible d'aller ny là ny ailleurs avec de la chandelle, afin qu'ils s'accoustumassent à marcher hardiment la nuict et en ténèbres par tout. Tel estoit l'ordre et la manière de leurs convives.
Jacques Amtot (1513-1593).
explications
Viande (lat. vivenda)^ mets en général.
Conviveê, festins, repas.
Ains (lat vulgaire antitUt comparatif de atUe, avant), mais.
Expressément, exprès.