IL. Considérer le? actions
Premier prélude. Me rappeler le récit des Évangélistes : l'arrivée de la cohorte conduite par Judas ; la question du Sauveur, Qui cherchez-vous? et l'eftet de cette parole, C'est moi; F^ierre qui tire Fépée ; Jésus qui guérit la blessure faite au serviteur du Pontife ; ce qu'il dit à son apôtre et aux hommes armés ; pouvoir qu'il leur donne de le saisir et comment ils en usent.
Deuxième prélude. Me représenter Tentrée du jardin. Il est nuit; ce n'est qu'à la lueur des flambeaux qu'on distingue les objets. Me placer dans un lieu, d'où je puisse être témoin de tout ce qui va s'accomplir.
Troisième prélude. Prier Jésus-Christ de me faire pénétrer dans son divin cœur, pour en étudier les dispositions à mon égard , au moment où il va se livrer pour moi à la rage de ses ennemis ; lui demander la gràc^ de tirer mon profit spirituel de tout ce que je vais voir et entendre.
P*" P. Conteiwpler les personnes. — Jésus- Christ plein d'ardeur et de courage : il vient de prier et de se résigner, deux grandes sources de la force chrétienne... Son cœur brûle du désir de mourir pournous. La bonté, la patience, une sérénité divine se peignent sur son visage. — Les apôtres ; qu'ils paraissent timides ! Ils sont rangés en arrière.., l'inquiétude se montre dans tous leurs traits , l'indignation s'y mêle quand ils voient paraître Judas... — Considérez ce traître. Quel air hypocrite! Comme, à travers ces dehors de respect et d'amitié, perce la perfidie de son dessein !.. Apprenez de lui jusqu'où peuvent conduire l'abus des grâces et la négligence à combattre de bonne heure une seule passion déréglée. — Voyez autour de Judas les satellites armés d'épées et de bâtons ; ils ont l'œil hagard ; ils attendent des ordres... De quel attentat ils vont se faire les dociles instruments! Que de lumières, quels moyens de salut va leur ménager encore la miséricorde du Sauveur ! De quel endurcissement est donc capable le cœur humain !
IP P. Écouter ies paroles. — Méditons celles du Sauveur à Pierre et aux hommes qui vont porter sur lui des mains sacrilèges.
[" Remettez votre épée dans le fourreau. Jésus ne nous pefmet pour notre défense que des armes, dont nos ennemis ne veulent pas se servir contre nous : la douceur, la patience, la charité, la prière. A ces armes il promet la victoire. C'est par elles que l'Eglise s'est établie, et qu'elle se conservera jusqu'à la fm des siècles... Si nous en employons d'autres, elle ne nous reconnaît pas pour ses ministres, ni le Sauveur pour ses représentants. Voulons-nous vaincre ? Remettons notre épée dans le fourreau : retenons cette langue , réprimons ce désir trop ardent de soutenir notre droit, de faire triompher notre cause ; étouffons ces ressentiments..; et si déjà notre épée a fait quelque blessure, hàtons-nous de la guérir, en réparant, par notre soumission et nos bons offices , le tort ou la peine que nous avons causés. — Pensez-vous que je ne puisse prier mon Père, qui m'enverrait aussitôt plus de douze légions d'anges ?.. C'est votre amoui pour nous. Seigneur Jésus, qui arrête le secours que vous pourriez tirer de votre Père e> de vous-même, des anges et des hommes, di; ciel et de la terre. — Comment donc s'acd pliront les Écritures ? « 0 Pierre, vous vou: irritez de ce qu'on vient me charger de chaîneîl
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déshonorantes, comme si j'étais un insigne criminel ; mais ce qui vous semble obscurcir l'innocence de ma vie et la gloire de ma mort, est précisément ce qui en relève i'éclat. Une telle ignominie, prédite par les prophètes, devient un témoignage de ma divinité... C'est parce que je vais être mis au rang des scélérats \ que tous les peuples m'adoreront comme l'unique espérance des pécheurs... » Grand Dieu, qu'il est à plaindre celui qui n'accomplit pas les Ecritures, en souffrant dans ce m.onde avec Jésus ! Il les accomplira , en souffrant dans l'autre avec Satan. — Je ne boirais pas te calice que mon Père m'a\donné! 0 Jésus, je prends pour moi celte réponse, et je l'applique à toutes mes contradictions, à toutes mes souffrances : cetassujettissement qui me coûte, cette pauvreté, cet affront.., voilà le calice que je dois boire ; j'y suis animé par de puissants motifs : c'est Dieu, c'est mon père qui me le présente ; mon Sauveur l'a bu le premier, et après lui tous les apôtres, tous les bons prêtres, tous les élus.
2° Vous êtes venus me prendre, armés d'épées et de bâtons, comme si fêtais 2in voleur... Que d'orgueilleux murmures confondus par cette parole ? On m'entend dire quelquefois : Mais pour qui me prend-on ? QiCai-je donc fait ? On me traite comme si fêtais... Ah ! si j'étais un
* Cum soeJeratis reputatiis est. /•>. .s;{. 12.
viai disciple de Jésus , me plaindrais-je de la sorte ? J'accepterais les épreuves avec tout ce qu'ell.es ont de pénible et d'humiliant, et je me réjouirais de me voir traité comme mon Seigneur et Maître... — J'étais tous les jours assis parmi cous, et vous ne m'avez pas pris. C'était leur dire pour les forcer de rentrer en eux-mêmes : « Faites donc attention à l'inutilité de vos mauvais desseins contre moi aussi longtemps que j'ai voulu m'y soustraire ; combien de fois les avez-vous vus échouer, bien que je fusse au milieu de vous sans défense? Rappelez-vous donc ce qui s'est passé ces derniers jours : avec quelles acclamations vous m'avez reçu , avec quelle assiduité vous êtes venus m'entendre !.. Si vous vouliez me punir du bien que je vous ai lait, que ne m'arrêtiez-vous dans le temple? » — Mais c'est ici votre heure et la puissauce des ténèbres. Votre heure ! L'homme a donc son heure? Oui, et Dieu son éternité !.. Heure fatale que celle où le Seigneur dans sa colère abandonne le méchant à la perversita de ses désirs! Funeste pouvoir, que nous exerçons pour offenser Dieu et seconder les projets de l'enfer ! Atïreuses ténèbres , qui dérobent au pécheur la vue du précipice où il se jette !
111^ P. Considérer les actions, — Jésus s'avance , et dans son impatience de mourir pour nous, il va de lui-même se jeter entre les mains de-ses bourreaux. — Il les arrête , pour leur
donner le temps de réiléchir. Il leur demande qui ils cherchent, quoiqu'il ne l'ignore pas, atîn qu'ayant occasion de prononcer son nom , auquel se rattache le souvenir de tant de vertus et de hienfaits , ils y rencontrent comme un trait de lumière , qui leur montre la grandeur de leur crime. — Il les renverse en répondant : C'est moi... Quelle ^MÏss^nce , mais quelle miséricorde!.. Combien Judas dut être étonné, comment ne fut-il pas converti , en se voyant foudroyé , lui et sa cohorte, par un seul mot qui n'exprimait ni reproches ni menaces ! Com- }ien les apôtres durent se réjouir , quand ils virent leurs ennemis tom.ber en -leur présence , et avec quelle facilité leur Maître les avait terrassés ! Faible image de ce qu'éprouveront les justes et les pécheurs , lorsqu'au dernier jour e même Sauveur leur dira , aux premiers : Cest moi, que vous avez aimé , servi , préféré à tout ; aux seconds ; C'est moi , que vous avez méprisé , persécuté , crucihé !.. — Il leur commande de laissej: ses disciples en liberté , et il est obéi. Toute la fureur des hommes et des démons ne peut nuire a ceux que Jésus-Christ protège. Qu'il fait bon se contîer en lui ! Lorsqu'il paraît s'oublier lui-même , il ne nous ouille pas. — Enfin, après la guérison miracueuse de Malchus , et les observations si chariables qu'il vient de faire à ses eimemis , il lève a barrière invisible qui les arrêtait , et ceux-ci
consomment avec un aveuglement et un acharnement extrêmes , l'attentat dont n'ont pu les détourner tant de prodiges de la plus touchante bonté.
Ici , représentez-vous avec quelle furie ces loups cruels se précipitent sur cet agneau si doux ; avec quelle violence ils serrent les cordes dont ils le lient ; comme ils le tirent, le pressent et lui font souffrir tout ce que peut inventer une haine longtemps contenue et libre enfin de se satisfaire ; combien de fois ils le jettent par terre ; avec quelle inhumanité ils le traînent dans ses chutes , et le frappent en lui criant de se relever , par quels degrés leur audace impunie se porte aux derniers excès. 0 Jésus, quel prélude à ce que vous allez endurer pour moi ! Que ferai-je pour alléger le poids de vos chaînes, pour compenser les outrages dont j'ai été pour vous la cause? Ah î du moins que cet amour qui vous livre à vos ennemis, règle désormais tous les mouvements de mon cœur; qu'il m'apprenne à souffrir avec joie tout ce que j'aurai à souffrir pour vous.
1er p Contempler les personnes. — Jésus-Christ. U vient de prier et de se résigner, ce sont les deux sources de la force chrétienne. — Les apôtres, timides, in- Qiiiets... Us dormaient pendant que Jésus priait. — Judas. Quel air hypocrite '. 0 abus des grâces, où peux-
tu conduire? — Sate'lites. gen- armés... Qje vont-ils faire ?
Ile p. Écouter les paroles. — De Jésus îi Pierre : Remettez votre épee dans le fourreau... Nos armes sont la patience tl ia prière. Pensez-vous que je ne puisse prier mon Père. etc.. C'est mon amour pour vous qui me conduit ù ia mort... Quoi 1 Je ne boirais pas le calice que mon Père m'a donné ? — - De Jésus à ses ennemis : Vous êtes venus me prendre armés d'épées et de bâtons , etc. .Vêtais tous les jours avec vous dans le temple... Mais c'est maintenant votre heure et la puissance des ténèbres... Ot:i. le pécheur a son heure, çt Dieu son éternité I., Affreuses ténèbres qui dérobent au pécheur la vue de l'abîme où il se jette î
Ille P. Considérer les actions. — Jésus va au devant de ses ennemis, impatient de mourir pour nous. 11 les arrête, pour leur donner le temps de réfléchir. 11 les renverse dun souffle de sa bouche, pour leur montrer sa puissance... Il leur commande de laisser ses disciples en liberté. Il guérit le serviteur du Pontife, que Pierre a blessé... Qu'il fallait être endurci pour résister à tant de grâces! — Voyez avec quelle rage ils se précipitent sur lui, et imaginez les indignes trailemenls qu'ils lui font essuver.
LXXXllI. MÉDITATION.
Jésus - Christ se livre à ses ennem>
F. Il nous fait le sacrifice de sa liberté. II. Il nous demande le sacrifice de la nôtre.
I" P. Jésus nous sacrifie sa liberté , volontairement, pleinement, et pour toujours.
1" Sacrifice volontaire. Le Sauveur avait déjà ni. IT.
pris soin de nous apprendre que personne ne pouvait lui ôter la vie , qu'il était maître de la quitter et de la reprendre quand il voudrait. C'est la spontanéité de son immolation qui en relève tant le mérite aux yeux de son Père , et qui devrait aussi toucher nos cœurs '. Il tient à nous donner une conviction profonde d'une vérité si propre à exciter notre reconnaissance ; il veut que nous sachions que toutes ses souffrances sont uniquement l'effet de son amour pour nous.
Avant que ses ennemis paraissent, il annonce leur arrivée, il marche à leur rencontre, il empêche ses disciples de s'opposer à leurs desseins, il guérit miraculeusement une blessure faite dans un premier moment d'indignation. Qu'a-t-il besoin qu'on tire l'épée pour repousser la force par la force?.. Tout le ciel, s'il le voulait, s'armerait pour sa défense. Qu'a-t-il besoin d'un secours étranger , lui qui renverse la cohorte impie d'un souftle de sa bouche? Se serait-elle relevée , s'il n'avait daigné le lui permettre? Avec quel empire il domine les événements ! Avec quel calme il dirige et règle tout, tenant autour de lui les soldats immobiles, malgré la fureur qui les anime , les obli-
^ Proptereà me diligit Pater , quia ego pono uniraam meam, ut iterùm somam cam. Nemo luliit eam à me^ sert ego pono cain à mcinso. Jonn. H>. 17. IS.
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géant à entendre tout ce qu'il veut leur dire , à laisser libres ceux qui l'accompagnent! Si donc il perd lui-même sa liberté , c'est qu'il consent à la perdre. Ce sont moins les satellites qui le saisissent, que son cœur qui le livre.
Que ferais-je pour un ami qui se laisserait charger de chaînes à ma place? Qu'exigerais-je de celui dont j'aurais pris la place pour le délivrer de ses chaînes? 0 amour, quelle est votre force , puisque vous savez réduire le Tout- Puissant à la captivité ! Soumettez-moi aussi à votre empire ; subjuguez-moi , captivez-moi de telle sorte , que jamais rien ne me sépare de Jésus captif pour moi !
2" Sacrifice entier , et qui renfermait tous ceux qu'il aurait à faire dans le cours de sa Passion ; car, en s'abandonnant à ses ennemis, il prévoyait l'abus qu'ils feraient du pouvoir qu'il leur donnait. Il se voyait d'avance jeté dans un cachot , livré à l'insolence des soldats et des valets , servant de jouet ta la plus vile populace, attaché à la colonne, nageant dans son sang.., mourant sur la croix. En sacrifiant sa liberté, il sacrifiait son honneur avec sa vie. Il acceptait les outrages dont il serait accablé dans les rues de Jérusalem qu'il allait traverser tant de fois , toujours environné de gardes , toujours lié comme un malfaiteur de la plus dangereuse espèce, traîné de la maison d'Anne à celle de Gaïphc , de là au tribunal de Pilate ,
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au palais d'Hérode... Tous les supplices qui l'attendent, tous les affronts qu il va essuyer, ne peuvent l'empêcher d'obéir à la voix de son Père et à celle de son amour pour nous.
0 captivité douloureuse et humiliante pour le Fils de Dieu , source de gloire et de consolation pour ses disciples î 0 liens sacrés , aimables chaînes , quelle joie vous mettrez au cœur des apôtres et des hommes apostoliques , quand ils se verront persécutés , emprisonnés , pour avoir prêché l'Évangile et soutenu les intérêts de Jésus ! Saint Paul ne sépare point ces deux titres : Paul apôtre de Jésus-Christ , et Paul prisonnier de Jésus-Christ; le second lui paraît aussi honorable que le premier. Il s'en lait une recommandation auprès des tidèles : C'est moi qui vous en conjure , moi qui suis captif de Jésus-Christ K.Xaxiev ne se possède pas, quand il pense qu'en entrant dans la Chine, il pourra être jeté dans les fers et y mourir pour son Sauveur.
3" Sacrifice constant et durable. Jésus ne reprend point la liberté qu'il nous a sacrifiée. Son amour pour nous l'a rendu l'esclave de ses cruels ennemis ; son amour le retiendra dans leur dépendance jusqu'à ce qu'il cesse de vivre. Loin de se soustraire à leurs outrages et à leur
' Obsprcri '.11^, PLiri vinr!ii=; in Oomiii'». E/>/i. i. \ . H
fureur, il se laisse dépouiller de ses vêtements, flageller, couronner d'épinçs, attacher à une croix... Il présente ses mains et ses pieds aux clous qui doivent les percer , et il consomme son sacrifice en obéissant jusqu'à la mort. Faites-moi la grâce de comprendre , ô mon Dieu, que le seul moyen d'avancer dans la justice, et d'être entre vos mains l'instrument de votre miséricorde pour le salut des âmes, c'est de me laisser conduire en tout par votre esprit : Ecce alligatus ego spiritu , vado in Jérusalem ; fAct.20.22.) c'est de marcher dans la voie d'une humble et sainte dépendance , et de vous sacrifier ma liberté , comme vous m'avez sacrifié la vôtre.
IP P. Jésus-Christ nous demande le sacrifice de notre liberté... Le sacerdoce n'est qu'une noble servitude. Personne n'est moins à lui que le prêtre. Il est à l'Église ; il est aux âmes, à toutes les âmes, particulièrement à celles que Dieu lui a confiées ; il est aux pécheurs pour les convertir, aux justes pour les diriger... Il doit à tous son temps , ses soins , sa patience , sa vie ; tous ont droit de réclamer ses services dans l'ordre du salut. Il est le serviteur des serviteurs de Jésus-Christ.
Tout chrétien sacrifie au Sauveur sa liberté, en s'attachant à lui par le baptême , mais le prêtre se lie bien davantage , en se donnant à lui pour être son ministre. Et quand , dans la
pratique de ses devoirs , il se laisse guider par le beau motif de la charité , n'envisageant dans tout ce qu'il fait que le désir de plaire à un Maître qu'il aime , il est vraiment , et de la manière la plus excellente , le prisonnier de Jésus- Christ, il ne va plus où il veut; c'est l'esprit de Dieu qui le conduit : Càm esses junior ^ cingebas te, et amhulahas uhi voletas; cùm autem senueris.., à partir du jour où vous vous êtes consacré au Seigneur , alius te cinget, et ducet quo tu non vis. Joan. 21. J8.)
Vous me demandez, ô Jésus, le sacrifice de ma liberté, et vous voulez qu'il soit comme le vôtre , volontaire , entier , qu'il ne se démente jamais ; vous me présentez vos chaînes , afm que je les porte avec vous : votre amour pour moi m'élève au - dessus de toutes mes répugnances. Toujours dépendre , ne s'appartenir jamais , que cela est dur à la nature ! Mais supporter cet assujettissement avec vous et pour vous, que cela est doux au cœur qui vous aime 1 En me donnant des liens , de quels liens funestes me délivrez-vous? Si je n'étais pas votre esclave, je serais l'esclave de mes passions. Soyez béni , ô mon Dieu ! vous avez brisé mes chaînes, je veux porter les vôtres. Je suis à vous, et j'y serai toujours. Accordez cette grâce, donnez cette joie à votre serviteur: Lœtifica anima m servi t\d, qnoniani nd te. Domine, a nimam meatn levavi. (Ps. 8;i.
1er p, Jésus nous fait le sacrifice ds sa liberlf^. Sacrifice volonlaipe. Le Sauveur l'a bien prouvé; ce sont moins les Juifs qui se rendent maîtres de sa personne que lui-même qui se livre. — Sacrifice entier. 11 renfermait tous les autres, qu'il devait consommer dans sa Passion. En sacrifiant sa liberté, il sacrifiait son honneur et sa vie ; il acceptait tous les-outrages et tous les tourments qu'il prévoyait. 0 liens sacrés, aimables chaines, quelle joie vous mettrez au cœur de ses disciples, quand ils seront persécutés!.. — Sacrifice constant et durable. Le Sauveur ne reprend point la liberté qu'il nous a sacrifiée... Accordez-moi , ô mon Dieu , de me laisser toujours conduire par votre esprit et de marcher dans la voie d'une humble dépendance.
Ils P. Jésus-Christ nous demande le même sacrifice. Le prêtre n'est point à lui ; il est moins à lui que le simple chrétien. Il doit tout à Dieu et aux âmes : son temps, sa vie, l'usage de toutes ses facultés, et quand, dans tout ce quil fait ou souffre, il n"envisage que le désir d'obéir à un maître qu'il aime , il est de la manière la plus excellente le prisonnier de Jésus- Christ. Mon Dieu, vous me donnez des chaînes; mais aussi de quelles funestes chaines me délivrez-vous? Si je n'étais votre esclave, je serais l'esclave de mes passions... Yous avez rompu mes liens, je veux porter les vôtres !..