VARIETES CRISTALLINES
Modifications sur les arêtes : jrV«, ^*, j*, 6Vi, 6*, c*/«. — sur les angles : a*; al**
1. Bournonite émarginée, pmt g^ f^l\ fig. Ss, pL 20. Table rectangulaire dont toutes les arêtes sont tronquées, g^ sur m = ï36°5o'; g^ sur / (au-dessus de m)= 93**4o*; 6*/« sur 6V« (audessus de m) = 87°8'; cV« sur c^t = 9603 1'; fcV» sur m = 1 33<>34'; cV« sur ? = i38°i5'. — Cristaux de Braunsdorf; en Saxe, et de Kapnick, en Transylvanie.
2. La même, dans laquelle les faces 6Vs sont doublées ou remplacées par les faces 6S lesquelles forment un prisme borizontal de lag^g*.
3. Bournonite époiniée. En cristaux tabulaires, semblables à la forme primitive, ou à l'une des formes précédentes, et dans lesquelles les angles solides du prisme rectangulaire sont tronqués^ soit par les faces a*, soit par les faces a^t. Nous avons donné ci-dessus les valeurs des angles dièdres de l'octaèdre provenant de la modification aS la loi al* donne naissance pareillement à un octaèdre rbombotîdal, dont les angles ont pour mesures : ii4®i4'; 1 15**2'; et 1 09** 16. — Du Cornouailles. — De Neudorf^ dans le Harz.
4. Aux variétés précédentes s'ajoutent encore quelquefois les
feces verticales ^Vs, g*^ qui donnent lieu à deux prismes rbom» boïdaux, pour lesquels on a : g^l* sur g^l* = 1 29**45*, et g^ sur g^ *== 54^4^'* — ^e Huel Boys, paroisse d'Endellion, et de Redruth, en Cornouailles.
Souvent les variétés tabulaires se groupent deux à deux, avec pénétration et croisement; le plan de jonction est parallèle à une face ^^, et l'axe de révolution perpendiculaire à cette môme face. Les axes des deux individus se croisent Tun l'autre sous les angles de 93^4^'^ et de 86^20'. Le groupement peut se répéter un grand nombre de fois, les plans de jonction restant parallèles à eux-mêmes : ce qui produit, particulièrement sur les faces a^ et p^, des stries dont l'examen sert à foire reconnaître la véritable position des âéments du groupe.
La bourDonite se rencontre aussi sous la forme de grains on de petits cristaux irréguliers, disséminés, et à Tëtat aaiorpbe ou compacte. Elle est sujette à une altération superficielle, qui coavre ses cristaux de stibiconise ou ocre d'antimoine et de cuivre carbonate vert.
Gisements et usages, -— Cette su))Stance est une matière de filons^ qui se trouve particulièrement dans les gîtes de plomb et de cuivre des terrains de scbiste et de gransvacke, avec la galène, la stibine, la blende, la cbalkopyrite, la panabase, etc. Elle y est accompagnée de quarz, de calcaire, de sidérose, de barytine, etc. Les principales localités où on l'observe sont: dans le Gornouailles^ Nanslo, et la mine d'Huel-Boys, près de Redrutb, paroisse d'Endellione ; dans le Harz, Glausthal et Andreasberg; Meiseberg et Pfaffenberg, près de Neudorf ; Wolfsberg, etc.; en Saxe, Brâunsdorf et Gross-Voigtsberg ; en Tran* sylvanie, Kapnik et Offenbanya; en Hongrie, Neusohl; Brozn), en Piémont ; Servoz, en Savoie \ en France, Âlais, département du Gard, et Barbecot, en Auvergne. Enfin, on Ta trouvée aa Pérou , et à Guanaxuato au Mexique, où elle est associée an cuivre gris, au cuivre sulfuré, à la malachite et au calcaire spathique.
Dans quelques localités, la bournonite est employée, conjointement avec d'autres minerais qui forment la partie principale du gîte métallifère, pour l'extraction du plomb et du cuivre.
APPENDICE
Le minerai d'argent, appelé fFeissgûltigerz clair, que Ton i rangé tantôt avec les galènes argentifères, tantôt avec les fihlerz ou tétraédrites, ne serait, suivant M. Fournet, qu'une bow^ nonite, dans laquelle le sulfure de cuivre serait remplacé pir son isomorphe, le sulfure d'argent. Gelui qu'on trouve à HiinmelsfUrst, près de Freiberg, analysé par Klaprotb, a donné le résultat suivant :
Antimoine 7»88
Soufre I a,a5
Plomb 48»o6
Argent 20,4o
Fer 2,a5
Alumine • • • ^ 7>oo
Silice • OysS
RH0MB1QCB8. 44^
La bournonite est souvent mèlëe intimement avec d'autres tolfares, et ce que Hausmann a appelé Bleifahlerz^ ou fahlerz plambifère du Harz, n'est très-vraisemblablement qu'un pareil mélange. Une variété d'Andreasberg, analysée par Klaproth, a donné les proportions suivantes :
Antimoine i6,oo
Soufre • i3,5o
Plomb 34>5o
Cuivre i6,a5
Fer i3>7S
Argent 2,a5
9« Espèce. Fbbib«i.^bbiiite (Haidinger).
SyD. : Antimoine sulfuré plumbo-argentifère , Haûy; Argent sulfuré antimonifère et plumbifére, Lévy et Dufrénoy; Schilfglaserx , Freiesleben et HansmaDD.
Ce minéral a été décrit anciennement par Rome de l'Isle sous le nom de mine d'antùnoine grise tenant argent {Cristalbgraphie^ tome 111, p. 54)> et comme venant de là mine de Himmelsfiirst i Freiberg en Saxe ; il a été étudié ensuite par Freiesleben^ Phil* lips, Hausmann, etc., et le premier de ces minéralogistes lui a donné le nom de SchUfglaserzy à cause de la forme de ses cristaux, qui sont cannelés ou striés longitudinalement, à la manière des roseaux.
Caractères essentiels.
Composition chimique : (Pb, Ag)'^b. Semblable à celle de la bournonite, et n'en différant que par la substitution de l'argent au cuivre.
Forme fondamentale : Prisme droit rbombique de 99°4S\ ^^"s lequel le rapport de l'un des côtés de la base à la bauteur est à peu près celui des nombres 3 et i . Des clivages très-nets ont lieu parallèlement aux faces ni, m de ce prisme. D^autres clivages non moins parfaits répondent aux pans d'un second prisme vertical A% dans lequel h* sur h* s 1 18°36'; et enfin, det traces de
clivage s^observent encore parallèlement aux faces d'un dôme horizontal é^ dans lequel e^ sur e^ = i3o^i8'.
Nous admettons ici la détermination cristallographique de Phillips et de Hausmann, en même temps que la formule admise par G. Rose, qui n'est qu'une simplification de celle qui avait été proposée par Wohler; d'après la formule chimique donnée ci-dessus, la Freieslëbenite ne serait qu'une bournonite argentifère. Mais nous devons avertir que ces deux déterminations de9 caractères fondamentaux de l'espèce sont loin d'être adoptées par tous les minéralogistes, et que MM. Naumann et Dana maintiennent comme exacte la formule de Wohler, quelque compliquée qu'elle nous paraisse, et rapportent avec M. Miller les formes du Schilfglaserz à un prisme klinorhombique de 1 19°! 2', dont la base est inclinée à l'axe de 87^4^'*
Caractères distinctifs.
Géométriques. — Les cristaux de Freieslëbenite sont des prismes aplatis parallèlement à la face /i^, située en avant, et formel par les plans de la zûne principale /i\/i*,/t',m; ils sont terminés par les faces d'une autre zone parallèle à la petite diagonale, et
composée de plusieurs dûmes ou prismes horizontaux^ a^, e /*,etn., placés sur les arêtes longitudinales aiguës du prisme fondamental m, m. Incidence de It^ sur h^ = i i8°36'; de m sur /i*=i70°4a'î de e^ sur e^= i3o°8\ — Dans quelques cristaux, il existe nne
facette a 'h placée sur les angles obtus de la base. La plupart des cristaux sont profondément cannelés, parallèlement à Taie vertical, qui est en même temps la direction suivant laquelle ib s^allongent le plus ordinairement.
Physiques. — Densité = 6, 19.. ..6,38. — Dureté = 3.. ..2,5. Ce minéral est fragile ; sa cassure est inégale ou l^èrement conchoïde ; il est opaque, d'un aspect métallique, et d'une coaleur intermédiaire entre le gris d'acier et le gris de plomb noirâtre.
Chimiques. — Au chalumeau et sur le charbon, il forme aatour de la matière d'essai une auréole composée d'oxyde bhmc d'antimoine et d'oxyde jaune de plomb ; on obtient ensuite un globule d'argent, qui, traité avec le borax, produit quelquefob les réactions du cuivre. Une variété de Ratiborschitz en. Bohème contient do bismuth, selon M. Zincken.
RHOMBIQI7B8. 44^
Analyse du Schilfglaserz, de la mine de Himmelsfiirst, par Wôhler :
Argent 22,93
Plomb , . . 30,27
Fer des traces.
Cuivre id.
Antimoine 27,38
Soufre '8,74
C'est celte composition que M. Wohler a cru pouvoir repré-
senter par la formule : (Ag* -S^b + 2 Pb'^b) + (Ag* ^b + Pb ^b).
LaFreieslëbenite ou Schilfglaserz est au nombre des minerais les plus rares que Ton connaisse. Elle a été trouvée dans la mine de Himmelsftirst, à Freiberg en Saxe, avec le fer spathique, l'argyrose, la galène et la blende, sur gangue quarzeuse, dans un filon traversant le gneiss. — On a rapporté à cette espèce de petits cristaux prismatiques et cannelés, qui viennent de Kapnik, en Transylvanie. On la cite encore à Ratiborscbitz en Bobéme, et à Hiendelencina en Espagne.
Remarque, — Les cristaux de la variété analysée par Wôbler, ont été étudiés par Hausmann^ et décrits par lui comme des prismes droits de 91°, avec un autre prisme de 68**, placé sur les arêtes longitudinales aiguës du premier; ce savant admet que ces cristaux s'accordent avec ceux que Phillips a mesurés, en ce que les angles des uns peuvent se ramener à ceux des autres. Mais, suivant G. Rose, cette réduction ne s'obtient qu'à l'aide de lois si compliquées, qu'il regarde comme peu vraisemblable la concordance des deux déterminations. Il croit donc qu'elles ne se rapportent pas à des cristaux de même espèce; que le prisme de 91° de Hausmann appartient bien au Schilfglaserz de Freiesleben, avec la densité 6,19; mais que le prisme de 100^, de Phillips, avec plusieurs prismes horizontaux placés sur les arêtes aiguës du premier, et dont un est de 1 3o^8', appartient à un autre minéral, qui serait selon lui le Uchtes Weissgil' tigerz de Werner, dont la densité est de 5,4^^ et qu'on trouve dans la mine Hoffnung Gottes, à Freiberg. La composition de ce dernier minerai peut être représentée, soit par la formule
R'-S-b (auquel cas ce serait une polybasite avec une proportion
I III double d'acide), soit par la formule plus simple R^ -S-b, et alors
il faudrait voir en lui un argent gris plumbiférei un BleifoUen, de même formule que les autres fahlerz, mais avec une forme cristalline différente.
10« Espèce. Nadelbez (Weraer et Mohs).
Syû. : Bismuth sulfuré plumbo-cuprifére, Haûy et Beudant; PairinUe, Haidinger ; Jikinite, Chapman et Dana ; Acicvlite, Nicol ; BéUmite, Glocker.
Cette substance a été regardée d'abord comme un minerai de cbrome, et placée par Werner dans son genre Chrome. Ce minéralogiste prenait l'enduit verdâtre dont elle est souvent recouverte, pour de Toxyde cbromique. Patrin Fa considérée le premier comme un sulfure de bismuth; John et Frick ont prouvé par leurs analyses que ses parties composantes sont : le soufre, le bismuth, le plomb et le cuivre. D'après ces analyses, le Nadelerz ne serait qu'une bournonite, dans laquelle l'antimoine aurait été remplacé totalement par un des métaux qui lui sont isomorphes, le bismuth. La cristallisation du Nadelen, déterminée d'une manière encore incomplète, ne s'oppose pas à ce que Ton admette la réalité de cet isomorphisme^ quoique ses habitudes de con6guration soient très-éloignées de celles de h bouruonite, puisqu'elle s'offre toujours eu longues aiguilles prismatiques, généralement assez minces, et non sous la forme de tables rectangulaires, plus ou moins épaisses.
Caractères essentiels.