‹ Nouveau cours de minéralogie, comprenant la description de toutes les espèces minérales avec leur applications directes aux arts (volume 2)Chapitre 89 sur 120 · Smaldne fibreuse radiée, A Schneeberg, en Saxe · texte numérisé non relu

Smaldne fibreuse radiée, A Schneeberg, en Saxe

4. Smabine amorphe. En masses légèremeut mamelonnées à Il surface, quelquefois Bnement grenues, et le plus souvent compactes à rintérieur.

VARléTÉS DE MÉLANOES.

Smabine ferrjfère (gprau-ipeiskobalt) ;

Smaltine nickéUfère;

SmaUine bismuUdfère (Wismuth-kobaltkies^ de Kersten). .

Gisements et usages. — La smaltine se rencontre dans certains gites métallifères, et notamment dans ceux d'argent sulfuré et de cuivre pyriteux. Elle abonde surtout dans les terrains de cristallisation, tant g[ranitiques que schisteux. Elle y est accompagnée souvent de certains produits qui proviennent de sa décomposition, tels que Tarséniate de cobalt terreux, et le cobalt oxydé Doir, et de plusieurs autres minerais, comme le kupfernickel, le bismuth natif, Tarsenic natif, la galène, et l'argent sulfuré. Les minéraux pierreux qui lui servent de gangue sont : le sulfate de baryte, le calcaire spatbique, la dolomie, le fer spathique, la Duorine^ le quarz hyalin et le siVsi. corné. On le trouve à Andreasberg, au Harz; à Schneeberg, Annaberg et autres localités de la Saxe; à Joachimsthal, en Bohême; à Rlechelsdorf, en Hesao; àBieber, dans le Hanau; à Dobschau, en Hongrie; à Wittichen, en Souabe ; et en France, à Sainte-Marie dans les Vosges, à Allemont en Dauphiné, et dans les vallées de Luchon et de Gistan, de la chaîne des Pyrénées.

La smaltine est le principal des minerais de cobalt : c'est jda moins le plus abondant. Il existe encore 'deux autres minerais, que nous décrirons bientôt, et dont l'un (le sulfure simple de Cobalt) est beaucoup trop rare pour être mis au nombre des [Dînerais utiles, et dont Vautre est un arseni-sulfure de cobalt la cobaltine ou le cobalt gris). Cest de la smaltine et de la co- >altine que Ton extrait le cobalt, ou plutôt, c'est avec ces deux substances que l'on prépare l'oxyde de cobalt, le seul produit imployé dans les arts, car jusqu'à présent le cobalt métallique sst resté sans usages.

Le cobalt^ obtenu à l'état de pureté dans les laboratoires, est un métal d'un gris blanchâtre, qui a de grandes analogies avec le fer et le nickel. Il passe pour être, comme eux, doué do magnétisme : cependant cette propriété y est beaucoup moins sensible, et quelques savants même ont^uté qu'elle fftjt réelle, en

3lO ARSÉNlUHESj ANTIM0N1URE8

se basaot sur ce fait, que le cobalt n'exerce pas d'action notable sur Taiguille aimantëe, quand il ne renferme plus de traces de fer ni de nickel : une petite quantité d'arsenic suffit d'ailleurs pour lui faire perdre cette propriété. Comme ces derniers métaux aussi, le cobalt forme plusieurs combinaisons avec le soufre et l'arsenic, et se rencontre avec eux dans presque toutes les pierres météoriques. On le trouve encore, mais plus rarement, à l'état d'oxyde, d'arséniate et de sulfate. Comme le cobalt n'est jamais employé dans les arts à l'état métallique, on ne le prépare qu'eu petit dans les laboratoires, et seulement pour les besoins des expériences scientifiques. C'est un métal peu éclatant, cassant, et facile à pulvériaer, difficilement fusible, et ne se volatilisant à aucune température. Sa pesanteur spécifique est de 8,3. Il est soluble avec effervescence dans l'acide azotique, et son oxyde colore en bleu d'azur le verre de borax.

L'oxyde qu'on retire des minerais de cobalt, en les grillant, pour les priver du soufre et de Tarsenic, est connu sous le nom de safre : cet oxyde, fondu avec de la silice et de la potasse, donne un verre bleu, appelé smalt^ qu'on pulvérise pour former la substance nommée bleu cCazur, ou bleu de cobalt, et qui est employée dans la coloration des pierres artificielles et dans la peinture sur porcelaine. On se sert aussi de l'oxyde de cobalt pour colorer l'amidon en bleu, pour débarrasser le papier de sa nuance jaune, et pour former le bleu de Thénard^ qui est un aliuninate de cobalt mêlé d'un peu de pbospbate.On ne peut pas employer le smalt dans la peinture à l'buile, parce qu'il ne se délaie pas dans ce liquide : le bleu de Thénard n'a pas cet inconvénient. Enfin^ on fait avec l'oxyde de cobalt dissons dans l'eau rég;ale, une encre sympathique très-curieuse, en ce que les caractères tracés avec cette encre disparaissent par le refroidissement, et redeviennent sensibles et d'une belle couleur bleu-verdâtre par l'action de la chaleur.

10* Espèce. SKirrrÉBUDrrE (Haidin^er).

Syo. : Tesseralkies, Breithaupt; VartkobaUerz, Hausmann; ArtefdkkoMUr kies, Scheerer; Modumiie, Nicol. Triarséniure de cobalt.

Ce minéral, trouvé à Skuttérud, près de Modum, en Norwège, a les plus grands rapports avec la smaltine : il n'en diffère que par sa composition atomique, et par un degré de dureté plus considérable. D'après les analyses de Scheerer et de Wôhler^ ce

;.l iri-arséniure de cobalt^ Co As^ contenant: cobalt 29,^4

ùc 79,26. Tandis que la smaltine ne présente à Tëtat

iil que des traces de clivag;es à peine sensibles, la skutté-

s offre un clivàg;e cubique parfaitement distinct. Sa duretë

Q jusqu'à 6; sa densité est de 6,8. Son éclat métallique est

rononcé ; sa couleur varie entre le blanc d'étain et le gris

3mb clair. Chauffé dans le petit matras de verre, il donne

blimé d'arsenic métallique, ce qui n'a pas lieu avec U

ine.

alyses de la skuttérudite :

Par Scheerer. Par Woliler.

Cobalt 20,01 1^5

Fer 1,5 1 i,3

Arsenic 77rS4 79>^

Soufre 0,69 o,Oé M

»•# espèce se rencontre avec le cobalt gris dans un gîte re du terrain de micaschiste, à Skuttérud, paroisse de iiu, en Norwège. Il sert^ conjointement avec là cobaltine smaltine, à la préparation du bleu de cobalt.

11« Espèce. Altaite (Haidioger).

Syn. : TeUurure de plomb; Telkjfr^ibitg.^* Rose.

Caractère essmtiels.

Composition définie : Te Pb; ou, en ppids : Te == 38,36,

Forme fondamentale : Le cube.

Caractères distimtifs.

oiMÉTRïQUES. — Cc minéral n'a encore été observé qu'eÀ ;s clivables dans trois directions l'ectangukired, et le pMs jat en masses grenues ou compactes, à cassure inégale : les

iont peu distincts.

[TES. — Densité: 8,16; dureté, 3 à 3,5. — Tendre et I à diviser. — Faciès : éclat métallique ; couleur d'un blase n tirant un peu sur le jaunâtre.

INIQUES. — Colorant en bleu la flamme du cbaluoMaii;

le à la flamme de réduction, en répf||:idaat des vapeurs, et

it par 36 réduire en un peut gifain d'arjpBnt. AMtouv de J4

3ll ÀRSÉNIURES, ANTIMONIURES

matière d'essai, il se forme un anneau d'un gris métallique, et plus loin une auréole d'un jaune brunâtre. Dans le tube ouvert, on obtient un sublimé blanc d'oxyde tellurique, qu'on peut fondre ensuite en gouttelettes limpides.

Attaquable par l'acide azotique; la solution précipite du sulfate de plomb par l'acide sulfurique.

Analyse de l'altaïte, par G. Rose :

Tellure % 38,37

Plomb 60,35

Argent • 1,28

C'est donc du tellurure de plomb^ mêlé d'une petite quantité de tellurure d'argent.

L'altaïte ou tellurure plombique se trouve en petites quantités, et associé au tellure argental, dans la mine de Sawodinskyi monts Altaï; ces deux substances y sont en petits filons, arec b pyrite, dans un stéaschiste.

12« Espèce. Hbisitb (Frôbel et Dana).

Syn. : Petxite, Haidinger; Tellursilber, G, Rose; Tellure argental;

Tetturure d*argent, des chimistes.

Caractères essentiels.

Cotnposition chimique : Ag Te; ou en poids ; Ag 62,77, ^ Te 37,^3.

Forme primitive :Le cube, suivant M. G. Rose; un rhomboèdre voisin du cube^ selon M. Hess; et un prisme rho m bique, 86101»- MM. Petz et Kenngott.

Caractères distinctifs.

Géométriques. — La cristallisation de cette espèce n'eat encore connue avec exactitude. Selon M. Hess, on rauraif. Crou vée en Sibérie, sous la forme de petits rbomboèdrea voiains diMcube. M. Petz, au contraire, a cru remarquer sur des échantillons venant de Nagyag, des cristaux ayant Tapparence de prisme rhomboïdaux. On ne cite aucun indice de clivage.

Physiques. — Densité, de 8,5 à 8,7. — Dureté, de 3 à 3,5. — Ductile, mais moins que l'argent sulfuré. — Eclat métallique;

AOÉLOMORPHES. 3 1 3

ooaleur intermédiaire entre le f^ris de plomb et le gris d'acier, pissant quelquefois au noir de fer (variété de Nagyag).

Chimiques. — Fusible au chalumeau en une boule noire, à la lace cte laquelle il se forme, par le refroidissement, des points

ncs «t des dendrites d'argent, surtout quand on le fond dans

Sam me intérieure. Fusible dans le petit mat ras, en colorant en jaune la partie du verre avec laquelle il est en contact. Dans le tube ouvert, il donne un sublimé blanc d'oxyde, susceptible d'être fondu en gouttelettes limpides. Il est réductible par la loude, et soluble dans Facide azotique.

Analyses :

De la variété de SUISille, De celle de Nagyag,

par 6. Rose. par Peti.

Tellure. . 36,96 . . 36,89 Tellure. . 37,76 . . 34,98 Argent. . 62,42 . . 62,32 Argent. . 61,55 . . 46,76 Fer. . . . 0,24 . . 0,50 Or. ... 0,69 .. 18,26

VARIETES

Le tellure argental se rencontre en petites masses grenues» Ibrmantdes nids ou des veines, dans un stéaschiste gris-verdâtre, avec le tellurure de plouih, la clialkopyrite, la pyrite et la blende, dans la mine de Sawodinsky, monts Altaï, et dans les mines de Kolywan, en Sibérie. On le trouve aussi en petites masses disséminées dans un quarz gris, ou dans un diorite porpbyroïde, avec la diallogite et les autres minerais de tellure aurifères à Nagyig, en Transylvanie. La seconde des variétés analysées par M. Petz, et qui lui a donné i8 pour cent d'or, diffère des autres lar un éclat plus vif, une couleur plus sombre, une dureté et

e pesanteur spécifique plus considérables.

IV* Tribu. Aoélomorphes.

Dans cette tribu provisoire, nous plaçons les substances qui, d'après leur composition chimique^ appartiennent à FOrdrcque nous décrivons en ce mouient, mais dont le système cristallin resle encore indéterminé. Nous nous contenterons de les faire connaître rapidement, en les rangeant dans Tordre purement alphabétique.

j. iCondurrite^ Faraday. Minéral trouvé dans la mine de Con-

3l4 ARSÉNIURES, ANTIMONIURSS iJ>éL0M0BPBV8.

durrow, près Helstone en Cornouailles, où il forme ,de petits rognons ou de petites masses batryoïdes, disséminés dans i^ partie argileuse du filon. Ces rognons, à cassure compacte et çonchoïdale, sont très-tendres, d'une densité égale àJ^^^Spls sont d'un noir-bleuâtre extérieurement, et ont dans la cassure

Faspect brillant de certains minerais de manganèse, ils prennent un certain poli sous la pression de l'ongle. D'après les nombreuses analyses de Blytb^ et l'ancienne analyse de Faraday» cette substance ne serait qu'une variété de la domcykite, c'està-dire de Tarséniure de cuivre ^u' As', mélangée à sa sorfiice d'une certaine quantité d'arsénite de cuivre hydraté,' provenant d'un commencement de décomposition, La partie encore Intacte, ou le minerai essentiel^ aurait pour composition normale^ celle qui répond à la formule précédente, ou serait formée de cuivre 71,7 et arsenic 28,3.

2. Domeykitey Haidinger ; Arsenkupfer^ Zinc^en ; Weisskupfer, Hausmann. Arséniure de cuivre, de la formule •G-u'As^ En masses nodulaires et botryoïdes, comme le minéral précédent, et aussi à l'état compacte et disséminé. Ce minerai est cassant et d'une dureté = 3,5 ; sa densité n'est pas encore connue. 11 ett d'un blanc d'étain ou d'argent, passant à la surface à des teiitfei jaunes ou irisées. Il est composé, d'après les analyses de DomeytO) de 71,7 de cuivre et de 28,3 d'arsenic. Sous Faction du chalih meau, il fond aisément, en répandant une forte odeur d'arseitic L'acide chlorhydrique ne l'attaque pas.

La domevkite se rencontre, avec le cuivre rouge et Farséniate de cuivre, dans des filons traversant des roches porphyriques, à Calabazo^ dans la province de Coquimbo au Chili. On la tj^nre aussi dans les filons argentif&res de San-Antonio, près dé Copiapo, associée intimement au cuivre panaché^ et accompagnée de calcaire^ de cuivre et d'argent natif, de polybasite, etc. Eufifi; elle existe aussi dans le Cornouailles, à la mine de Conduirov (variété dite condurrité), et dans celle de Huel Druid, près <k Redruth.

3. Kanéite, Haidinger. Manganèse arsenical; arséniure de manganèse Mn As, composé, d'après une analyse de Kane, Je manganèse 45,4 ^t arsenic 07,6. Ce savant a découvert. ce minéral parmi des échantillons provenant des mines de Saxeî il était adhérent à la galène, et à l'état de masse amorphe, on botryoïde, avec un aspect métallique et une couleur grise. U est dur et cassant^ et d'une densité de 5,5. Au chaimacaUp ■

rûie d'abord avec une flamme bleue et tombe en ppiifsière. A ne température plus ëlerëe, il répand des fumées arsenicales et ouvre le charbon d'une auréole blanche d'acide ar^ënieux. U e dissout dans Feau régale, sans laisser de résidu.

4* Plakodine, Breithaupt. La substance connue sous ce nom, stqod d'après L'analyse de Plattncr, serait un arséniure de nickel ik b formule Ni' As, n'est qu'un produit de fourneaux, cotnme r^frétabli les observations de Schnabel et de G. Rose.

UI'^ Ordre. Groupe des SULFURES et SÉLÉNIURES

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