ÉLECTRICITÉ ET MAGNÉTISME
ftous ferons observer toutefois que, si ce|te circonstance semble être une condition, sineqvâ non^ de la production du phénomène, elle ne paratt pas suffire^ pour le déterminer, et qu'il faut ici, comme dans d'autres cas où se manifestent les propriétés électriques, ajouter comme condition nouvelle, que le minéral soit une substance isolante. Ainsi , la polarité électrique ne s'est point encore rencontrée dans les, cristaux du cuivre gris, ni de Ja pharmacosidérîte. On pourrait tout au plus la soupçonner dans les minéraux tétraédriques, qui, comme la blende et l'helvine , sont situés pour ainsi dire à la limite .qui sépare les substances vitreuses des substances métalliques*
La pyroélectricité de la tourmaline et l'hémiédrie polaire qui l'accompagne, s'expliquent avec la même facilité. On a vu, page j4î>, que, pour rendre raison de tous les faits particuliers qui caractérisent la cristallisation de cette substance, il suffirait d'admettre pour forme représentative de la molécule, ou d.u moins pour type de sa symétrie, un tétraèdre trigonal ou pyramide droite a base triangulaire équilaiérale (fig. 5i, pi. IH). La structure de la tourmaline offre donc aine certaine analogie avec celle de l'espèce dont nous venons de parler : car elle offre, à l'égard des substances rbomboédriques ordinaires, une hémiédrie de même. genre que celle de la boracite, relativement aux substances cubiques proprement dites. Seulement, cette hémiédrie «polaire se borne ici à un seul axe (l'axe principal) , au lieu de s'étendre à quatre axes égaux, comme celle de l'autre espèce. La seule différence qpi existe donc entre les deux substances, c'est que Tune offre, dans quatre directions différentes, la répétition exacte de ce qui fr'a lieu pour l'autre que dans une seule direction.
L'hydro-siliçate de zinc, substance du système brtborhpmbique, présente , lorsqu'on l'a chauffé légèrement, un seul £xe électrique, qui se confond avec l'un des axes de cristallisation : on voit souvent à Tune des extrémités de cet axe un sommet. à quatre faces d'octaèdre à base rhombe, tandis .qu'à l'autre sommet est un simple dôme, ou demi-prisme horizontal. La scolésite, autre espèce de silicate hydraté, possède aussi un axe électrique ; foxinite en a deux.
Avant d'aller plus loin, je dois faire connaître les principaux résultats que l'observation a fournis aux physiciens qui ont étudié «eue curieuse propriété. M. Becquerel* reconnu qufeUe ne se manifeste qu'jwsajftt^^iaajrfwtsmct esidhsMÉfée du <refai-
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die uniformément; et ce n'est que pendant que la température change, pendant qu'elle croit ou décroît, que les signes d'électricité apparaissent. Ils disparaissent aussitôt que la température devient stationnaire. Si, après avoir éleclrisé le cristal par échauffement et noté la position des pôles, on vient à l'électriser par refroidissement, on reconnaît que les pôles sont renversés, c'est-à-dire que le sommet, qui dans le premier cas était occupé par le pôle positif, présente le pôle négatif dans le second cas, et réciproquement. Supposons, par exemple, une aiguille de tourmaline, dont les deux extrémités soient marquées des lettres À et B : représentons par T la température variable par laquelle elle passe, quand elle donne des signes d'électricité, et pour indiquer le sens de la variation de cette température, mettons le signe + , ou le signe — devant la lettre T, suivant que la température sera croissante ou décroissante. Si, avec + T, on obtient +A et — B, avec — T on aura — A et +B; d'où, l'on voit que l'une des extrémités A est toujours d'accord, et l'autre B toujours en désaccord, par le signe de l'électricité qu'elle prend, avec celui qui indique la marche de la température. Il existe donc une certaine relation constante entre la nature des sommets* celle des pôles, et le mouvement de la chaleur. Le sommet A est toujours occupé par un pôle qu'on peut appeler analogue, et le sommet B par un pôle qu'on peut désigner par le nom tfcuuilogue. MM. G. Rose et Riess, à qui l'on doit cette remarque, ont reconnu que généralement le pôle analogue résidait dans celui des sommets où les faces du rhomboèdre primitif (le rhomboèdre de i33°) reposent sur celles du prisme trigonal hémiédrique (i). Il suffit d'indiquer la position de ce pôle dans le cristal, pour qu'on puisse conclure de cette seule donnée toutes les autres particularités du phénomène.
On constate aisément la pyro-électricité des tourmalines, en les électrisant par refroidissement. Pour cela, on les chauffe à la flamme de l'alcool, puis, les éloignant du feu, on les laisse revenir à la température ordinaire. C'est pendant ce retour qu'elles agissent sur les électroscopes. Haiïy, à l'aide d'un petit appareil très-simple qu'il avait imaginé, faisait concourir les actions mutuelles de deux aiguilles de tourmaline à la manifestation de leurs propriétés électriques. Ce petit appareil se com- ' J3osè de deux pièces, mobiles l'une sur l'autre : la partie mobile
(I) Voyei le Mémoire sur les propriétés pyro- électriques dés mméremx, par MM. Riess «t Q. Rom; innotet de Poggmuhr^^me UX, p. 353.