ET DES MOYENS DE LA FORMULER
Nous avons vu que le caractère essentiel des espèces minérales réside dans leur molécule physique) laquelle s'identifie avec la molécule chimique, ou bien en est un multiple. C'est donc, avant tout, de la différence des molécules chimiques que dérive celle des minéraux eux-mêmes. Or, à quoi peut tenir la diversité de ces dernières molécules? elle provient en général de ce qu'elles ont une composition élémentaire différente, que l'observation nous fait reconnaître. Cette composition peut être considérée et étudiée sous trois rapports : i° sous le rapport de la na- • yire ou qualité particulière des éléments ou atomes composants, et de là résulte ce que l'on appelle la composition chimique .qualitative ; a° sous le rapport des quantités relatives de ces mêmes éléments (composition quantitative) ; 3° sous le rapport du type spécial de la combinaison, résultant du nombre réel et de la position respective de chaque sorte d'atomes; ces deux conditions déterminant nécessairement un type moléculaire, qui a sa forme et sa structure propres : c'est ce que nous désignerons par le nom de composition typique.
5 i. Composition qualitative»
En soumettant aux divers agents de la chimie tous les minéraux connus, les chimistes en ont retiré par l'analyse une soixan-
laine de substances différentes que, dans l'état actuel de la science» ils considèrent comme autant de corps simples, et qui sont pour le naturaliste les éléments du règne inorganique. Ces éléments se partagent d'abord en deux classes : les éléments non métalliques (ou les gazotyles), et les éléments métalliques (ou les métaux). Les premiers sont au nombre de treize : l'hydrogène, l'oxygène, le soufre, le sélénium, le chlore, le fluor, l'iode, le brome, l'azote, le phosphore, le carbone , le bore et le silicium. On y ajoute quelquefois l'arsenic et le tellure, qui ont une apparence semi-métallique. Ces corps ne forment point de bases salifiables en se combinant avec l'oxygène ; en s'unissant à l'oxygène ou à l'hydrogène, ils produisent souvent des combinaisons gazeuses, neutres ou acides.
Les corps simples métalliques, ou les métaux, ont pour caractères d'être généralement opaquee, doués de Péctst métallique, et plus ou moins bons conducteur» de la chaleur et de l'électricité. Tous sont solides à la température ordinaire (le mercure excepté). Ils se subdivisent assez naturellement en deux groupes, dont l'un comprend les métaux légers (métaux hétéropsides de Haiïy), qui, à raison de leur grande affinité pour l'oxygène, ne s'offrent jamais d'eux-mêmes avec le brillant métallique, dont les oxydes sont difficiles à réduire, et qui ne peuvent être maintenus qu'avec peine à l'état de métal. Ces métaux ont une densité au-dessous de cinq, et pour le plus grand nombre même inférieure à un. L'autre groupe comprend les métaux lourds ou métaux proprement dits (métaux autopsides de Haùy), qui ont une pesanteur spécifique au-dessus de cinq, et souvent même bien supérieure à ce nombre, dont les oxydes sont plus ou moinft * facilement réductibles par la chaleur seule, ou avec le secours du charbon; qui peuvent prendre un 'beau podi et un vif éclat; enfin, qui se présentent à l'état métallique dans la nature, ou peuvent être facilement ramenés à cet état. Ils sont connus depuis longtemps pour la plupart, et ce sont les seuls qu'on puisse employer dans les arts et dans l'industrie.
Parmi les métaux légers, on distingue les métaux alcalins, savoir : le potassium, le sodium, le lithium, le baryum, le strontium et le calcium ; et les métaux terreux, qui sont : le magnésium , l'yUrium, le glucrani , l'aluminium , le silicium , le zirconium et le lanthane.
Les métaux lourds sont : le thorium , le titane , le tantafe, le tungstène, le molybdène , le vanadium, le chrome, le manga-
COMPOSITION DM MJtfKftAUX. 4 69
nèse, l'urane, le cérium, l'arsenic, l'antimoine, le tellure, le bismuth, le zinc, le cadmium , rétain, le plomb, le fer, le cobalt, le nickel, le cuivre, l'argent, le mercure, l'or, le platine, le palladium, le rhodium, l'iridium et l'osmium, auxquels il faut ajouter quelques métaux récemment découverts, et encore peu connus : le didymium , l'erbium , le te rbium , le niobium et le pelopium.
Mous venons de nommer tous, les éléments dont se composent les minéraux, et auxquels on est toujours ramené par l'analyse clûmique. Ils ne se présentent pas toujours combinés les uns avec les autres. Il en est qui constituent à eux seuls des minéraux, et ceux-ci par conséquent les offrent à l'état libre, ou, comme on dit en minéralogie, à l'état natif. Mais le plus souvent on les trouve combinés entre eux, parce que, dans le nombre, il s'en trouve quelques-uns qui ont une grande tendance à s'unir avec les autres pour former ce qu'on nomme des composés binaires. Ces principes éminemment actifs sont appelés des principes minéralisateurs, ou des éléments électro-négatifs; et l'on donne le nom de bases, de radicaux ou d'éléments électro-positifs aux autres éléments avec lesquels on les trouve presque toujours combinés. Les éléments minéralisateursou électronégatifs, sont: l'oxygène, le soufre, l'arsenic, le tellure, le chlore, le fluor, etc. Les composés binaires, formés par l'oxygène, et qu'on nomme oxydes, sont les plus nombreux : et ils se partagent de même en deux séries : les acides ou composés élecironégatUs, et les bases> ou composés électro-positifs. Les premiers ifont presque point de tendance à se combiner entre eux, mais ils ont la propriété de s'unir avec les hases, pour former avec elle* des composés tertiaires , appelés sels (oxy-sels). U en est de même des composés binaires, auxqueU le soufre donne naissance, et qu'on nomme sulfures : parmi eux, on distingue un petit nombre de sulfures acides (ou sulfides) et de sulfures basiques (ou sulfures proprement dits); et de l'union des premiers avec les seconds* résultent encore des combinaisons ternaires, appelées sutfo-sels. U existe aussi des combinaisons d'un ordre encore plus élevé, comme celles qui résultent de l'union d'un sel avec l'eau (sels hydratés) , ou d'un sel avec un autre sel (sek doubles).