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Ï. TERRAINS PRIMITIFS

ie DGA pe: 3 'érrains des schistes cristallins, ou terrains métamorphiques Les roches schisteuses primitives ont pour base le granite, ét se composent de gneiss, de micaschistes, de schistes talqueux ou chloriteux, et de schistes argileux (phyllades et ardoises). Ils ne contiennent en général ni débris organiques, ni fragments de roches plus anciennes, ni caïlloux roulés. On a cru pouvoir conclure de là qu'ils ont été formés avant l’existence des êtres organisés, et avant toutes les catastrophes qui ont bouleversé la surface de la terre, et dont les autres terrains offrent des témoignages si nombreux, et c’est pour cette raison qu’on les a nommés terrains prèmitifs. On leur a donné aussi le nom de terrains uzoïques, c'est-à-dire non fossilifères. Mais ces expressions ne doivent pas être prises dans un sens absolu, car

on a trouvé dans quelques-uns des traces de corps organisés, encore reconnaissables, quoique en partie effacés ; et beaucoup de géologues considèrent maintenant ces roches cristallines, comme d'anciennes roches de sédiment, qui ont été métamorphosées ou altérées dans leur composition et dans leur structure par la chaleur et par des agents chimiques, ce qui leur a fait . perdre les caractères que la sédimentation leur avait primitivement imprimés. De là, le non de roches métamorphiques, par lequel on désigne souvent ces roches schisteuses, auxquelles sont quelquefois subordonnés des bancs de calcaire salin ou saccha- . roiïde.

Il. TERRAINS INTERMÉDIAIRES.

Les terrains intermédiaires sont les premiers terrains de la série des couches fossilifères, et par conséquent Îles terrains primaires à l'égard de cette série, considérée à part et en ellemême. On les a appelés terrains de transition êt aussi terrains palæozoïques. On les trouve toujours au-dessus des terrains primitifs, ou adossés contre eux, lorsque les couches de ceux-ci sont inclinées à horizon. Ils se composent de roches à structure cristalline, de schistes argileux, de grès et de calcaires compactes fins, alternant avec des conglomérats formés de fragments que lon reconnaît pour avoir APOREEE à toutes les roches du groupe primitif. Ils sont caractérisés par un ensemble de fossiles, qui leur est propre, pat une faune et une flore toutes spéciales. Les | calcaires compactes, à teintes nee foncées, fournissent Ja plupart des marbres colorés, qu’on emploie dans la décoration monumentale. Les schistes donnent les ardoises, les pierres à rasoir, les grès et pierres à aiguiser. Enfin, à ces terrains appartiennent les plus grandes masses des combustibles charbonneux, connus sous les noms d’anthracite et de houille. Comme les terrains primitifs auxquels ils 4e lient par en bas, ils sont souvent traversés par des filons métallifères. Les amas de gypse et de sel gemme, autres produits des émanations souterraines, y sont au contraire des plus rares. Ces terrains ont été appelés intermédiaires, où de transition, parce qu'à raison de leur composition et de leurs caractères, ils forment comme le passage des anciens terrains primitifs aux terrains secondaires proprement dits.

2° Groupe. Terrain cambrien (ou cumbrien), composé de schistes de couleur noire ou verte (Cumberland, en Angleterre ;

Bretagne, en France), et de calcaires compactes, avec quelques empreintes de fucoïdes, et quelques débris, encore res rares, de polypiers et d’encrines.

3° Groupe. Terrain silurien, composé de grès à gros grains, appelé grauwacke, de schistes, de calcaires, et de marnes schisteuses, riches en fossiles (trilobites). Ce terrain est très-développé en Angleterre (pays de Galles, et Cornouailles), en France (Bretagne et Normandie ; Ardennes), en Belgique, sur les bords du Rhin, et en Allemagne. C’est de ce terrain que proviennent les bonnes ardoises des Ardennes, de l’Anjou, et du pays de Galles. :

4° Groupe. Terrain dévonien, ou terrain du vieux grès rouge. Couches puissantes de grès, colorés en rouge par du péroxyde de fer (Angieterre), avec schistes et calcaires de teintes foncées, et riches en fossiles (poissons; coquilles univalves cloisonnées, telles que nautiles, orthocéras et goniatites; coquilles bivalves de brachiopodes, telles que productus et spirifères). Ce terrain renferme des couches d’anthracite (Sarthe et Maine-et-Loire). On y rapporte la plupart des marbres colorés des Pyrénées et de la Montagne-Noire, qui abondent en orthocératites et en nautiles. |

5° Groupe. Terrain de calcaire carbonifère, appelé aussi en Angleterre, calcaire de montagne, et calcaire métallifére, parce qu'il forme dans ce pays une chaîne dirigée du sud au nord, et qu'il y abonde en minerais de plomb et de zinc. Ce calcaire est ordinairement de couleur bleue ou noirâtre ; il est riche en débris d’encrines et de polypiers. Il est coloré par une matière charbonneuse ou bitumineuse, et renferme quelquefois des masses d’anthracite.

6° Groupe. Terrain houiller, die de couches plus ou moins puissantes d’un grès quarzeux micacé, à ciment argileux, et de couleurs variables, nommé grès houiller, qui renferme des couches de schistes noirs ou d’argiles schisteuses à empreintes végétales, des rognons disséminés de carbonate de fer, et des bancs plus ou moins nombreux de houille. Cette dernière substance toutefois n’existe pas parlout où se rencontre le grès houiller, qui est la roche principale du terrain. Les couches calcaires et marneuses sont rares dans cette formation; cependant il en existe à Edimbourg dans la partie inférieure du terrain, et elles contiennent des restes de poissons remarquables (poissons sauroïdes). Dans les bassins houillers du continent, on

trouve, à la partie supérieure, des couches d’un schiste marno-

bitumineux, contenant aussi des poissons, et qui est parfois inflammable : il sert à préparer une huile pour l'éclairage, qu’on nomme hurle de schiste. :

Les houillères forment tantôt des bassins circonscrits, placés à la file les uns des autres et indépendants : ce sont celles dont

les matériaux ont été déposés dans des lacs d’eau douce (houil-

lères du centre de la France); tantôt elles forment d'immenses et larges zônes, dont les couches offrent plus de continuité et de régularité, et alors elles reposent sur un calcaire marin (le calcaire carbonifére), ce qui indique qu’elles se sont produites sur des plages marines, voisines toutefois des côtes, et par cela même accessibles aux produits des continents (houillères du nord de la France, de la Belgique, et de l'Angleterre}. La flore de ce terraiu est des plus remarquables par sa ressemblance avec les flores insulaires et intertropicales. Elle se compose de feuilles et de tiges gigantesques de fougères, de lycopodes, d’équisétacées, de cycadées et de conifères. Les roches massives, dont les érup-

® tions ont eu lieu à travers le terrain houiller,sont des porphyres,

des trapps et des basaltes.

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