‹ Nouveau cours de minéralogieChapitre 7 sur 166 · Céruse. CPb ; pr. rh. de · texte numérisé non relu

Céruse. CPb ; pr. rh. de

etc.

Û 15. Remarques iichpelles sur les Ordres et les Tribus. — Fusion de plusieurs tribus ou de plusieurs ordres en un seul.

Encore quelques observations relativement aux divisions i intermédiaires, les Ordres et les Tribus. Les espèces isomorphes ne résultent pas seulement de la substitution d’une base à une autre, le principe électro-négatif restant le même, inais aussi de la substitution d’un élément électro-négatif à un autre élément électro-négatif, la base restant la même; et qui plus est, par les les deux genres de substitutions à la fois, comme nous venons de le remarquer dans les sulfures et les séléniures. Si l’on se bornait à placer ces deux genres à la suite l’un de lautre, à cause de l’isomorphisme du soufre et du sélénium, les espèces semblables, séléniure de cuivre, sulfure de cuivre, séléniure d'argent et sulfure d'argent, se trouveraient séparées et beaucoup trop éloignées les unes des autres. de - .

Pour corriger autant que possible le défaut qui provient de l’arrangement en une seule série linéaire, sans ramifications ni anastomoses, on a proposé de fondre en un seul Ordre tous ceux qui, comme les précédents, sont formés par des principes électro-négatifs isomorphes, ce qui permettra de rapprocher et d’entreméler les espèces qui, comme les quatre ci- -dessus mentionnées, posséderont aussi en commun cette même propriété de l’isomorphisme. Ce mode de groupement a été indiqué pa Beudant, dans son Cours élémentaire de Minéralogie (pag. 120;, et réalisé par MM. G. Rose et Dana, dans leurs Systèmes minéralogiques. Nous l’adoptons, à cause des avantages bien marqués qu’il présente. En conséquence, nous formerons autant d'ordres complexes, que nous traiterons comme s'ils étaient des

ordres simples, des groupes suivants, déterminés par l’isomorphisme de leurs éléments négatifs et fondus’en un seul : le groupe des arséniures, antimoniures et tellurures ; le groupe des séléniures et sulfures ; le groupe des chlorures, fluorures, bromures et iodures; le groupe des phosphates et arséniates; le groupe des chromates et vanadates ; le groupe des tungstates et molybdates'; et enfin, celui des titanates et tantalates.

D'un autre côté, si l’on est conduit par l'isomorphisme à Op rer ainsi la fusion de plusieurs ordres en un seul, on est amené par d’autres considérations, tirées de la composition élémentaire, ou des caractères purement extérieurs, à opérer le dédoublement de quelques ordres simples en deux autres, pour subdiviser ensuite chacun de ces ordres partiels en tribus, d’après les systèmes cristallins. On satisfait mieux ainsi aux exigences de la méthode naturelle, et en multipliant les subdivisions, onrend plus facile la détermination de l'espèce, en faisant en sorte qu’elle soit comprise dans des groupes de peu d'étendue. Cest ainsi que le grand ordre des Silicates, le plus considérable de tous ceux que nous offre la classe des P1ERRES, sera partagé en deux : et nous aurons l’ordre des Silicates alumineux, c’est-à-dire . des silicates à base d’alumine ou d’un autre sesquioxyde, pouvant en tenir lieu; et l’ordre des Silicates non alumineux, ou des silicates n’ayant que des protoxydes pour base. De mème, le grand ordre des Sulfures, le plus étendu de tous ceux que renferme la classe des Méraux, sera divisé en deux : l’ordre des Sulfures simples, et l’ordre des Sulfures multiples. Enfin, l'ordre des He se subdivisera pareillement en deux autres ordres, d'après les différences de l’aspect extérieur : celui des Oxydes métalliques, et celui des Oxydes terreux ou d’aspect lithoïde. On se souvient de la distinction que nous avons déjà faite entre les oxydes métalliques proprement dits (les oxydes des métaux lourds ou métaux usuels) et les oxydes terreur, distinction analogue à celle que Haüy avait introduite sous les noms de métaux autopsides, et de métaux hétérupsides (1 vol., pag. 468) : elle est importante au point de vue minéralogique, parce que les deux sortes d’oxydes exercent une influence marquée, et très-différente, sur les caractères extérieurs du minéral, notamment sur sa coloration. Aussi, les premiers rappellent-ils tout-à-fait les substances métalliques, tandis que les seconds ressemblent parfaitement aux substances pierreuses.

Quant aux tribus en lesquelles les ordres seront subdivisés,

et qui doive porter les noms des différents systèmes cristallins, elles seront généralement placées à là suite les unes des autres dans l’ordre que nous avons assigné aux systèmes euxmêmes : cependant, pour nous faciliter toujours les moyens de rapprocher le plus possible les espèces quiontentre elles de grands rapports, et de rendre ainsi la série plus naturelle, nous nous réservons la faculté de changer légèrement, selon les circonstances, et quelquefois même de renverser complètement cet ordre, qui, d’ailleurs, n’a rien d’absolu, puisque les différents systèmes ont entre eux des affinités telles, qu’on les voit souvent dans la nature passer indifféremment de Fun à l'autre par de légères modifications apportées à une souche commune, à une forme limite, comme le cube, le prisme carré, ou le prisme hexagonal régulier (voyez 1° vol., pag. 523, l’article concernant le plésiomorphisme des espèces). |

IL nous arrivera aussi quelquefois, et toujours pour lis raison qué nous indiquions tout-à-lheure , de fondre deux tribus en une seule, pour en former une tribu mixte, comme nous avons réuni plusieurs ordres entre eux, lorsque le besoin gen faisait sentir. Nous formerons ainsi, avec les tribus des orthorhombiques et des klinorhombiques, une seule tribu composée, celle des Rhombobasiques , ou bien avec les tribus des klinorhombiques et des klinoédriques, la tribu complexe des Klinobasiques.

6 16. De deux sortes d'appendices, ou groupes provisotres d'espèces.

… Conformément à l’usage ordinaire, nous placerons dans des Appendices, aux diverses divisions de la méthode, les espèces dont le classement offrira des incertitudes, c’est-à-dire celles dont un des deux caractères fondamentaux, ou tous les deux à {a fois, ne seront pas encore connus d’une manière exacte. Mais à l'exemple de Haüy, on s'était borné jusqu'ici à former de tous les minéraux incertæ sedis , un seul appendice, qui devait avoir nécessairement une étendue considérable, Maintenant, d’après le mode de classement que j'ai adopté, tous les minéraux dont le genre chimique aura été suffisamment indiqué par les observations, mais dont on ignorera le genre de cristallisation, pourront figurer dans des appendices particuliers, placés chacun à la suite de chaque ordre, comme tribu provisoire de cet ordre, et sous. le nom de tribu des adélomorphes; et, les seuls miné-

raux, dont la composition qualitative n’aura pas encore été dé-

terminée, seront rejetés dans un Appendice général, placé à la

fin de la méthode : sorte de classe provisoire, qui correspondra

à l'appendice unique des anciennes classifications, mais qui se trouvera singulièrement réduite par l'établissement des appen-

dices particuliers : elle sera subdivisée en tribus, d’après les dif-

férents systèmes cristallins qui auront été observés parmi ces minéraux. Cette classe, et ces tribus. provisoires, sont destinés à s épuiser continuellement par la rentrée successive, dans les di-

visions régulières de la méthode, des minéraux qu’elles ren-

ferment, à mesure que. les caractères spécifiques de ceux-ci seront mieux connus.

Ç 17. Tableau de la distribution méthodique des Espèces. — Division du Règne inorganique en deux Sous-Règnes.

Il me reste maintenant à montrer comment j'ai appliqué les règles précédentes à la classification des espèces minérales actuellement connues, et, pour cela, je vais donner de tableau de la distribution méthodique de ces espèces, en le réduisant toutefois à celles dont la déterminationsest certaine, et qui sont admises généralement par les minéralogistes.

Faisons d’abord remarquer que le Règne inorganique, considéré dans son ensemble, comme la réunion complète de toutes les substances inorganiques naturelles, quel que soit leur état physique, peut être partagé en deux grandes subdivisions ou deux sous-règnes, dont l’un comprend les substances aimosphériques, répandues à l'état gazeux dans l'atmosphère qui enveloppe le globe terrestre, et l’autre comprend les substances terrestres (ou les minéraux proprement dits), qui sont presque tous solides, quelques-uns liquides, et qui font partie des diverses masses dont le globe est composé. La forme gazeuse des premières les distingue d’une manière fort tranchée des minéraux, en les privant de presque tous les caractères dont ceux-ci sont pourvus. Les unes, qui font partie essentielle de l’atmosphère, fournissent les éléments des êtres organisés qui vivent au milieu d'elles. Les autres, qui n’ont qu’une existence locale et accidentelle, proviennent, au contraire, de la décomposition des corps organiques, ou bien se dégagent de l’intérieur de la terre par les cheminées des volcans, et par les canaux à travers lesquels coulent les sources minérales. Nous réunissons toutes ces

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substances, pour en former une classe particulière, sous le nom de Gaz; mais nous nous bornerons presque à les mentionner, sans entrer dans beaucoup de détails à leur égard, parce. que la détermination et l’histoire de ces substances sont entièrement du domaine de la chimie, et que nos moyens ordinaires de spécification n'ont aucune prise sur elles, puisque leur état habituel CE oppose à ce qu’elles s'offrent à nous cristallisées. :

Nous partageons les substances terrestres, ou les minéraux Hiyregient dits, en trois autres classes qui sont : la classe des substances combustibles non métalliques, ou (par abréviation) la classe des Combusubles: celle des substances combustibles métalliques, ou classe des Métaux ; et celle des substances non combustibles.

La Classe des Combustibles comprend toutes les substances inflammables, telles que le soufre, le diamant et les autres combustibles charbonneux. Ces substances n’ont ni l'aspect métalloïde, ni la grande densité, ni les autres propriétés qui caractérisent les substances métalliques. Le genre de combustion qui leur est propre les sépare aussi, d’une manière très-marquée, des métaux et des pierres.

La classe des métaux comprend toutes les substances combustibles, qui se composent de métaux proprement dits, soit libres ou à l’état natif, soit alliés entre eux, soit transformés en minerais, par leur combinaison avec l’arsenic, l’antimoine, le tellure, le sélénium et le soufre. Ces substances ont natureliement l'éclat métallique, ou peuvent l’acquérir soit à l’aide du poli par le brunissoir, soit par la réduction au moyen du chalumeau. Elles sont généralement très- denses, opaques, et douées d’une couleur propre, qui reste vive après la trituration.

La Classe des substances non combustibles comprend tous les minéraux dont les principes composants sont à l’état brûlé, c’est-à-dire à l’état de combinaison intime avec les éléments comburents, tels que l'oxygène, le chlore, le fluor, etc. Si l’on excepte le premier ordre de cette classe, les oxydes el qui rappellent encore par leurs caractères extérieurs les espèces de la classe précédente, tous ces minéraux ont cet aspect particulier des substances qu’on appelle vulgairement sels et pierres, savoir : l'aspect vitreux dans les cristaux, et terreux dans Îles masses non cristallines. Elles ont de la transparence, quand elles sont cristallisées et pures, et n’ont point de couleur propre, quand leur acide est formé par un corps simple non métallique,

et qu’elles sont à base terreuse ou alcaline. Celles qui ont pour base un oxyde de métal proprement dit, sont réductibles, avec plus ou moins de facilité, en globule métallique, par le moyen du chalumeau et des CE . Cet exposé des classes de la rite He se ‘trouve résumé dans le Tableau suivant :

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