SIMPLES
Corps doués d’un éclat métailique plus ou moins prononcé, et donnant au chalumeau ou l'odeur de raves ou de choux pourris (les Séléniures), ou l'odeur de soufre (les Sulfures), quand on les traite seuls ou avec addition de limaille de fer. Les séléniures donnent en outre un sublimé rouge de sélénium quand on les chauffe dans le tube fermé. Les sulfures, fondus avec la soude, donnent une matière qui, projetée dans de l'eau acidulée, dégage de l'hydrogène sulfuré : ils sont attaquables par l'acide azotique ou par l’eau régale, avec dégagement de gaz nitreux, et leur solution précipite abondamment en blanc par l’azotate de baryte. La densité de tous ces corps est comprise entre 3,5 et 8.
Fe Tribu. Cusiques.
dre Lentoé. PANNE Syn. : Selensilber, G. Rose ; Argent séléniuré. Caractères essentiels.
Composition chimique : Séléniure ail d'argan, Ag Se ; ou, en poids: argent 33, et sélénium 27.
Forme fondamentale : Le cube, avec des clivages parallèles à ses faces, et d’une grande netteté.
Caractères distinctifs.
Ce minerai est ordinairement en masses grenues, d’un noir de fer, et très-brillantes, à cassure lamelleuse et à clivages rectangulaires, tendres, d’une dureté égale au plus à 2,5, et d’une
316 SULEURES ET SÉLÉNIURES SIMPLES
densité de 8. Il ressemble beaucoup à l’argyrose ou sulfure d’argent, mais il s’en distingue par une moindre ductilité et par ses clivages très-sensibles. Il est composé, d’après G. Rose, qui en a fait l'analyse, d’un atome d’argent pour un de sélénium ; quelquefois une partie de l'argent est ir di Le ee quantité de Aa équivalente.
* Chauffé dans le petit matras, il fond'et donne un sublimé de sélénium et de l'acide sélénieux. Sur le charbon, il fond en bouillonnant au feu de réduction, et donne u un so d'argent avec la soude ou le borax.
Le séléniure d'argent provient des mines de Tilkérode, au. Harz, où il accompagne le séléniure de plomb; ces mines sont des filons qui traversent le terrain de diorite. Selon Del Rio, il existerait à Tasco, au Mexique, un autre séléniure qui diffèrerait du précédent par sa composition atomique, comme par sa forme cristalline : ce serait un biséléniure appartenant à la tribu des rhomboédri ques: |
4” 2e Espice. BERZÉLINE.
| Syn. : : Selenkupfer, Mosh ; Cuivre sélénié, Haüy ; Séléniure de cuivre, des chimistes.
Caractères essentiels.
Composition chimique : Séléviure de cuivre, de la formule GuS$e ; ou, en poids: cuivre 61,5. et sélénium 3170
Forme fondamentale : Très-probablement le cube, la substance devant être isomorphe avec lespèce précédente. Mais on n’a pu encore l’observer que sous la forme d’un simple enduit cristallin.
La berzéline est une substance d’un aspect métalloïde et d’un blanc d'argent, très-ductile, et qui forme de petites veines dendritiques ou des enduits noirâtres dans les fissures d’un calcaire spathique, à la mine de cuivre de Skrickerum ,en Smolande (Suède). C'est Berzélius qui la analysée et fait connaître. Sur le charbon et avec la soude, elle donne un bouton de cuivre, Dans le tube de verre fermé, elle donne lieu à un sublimé rouge de sélénium. |
dr Espèces. EUKAIRITE (Berzélius).
Syn. : Cuivre sélénié argental, Haüy. Séléniure de cuivre et d'argent. Caractères essentiels.
| Composition chimique : Guse, AgSe. En poids : argent 43, 16 ; cuivre 25,26; et sélénium 31,58.
Forme primalive : Très-probablement le cube, à à cause de l'isomorphisme bien connu du cuivre et de largent.
Cette espèce, analysée comme la précédente par Berzélius, et qui se rencontre avec elle dans la mine de Skrickerum, en Smolande, au milieu d’un terrain talquéux ou serpentineux, se présente en masses cristallines, à grains fins, couleur gris de plomb, tendres et ductiles, devenant brillantes dans la râclure. Elle fond au chalumeau sur le charbon, en donnant des vapeurs sélénieuses, et laissant un globule métallique gris et cassant; avec le borax et le sel de phosphore, elle donne la réaction du cuivre. Elle est attaquable par l'acide azotique, et la solution précipite du cuivre et de l'argent sur un barreau de fer. Cette combinaison isomorphique, à proportions simples, est analogue à celle que nous offrira, parmi les sulfures, la stromeyérine, et tout. indique que les séléniures et les sulfures des mêmes bases et du même ordre de saturation, sont isomorphes entre eux.
4e Espice. ARGYROSE (Beudant).
Syn. : Argent sulfuré, Haüy ; Argentit, Haidinger; Süberglanz , Hausmann et Naumann; Glaserz, Werner.
Caractères essentiels.
Composition chimique : Sulfure d’argent, de la formule AgS; contenant en poids, argent 87,04, et soufre 12,96.
Forme fondamentale : Le cube, avec de simples traces de clivage parallèles aux faces de ce solide et à ses du rhombodo-
décaèdre.
Caractères distinctifs.
GÉOMÉTRIQUES. — Cristallisée, comme la galène, avec laquelle elle est isomorphe, sous les formes propres au système cubique, les individus étant le plus souvent réunis en druses ou en den-
drites. Point de clivages bien sensibles.
Paysiques. — Aspect métallique, avec une couleur d’un gris-
noirâtre, opaque, terne superficiellement, mais devenant plus
brillant dans la râclure. Densité, de 6,9 à 7,4. — Dureté, 5. Le
- minerai est tendre et ductile : il se La couper facilement avec un couteau.
CHmiques.— Fusible au chalumeau, avec boursoufflement et dégagement de vapeurs sulfureuses et réductibles à un coup de feu prolongé en un bouton d’ argent. Soluble dans l'acide azotique : la solution précipite de l'argent sur une lame de cuivre, et par l'acide chlorhydrique donne un précipité blanc, attaquable par lammoniaque.
VARIÉTÉS
1. Argyrose cristallisée, sous les formes ordinaires du système cubique : en cube p (fig. 2, pl. 4), en octaèdre régulier a, en cubo-octaèdre (fig. 17, pl.4), avec un angle psur a! —325°:5167; en rhombododécaèdre b!, et en trapézoèdre a?, avec incidence de a sur a = 131°48’; et en diverses combinaisons binaires ou ternaires, données par les formes simples précédentes.
2. Argÿrose dendritique. En petits cristaux, composant des dendrites ramuleuses ou filiformes.
3. Argyrose mamelonnée. En concrétions, ou en enduits à la surface des matières qui se trouvent dans les filons.
4. Argyrose amorphe. Par suite d’une décomposition qu'a éprouvée cette variété compacte, l'argent métallique qu elle contient est quelquefois revivifé, et l’on voit reparaître ce métal, sortant de l’intérieur de la masse sous forme de filaments contournés. On pense qu’une partie de l'argent filamenteux que l’on trouve dans la nature, doit sa formation à une décomposition de ce genre. Dans d’autres circonstances, l'argent sulfuré semble au contraire avoir été produit aux dépens de l'argent natif : c’est lorsqu'il forme à sa surface des couches qui peuvent avoir été produites par l’action de l'hydrogène sulfuré sur lar- . métallique.
5. Argyrose terreuse (Silberschwärze). En masses noires, fra ie et pulvérulentes. C’est l'argent noir terreux des minéralooistes allemands. -
Gisements et usages. — Le sulfure d'argent est le principal minerai d'argent, celui qui fournit la plus grande partie de l’argent versé dans le commerce. On Le rencontre surtout dans des
| CUBIQUES. à. 319 filons qui traversent le gneiss, le micaschiste, Vaimphibolité, le schiste argileux, et quelquefois aussi le granite, le porphyre et le trachyte, avec d’autres minerais d'argent, tels que l'argent natif, les argents noirs et rouges, les palènes argentifères, et associé en outre à l’arsenic, au quarz hyalin, au calcaire spathique, à la barytine, à la fluorine, et autres substances formant ordinairement les gangues des filons métallifères. Il n’est pas rare de voir ce minérai pénétrer jusque dans les roches voisines du filon. La variété terreuse se rencontre quelquefois dans les” païties supérieures du gîte, là où la masse principale du filon a éprouvé une décomposition : elle recouvre souvent le minerai compacte métalloïde, avec de petites pellicules de chlorure d’argent, et elle est elle-même intimement mêlée de ce même chlorure et de filaments déliés d'argent natif.
On trouve le sulfure d'argent en petites quantités, au Elarz, dans les mines d'Andreasberg, nommées Katharina, Neufang et Gnade Gottes. IL est au contraire très-abondant dans les mines de Saxe, à Freiberg, Marienberg, Annaberg, Schneebers, et Johann-Georgenstadt; et dans celles de la Bohême, à Joachimsthal. Il existe aussi en Hongrie, dans les mines de Schemnitz et de Kremnitz; en Norwège, à Kongsberg; au Mexique, à Guanaxuato, Zacatecas et autres lieux; au Pérou et au Chili. Une grande partie de l'argent que fournissent annuellement les mines d'Amérique, provient de ce minerai. La ductilité du sulfure d’argent est telle, qu’il peut recevoir facilement des empreintes. Le Muséum de Gôüttingue possède une médaille représentant le roi Auguste de Pologne, et qui a été faite avec cette substance naturelle.
5e Espèce. GALÈNE.
Syn. : Plomb sulfuré, Haüy ; Bleiglanz, Werner. Caractères essentiels.
Composition chimique : Sulfure simple de plomb, PES; en ARS plomb 86,55 ; et soufre 13,45.
Forme fondameniale : Le cube p, fig. 232, pl. 29.
Caractères distinciifs.
GÉomérriques. — Forme primitive, ou de clivage : le cube ; les divisions parallèles aux faces de cette forme sont d’uné grande
netteté et s’obtiennent très-facilement; en sorte que dans tous les individus cristallisés on n’observe pas d’autre cassure que la cassure lamelleuse. |
Pavsiques. — Aspect : le gris métallique bleuâtre ou Fe de plomb, avec une poussière d’un gris noirâtre. Dans les variétés à grain fin, la couleur est plus claire. Elie tire quelquefois sur le rougeître, et très-rarement elle présente à la superficie des teintes irisées. La substance est opaque et très-brillante dans les cassures fraiches. |
Densité, 7:4..:7,6. — Dureté, 2 2,5. La galène ne peut pas être coupée au couteau, comme l’argyrose : elle est aigre, c’est-à-dire cassante. Elle forme sur le papier, des traits qui rappellent ceux des crayons de graphite, vulgairement dits mine de plomb.
Caimiques. — Fusible et facilement réductible sur le charbon, en couvrant d’abord celui-ci d’une auréole d'oxyde de plomb,et en répandant des vapeurs sulfureuses. Solubie dans lacide azo- ‘tique étendu : la solution précipite en blanc par un sulfate, et donne des lamelles de plomb sur un barreau de zinc qu'on Yÿ plonge.
Lorsqu’elle est pure, elle est composée,comme indique la formule ci-dessus, d’un atome de plomb et d’un atome de soufre: mais elle est fréquemment mélangée de sulfure d'argent ou de séléniure de plomb, généralement en petites quantités, et qui paraissent remplacer isomorphiquement une proportion équivalente de sulfure de plomb. Plus rarement, la galène contient en mélange une certaine quantité de sulfure d’antimoine ou de bismuth. |
Analyses de la galene :
-4o De Durham, par Thomson. 20 De Schemnitz,par Beudant.
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VARIÉTÉS
Formes éristallines.
‘Modifications sur les arêtes : 7 — sur les’ angles : a!, a, a”, af pails.
Les formes “impies, et les combinaisons principales, vbservées dans cette espèce, sont les suivantes :
1. La galène cubique, p (Gg. 2, pl. 4). C'est la forte la plus ordinaire.
2. La galène octaèdre, a! (fig. 8, si 4), en cristaux réguliers, ou cunéiformes, segminiformes, transposés, etc. Les hémitropies se font toujours parallèlement à une face de l’octaèdre.
3. La galène cubo-octaèdre, p at (g- 35, pl. 2). C’est la combinaison la plus commune. Aa, c’est le cube qui domine, comme on le voit fig. 34, tantôt, au contraire, c’est l’octaèdre (fig. 36); et quelquefois on observe comme forme moyenne entre les deux, la figure 35, où les deux ordres de facettes se contrebalancent, et Tien lieu à une sous-variété plus simple et plus symétrique. Incidence de p sur a! = 125°16. |
4. La galène cubo-dodécäèdre pbi; fig. 3, pl. 4. La variété rhombo-dodécaèdre ne se montre none Qt dans cette espèce, ét il en est de même du trapézoèdre a”, si commun dans d’autres espèces cubiques : ces deux formes sont toujours subordonnées à celles du cube et de l’octaèdre régulier.
5. La galène octaèdro-dodécaèdre a! b'. C'est l'octaèdre émarginé, ou la variété biforme de Haüy.
6. La galène octaèdre, avec pointements à quatre faces sur les angles at af (variété uni-sénaire de one Incidence de a! sur nf — 138035. :
7. La galène triforme p a bt, Combinaison du cube, de loctaèdre et du dodécaèdre.
8. La galène untternaire, Haüy; pa 1 a (fig. 233, pl. 4 C’est la variété du émarginée sur les arêtes d’intersection des faces p et a°. Les faces as appartiennent à un trapézoèdre.
9. La galène cubo-octaèdre, avec biseaux sur les arêtes de loctaëdre: pa’ a BB, Cest la variété octo-trigésimale de Haüy. Elle ne ditfère de la variété suivante, que par la suppression des faces b’ du dodécaëdre. Les facettes a/ ?,sielles existaient seules, produiraient, non un trapézoèdre, mais un octa-trièdre ou octaèdre pyramidé.
10. La variété précédente, plus les faces du dodécaèdre rhom- 1 dE , \ gs boïdal : p bt a! al (variété pentacontaèdre de Haüy), fig. 234. Incidence de a! sur a l? = 164°19