Galène compacte (Bleischweif). Le grain de cette variété
est terne et si serré qu'on ne l’aperçoit qu’à la loupe. Vue de cette manière, elle rentre alors dans la série des galènes à grain d’acier.
10. Galène terreuse (Bleimulm). En masses pulvérulentes, de couleur bleue (plomb bleu), ou de teinte gris-noirâtre. :
VARIÉTES DE MÉLANGES.
1. Galène sélénifère. De Tilkérode, au Harz, et de Fahlun, en Suède. C'est une galène dans laquelle le soufre est en partie remplacé par du sélénium, et uné sorte de passage entre l'espèce que nous décrivons et celle qui viendra immédiatement aprés.
2. Galène argentifère. Variété de galène, dans laquelle le plomb est en partie remplacé par l'argent. Cette variété importante au point de vuc industriel, a tous les caractères extérieurs de la galène pure : cependant, elle est plus ordinairement à petites facettes et à grains d’acier. La proportion d’argent est en général très-faible : elle n’est le plus souvent que de quelques millièmes, et on ne peut la découvrir et la séparer du plomb que par la coupellation. Dans les galènes les plus riches sous ce rapport, la proportion d'argent varie, selon M. Berthier, entre o,o1 et 0,03 pour cent. Elle atteint rarement 0,5, et plus rarement encore elle dépasse 1 pour cent. Cependant, à cause de la grande valeur intrinsèque de largent, ces galènes, en apparence si pauvres, sont considérées par les mineurs et exploitées par eux comme mines d'argent. On a remarqué que lorsque la galène est en filon, elle est d’autant plus argentifère, qu’elle se trouve plus rapprochée des terrains de cristallisation, mais en même temps elle est moins abondante que lorsqu'elle traverse les terrains stratifiés, comme ceux qui se composent de calcaires et de grès. Ce sont surtout les calcaires compactes des formations anciennes, qui sont les roches plumbifères par excellence.
3. Galène cuprifère (cupro-plumbite, Breithaupt; Kupferbleiglanz). Ce minéral, qui cristallise en cubes, et qui est d’un gris de plomb noirâtre, est composé, suivant Plattner, de sulfure de plomb et de sulfure de cuivre, dans les proportions marquées par la formule 2 PRS + Gus$. Le sulfure de cuivre étant isomorphe avec le sulfure d'argent, comme on le verra plus loin, nous considèrerons ce minéral, non comme une espèce à part, et qu'on doive ranger parmi les sulfures doubles, mais comme un simple mélange isomorphique des deux sulfures, et comme une variété
de mélange du sulfure de plomb, puisque ce sulfure | prédomine, Il vient d’une mine du Chili, où il se trouve principalement en masses grenues, dans lesquelles on aperçoit nettement le clivage cubique, qui caractérise la galène. 4. Galène antimonifère. Nous ne plaçons ici que les variétés de sulfure de plomb qui sont mélangées d’une faible proportion d’antimoine. Quant aux sulfures de plomb antimonifères, beaucoup plus riches en sulfure d’antimoine, que Haüy et d’autres minéralogistes ont rapportés à la galène, ils appartiennent à l’ordre des sulfures multiples et seront décrits bientôt, non plus comme variétés de mélange, mais comme espèces particulières, sous les noms de zinkénite, steinmannite, plagionüte, géokronite, - jamesonite, etc., quand ils seront composés seulement des deux sulfures précités ; sous ceux de bournonite argentifère (ou Freieslébénite), de tétraédrite argentifère (ou Weissgültigerz), quand ils contiendront en outre une proportion notable de sulfure d’argent. Hi 5. Galène bismuthifère. Cette variété donne lieu aux mêmes observations que la précédente. Une combinaison définie entre les sulfures de plomb et de bismuth trouvera place dans l’ordre suivant, où elle sera décrite sous le nom particulier de Kobellite.. 6. Galène ferrifère (galène martiale), mêlée d’une petite quantité de sulfure de fer. À Huelgoat, en Bretagne ; à Saint-Sauveur, dans le Languedoc, en France. À Durham, en Angleterre. 7. Galène platinifère ; dans le département de la Charente, en France, et dans quelques autres lieux.
8. Galène sursulfurée (Johnstonite) : galène mélangée d’un excès de soufre. Selon Phillips et Johnston, il existe dans la mine Dufton, en Sommersetshire, une variété de galène terreuse et bleuâtre, ressemblant beaucoup au Bleimulm, qui a la propriété de brûler à la flamme d’une bougie avec une flamme bleue, et qui, chauffée dans le tube fermé, produit un sublimé de soufre. On la regarde comme formée par un mélange intime de galène et de soufre. Il en existe de semblables à Neu-Sina, en Transyl-
vanie ; à Müsen, en Westphalie; en Irlande, etc. | Gisements et usages. — La galène est le seul minerai de plomb qui se trouve en dépôts considérables dans la nature; aussi, fournit-elle à elle seule presque tout le plomb qui est livré annuellement à la consommation. Les autres minerais, tels que le carbonate, le sulfate et Le phosphate de plomb, accompagnent la galène, ou, s'ils existent séparément, ils se rencontrent alors
an
en trop petites quantités pour qu’on puisse les considérer comme des minerais utiles. Quand ils accompagnent la galène, on les ajoute au bain de fonte comme matières accessoires. Ces trois minerais secondaires affectent d’ailleurs les mêmes modes de gisement que la galène. Les manières d’être des minerais de plomb se réduisent à trois : les filons réguliers ; les gîtes irréguliers ou yîtes de contact, tels que les amas, les veines ramifées, accumulées dans les portions des deux sols (le sol massif et le sol stratifié) qui sont en contact les unes avec les autres; et enfin, les nodules ou grains disséminés dans les terrains stratifiés, notamment dans les calcaires et les grès des époques anciennes.
Les filons de galène forment le type d’une classe particulière de filons, que les géologues ont désignés par le nom de filons plumbifères, en prenant la partie pour le tout, parce que cette classe de filons est parfaitement distincte d’une autre classe de filons, appelés par eux filons stannifères ; ils en diffèrent en effet par la nature des minerais, qui sont sulfurés dans les uns, et oxydés dans les autres, par celle des gangues qui les accompagnent, par leur mode de formation et par leur âge. Les filons plumbifères peuvent être et sont souvent en même temps zincifères, argentiféres et cuprifères. Ils sont en général bien réglés, c’est-à-dire, qu’ils se continuent presque en ligne droite et avec une puissance sensiblement la même sur des étendues considérables, et présentent ordinairement une structure rubannée, étant formés de bandes successives de galène et des gangues pierreuses qui Paccompagnent : celles-ci se composent, comme toujours, de calcaire, de quarz, de barytine, de fluorine, etc. La blende est le sulfure qu’on rencontre le plus souvent associé à la galène dans les filons.
La plupart des filons de plomb sont exploités dans les terrains schisteux et de transition ; mais ils remontent quelquefois dans le sol secondaire, sans aller beaucoup plus haut que l'étage du lias. Les filons ouverts dans les terrains schisteux et intermédiaires, sont ceux des environs de Clausthal, dans le Harz, qui traversent le schiste argileux et la grauwacke, ceux des environs de Freiberg, en Saxe, de l'Erzgebirge, et de Sainte-Marie-aux- Mines dans les Vosges, qui sont au milieu du gneiss; ceux de Pont-Gibaud, dans le département du Puy-de-Dôme, et de Viallas et Villefort dans la Lozère, qui traversent aussi des schistes cristallins : ceux de Poullaouen et de Huelgoat, en Bretagne, qui coupent le schiste et la grauwacke; ceux du Cornouailles et du
Devonshire, en Angleterre, qui offrent le même gisement, et: ceux du Derbyshire et du Cumberland, qui sont dans le calcaire carbonifère. Un petit nombre de filons traversent les calcaires pénéen, conchylien et jurassique (Tarnowitz, en Silésie; Bleiberg, en Carinthie; comté de Durham, en Angleterre).
Les gîtes de contact, beaucoup plus irréguliers que les précédents, sont aussi très-nombreux dans la Saxe et dans le Harz : ils constituent généralement des rameaux qui pénètrent les roches cristallines avoisinantes. En France, ils sont beaucoup plus fréquents que les filons bien réglés; suivant M. Burat, on ne compte dans toute la France que cinq ou six mines de plomb qui puissent rentrer dans cette dernière catégorie, tandis que, sur le pourtour du vaste plateau de granite qui occupe le centre du pays, il existe de nombreuses exploitations de gîtes irréguliers, dont la production totale est plus que décuple de celle des filons réglés. Les mines d’Alloue et de Confolens, dans le département de la Charente, peuvent être citées comme exemples du second mode de gisement de la galène.
Le troisième mode de gisement, celui qui consiste dans la dissémination du minerai de plomb en nodules (Knotenerz), ou en grains (Sanderz) au milieu des grès ou des calcaires secondaires, s’observe au Bieiberg, près de Burlach, sur la rive gauche du Rhin, dans la Prusse rhénane; dans l’Eifel ; à Leadhills, en Ecosse, etc. Le minerai est si abondamment répandu dans la roche, et mélangé avec elle d’une manière si intime, qu’on est porté à le considérer comme étant contemporain, c’est-à-dire, qu'il aurait été déposé en même temps que le grès ou le calcaire qui le renferme, par des agents particuliers de’ sédimentation, tels que les sources minérales. Certains grès blancs sont quelquefois entièrement mouchetés de petites parties de couleur foncée, qui sont des grains vu petits noyaux de galène. Nous n’avons pas besoin d’ajouter qu'une grande partie des différents dépôts de galène que nous venons de mentionner, sont argentifères, et que cela est toujours vrai de ceux qui sont en filons dans les roches anciennes, et dans celles qui sont le mieux cristallisées.
Les principales mines de plomb, sont: 1° en France, les mines de Poullaouen et Huelgoat, près de Carhaix, dans le département du Finistère ; ce sont des filons de galène, traversant des schistes argileux du sol intermédiaire, qui reposent sur le granite. C’est dans ces filons plumbifères, mais principalement vers les parties les plus voisines de la surface, qu’on a trouvé avec la
ne d’autres minéraux plumbifères, tels que le plomb carbonaté, le plomb phosphaté, le plomb gomme, etc. Ces mines de Bretagne sont les plus importantes que possède la France : elles occupent neuf cents ouvriers, et produisent par an 5000 quintaux métriques de plomb et 1500 kilogrammes d’argent. — Il existe aussi des mines de plomb à Châtelaudren, près de Saint- Brieuc ; à Pontpean, près de Rennes; à Villefort et Viallas dans la Lozère, où la galène est argentifère ; à Saint-Sauveur, dans le Languedoc; à Vienne, en Dauphiné, et aux environs de Pont- Gibaud, dans le département du Puy-de-Dôme.
Plusieurs autres exploitations importantes de galène argentifère, qui étaient autrefois florissantes, sont aujourd’hui abandonnées pour la plupart, bien qu’elles puissent être reprises : telles. sont les mines du massif des Vosges, et particulièrement celles de Giromagny, de Lacroix-aux-Mines et de Sainte-Marie-aux- Mines. Les environs de Sainte-Marie renferment un grand nombre de filons, dont le principal, celui de Lacroix, est célèbre par sa puissance qui est de 20 mètres, et par une exploitation de plusieurs siècles poussée sur une étendue de plus d’une lieue. Ce filon a eu des périodes extrêmement productives : on a trouvé beaucoup d’argent natif dans sa partie supérieure, quelquefois en blocs de plus de 30 kilogrammes. En 1756, il fournissait encore 12000 quintaux de plomb et près de 1500 kilog. d’argent. Les filons plumbifêres des environs de Giromagny sont nombreux; ils traversent des porphyres et des schistes argileux; — après avoir été plusieurs fois abandonnés, ils viennent d’être repris de nouveau.
2° En Savoie : les mines de Pesey et de Macot, à l’est de Moutiers. La galène y est argentifère : elle a produit par an 2000 quintaux métriques de vs et environ 600 kilog. d'argent. Elle est en amas au milieu de schistes talqueux.
3° En Prusse : les mines du Bleiberg et de Gemund, dans la Prusse rhénane et les environs d’Aix-la-Chapelle. Ce gîte paraît appartenir à la formation du grès bigarré : il est très-faiblement argentifère. — Dans la Silésie, la mine de Tarnowitz, où le minerai est disséminé dans un calcaire de l’époque secondaire ancienne (calcaire pénéen).
4° En Autriche : la mine du Bleiberg en Carinthie, où la galène est au milieu de calcaires compactes fins ou de roches arénacées (arkoses). : :
5° En Angleterre : la galène y est en filons nombreux et puis-
sants, au milieu du calcaire carbonifère, qui forme dans ce pays une sorte d’axe montagneux, étendu du sud au nord, depuis le Derbyshire jusqu’en Ecosse. Cest à cause de ces circonstances que les Anglais ont donné à ce calcaire le double nom de calcaire métallifère et de calcaire de montagne. Les exploitations les plus remarquables sont celles du Derbyshire, dans les cantons nommés Kingsfeld et Peak : c’est dans ces filons que lon observe le phénomène que nous avons mentionné ci-dessus, en parlant de la galène spéculaire; nous citerons encore les mines du Cumberland, dans les environs d’Alstonmoor : là les filons traversent des couches alternatives de calcaire et de grès, et l’on remarque qu’ils sont généralement plus puissants et plus riches dans les couches calcaires que dans celles de grès; le plomb qu'ils fournissent contient peu d'argent. Ces différents gites donnent environ 180,000 quintaux métriques de plomb par an. L’Angleterre possède en outre des mines importantes de plomb dans le pays de Galles, le Devonshire, le Cornouailles, ainsi qu'à Leadhills, en Ecosse. | Le principal usage de la galéne est de servir à l'extraction du plomb .que consomme le commerce. Comme la galène, par le grillage, ne donne pas seulement de l’oxyde de plomb, mais encore du sulfate de plomb, on la fond ordinairement dans un four à réverbère, avec du fer métallique, qui enlève le soufre au plomb et met ce métal en liberté. On peut aussi traiter la galène par une autre méthode chimique, appelée méthode par réaction : elle consiste à griller le minerai d’une manière incomplète, de façon à obtenir un mélange de sulfure, d'oxyde et de sulfate. On mêle le tout intimement, et l’on fait réagir les unes sur les autres, à une haute température, les parties de ce mélangé, savoir : une portion de la galène sur l’'oxyde, et une autre portion sur le sulfate. Dans chacune de ces réactions, il y a production d’acide sulfureux qui se dégage, et le plomb est revivifié. Si le minerai est argentifère, le plomb qu’on obtient est un alliage de plomb et d’argent : on le nomme plomb d'œuvre. On en sépare le métal précieux par le procédé de la coupellation, qu’on exécute sur une grande échelle : ce procédé est fondé sur ce que le plomb fondu s’oxyde au contact de l'air, ce qui n’a pas lieu pour l’argent. On opère la fusion du mélange dans une sorte de four à réverbère, dont la sole est formée de briques recouvertes d’une couche de marne, et lon dirige le vent d’un soufflet sur la surface du bain métallique. L’oxyde de plomb,
qui est spécifiquement plus léger que le plomb et l'argent fondus, se rassemble à la surface, descend vers les bords et s’écoule, à mesure qu'il se produit, par une rigole qu’on lui a ménagée. On continue l'opération, jusqu’à ce que le plomb soit entièrement transformé en litharge, et que l’argent reste isolé sous la forme d’un disque. La litharge provenant de la coupellation, est ensuite revivifiée ou réduite en plomb métallique à fl aide du feu et du charbon.
La galène est employée immédiatement par les potiers de terre, sous le nom d’Ælquifoux :ils la réduisent en poudre, et revêtent leurs vases d’une couche de cette poudre, qui, par l’action d’un feu violent, forme un enduit vitreux, de couleur jaune, à la surface de ces vases. Si, au lieu d’un vernis jaune, on veut avoir des vernis verts ou bruns, on ajoute à l’alquifoux de Joxyde de cuivre ou de manganèse. Outre cet emploi de la galène en nature, pour la couverture des poteries grossières, on fabrique encore avec la galène grenue, des papiers métallifères, à surfaces brillantées, dont on recouvre des petits coffrets : après avoir enduit ces papiers de colle, on les saupoudre de grains de galène plus ou moins fins.
6e Espèce. CLAUSTHALITE,
Syn. : Clausthalie, Beudant; Clausthalite, Haidinger et Dana ; Selenblei, H. Rose. Plomb séléniuré.
Cette + 1. ressemble beaucoup, par son aspect extérieur, à la galène, avec laquelle elle est isomorphe, et elle a été confondue avec elle jusqu’au moment où le sélénium a été découvert. Elle a l'éclat métallique, et sa couleur, qui est le gris de plomb clair, présente souvent des nuances de bleu ou de rougeâtre. Sa structure est ordinairement grenue, ou subfibreuse : on à pu reconnaître dans ses grains la forme et surtout le clivage cubique. Sa dureté est de 2,5 à 3; sa densité, de 8,8.
D'après les analyses de Stromeyer et de H. Rose, ellé est composée essentiellement de plomb et de sélénium, slot la formule Pb Se; en poids, de 72,7 de plomb, et de 27,3 de sélénium. Quelquefois une partie du plomb est remplacée par une proportion équivalente d'argent : Rammelsberg a trouvé dans une variété venant de Tilkerode, au Harz, 11,67 d’argent. D’autres variétés contiennent de petites quantités de cobalt (séléniure de plomb et de cobalt, de la mine Lorenz, près Clausthal), ou de
cuivre (séléniure de plomb et de cuivre de Tilkerode et de Zorge). Enfin, dans une derniére variété, trouvée à Lerbach, une partie notable du plomb est remplacée pes du mercure (séléniure de plomb et de mercure).
Chauffée sur le charbon, la clausthalite développe une forte odeur de raves putréfiées, et couvre le charbon d’oxyde jaune de plomb; dans le tube ouvert, elle dégage du sélénium, qu'on reconnaît à sa couleur rouge. Fondue avec la soude sur le charbon, à la flamme de réduction, elle donne du plomb métallique. Elle est attaquable par l’acide azotique : la solution donne des lamelles de plomb métallique sur un barreau de zinc.
La clausthalite se trouve au Harz dans des filons qui traversent les terrains de transition, dans le voisinage de roches dioritiques; elle est accompagnée souvent de spath brunissant, et quelquefois d’or et de palladium. Les principales localités où on la rencontre, sont : la mine Caroline, près de Lerbach; la mine Lorenz, près de Clausthal; la mine Brummerjahn, près Zorge et Tilkerode. On l’a citée aussi comme se trouvant en Saxe, dans la mine Immanuel, à Reinsberg, non loin de Freiberg.
7e Espèce. BLENDE.
Syn. : Zinc sulfuré, Haüy ; Zinkblende, des minéralogistes Allemands ; Blende ou fausse Galène, des mineurs ; Sphalérite, Glocker.
La blende est celui des minerais de zinc qu’on rencontre le plus fréquemment dans la nature, mais il ne constitue que bien rarement des pîtes assez abondants pour qu'on puisse en tirer parti. Pendant longtemps il est resté sans usage pour la production du zinc métallique, à cause de la difficulté qu’on éprouvait à le griller; il n’en est plus de même aujourd’hui : cette opération s'exécute maintenant avec assez de facilité à l’aide de fourneaux à réverbère tout particuliers; et ce minerai doit être mis en ligne de compte parmi ceux qui fournissent des produits avantageux.
Le Zinc ne s’est point offert jusqu’à présent à l’état natif: il est toujours combiné avec d’autres corps dont il faut le séparer par les procédés métallurgiques, et ses principaux composés sont : la blende ou le sulfure de zinc ; la calamine ou le carbonate de zine, et une autre combinaison oxydée, moins importante, dans laquelle la silice remplace ?acide carbonique (le silicate de zine). Ces deux derniers ont été pendant longtemps confon-
CUBIQUES. di sr 331
dus énretibls sous le nom commun de calamine (en allemand Galmei). | ie ,
Lorsqu'on est parvenu à obtenir le zinc à ru parfaitement pur, il est d’un blanc bleuâtre, avec un éclat métallique trèssensible, lorsque sa surface est mise depuis peu à l'air; mais il ne tarde pas à se ternir, parce qu’il est très-oxydable; il a une texture sensiblement lamelleuse : sa forme cristalline n’est pas encore complètement déterminée. Il est seulement probable qu'il appartient à la série des métaux rhomboédriques : car on l’a observé quelquefois dans les fourneaux où l’on traite les minerais de zinc, cristallisé en prismes hexaèdres réguliers, dont la base est mate, et les pans fortement striés. M. G. Rose a reconnu sur ces cristaux des facettes de troncature horizontales, dont l’inclinaison sur la base était d'environ 111°. Le zinc est ductile, et peut se réduire en lames assez minces. Il passe à la filière avec plus de difficulté, et onine peut pas en obtenir de fil d’un trèspetit diamètre. Sa densité varie de 6,9 à 7,2, selon que le métal a été fondu, ou sppirmen lamniné.
Le zinc est cassant à la température ordinaire ; mais il devient malléable à quelques Mo au-dessus de 100°. Chauffé jusqu’à 200°, il redevient cassant, à un tel point qu’on peut alors le broyer aisément dans un mortier. Il entre en fusion vers 500° environ, et en ébullition à la chaleur blanche; on peut le purifier par distillation. Chauffé au contact de l’air à une température supérieure à celle de son point de fusion, il prend feu et brûle en répandant une flamme d’une blancheur éblouissante ; ce qui fait qu’on l’emploie dans la composition des feux d’artifice.
Le zinc du commerce est presque toujours allié à une faible proportion de plomb, et quelquefois aussi d’un métal rare, appelé cadmium, qui jusqu’à présent ne s’est encore trouvé que dans les minerais de zinc. Ce nouveau métal a été découvert en 1817, dans certaines calamines de la Silésie, où il existe en petite quantité; on l’a retrouvé aussi dans quelques blendes, par exemple celles de Freiberg, en Saxe. Le cadmium est un métal ductile, d’un blanc d’étain, plus fusible et plus volatil encore que le zinc. Il fond longtemps avant la chaleur rouge, et distille à cette température. Sa densité est de 8,7. IL ne s’oxyde point sensiblement à la température ordinaire. On reconnaît sa présence dans un minerai de zinc, en traitant celui-ci sur un .charbon à la flamme de réduction : il se dépose, au premier coup de feu, à peu de distance de la matière d'essai, un anneau
jaune ou orangé d'oxyde de cadmium, qui se voit d'autant mieux que le charbon est plus refroidi, Les différents minerais de zinc n’ont de commun entre eux que la présence de ce métal, considéré comme élément caracté-. ristique ; ils ne possèdent d’ailleurs aucune propriété extérieure qui puisse aisément les faire reconnaître. Aucun d’eux n’a l’aspect métallique proprement dit, et leur densité est toujours audessous de 6. Ils sont tous assez facilement réductibles sur le charbon, au moyen d’un grillage ménagé et avec l'emploi du carbonate de soude. Ils répandent sur le charbon une poussière blanche, dite fleurs de zinc, qui entoure le globule sans lui être contiguë, et qui se volatilise facilement sans colorer la flamme. Si l’on plonge dans le minerai revivifié un fil de cuivre rouge, on le transforme immédiatement en laiton, reconnaissable à sa couleur jaune. Revenons maintenant à la blende, d plus commun de ces minerais, et le seul qui appartienne à l’ordre des sulfures.
Caractères essentiels de la Blende.
Composition chimique. ZnS; sulfure de zinc. En poids : zinc 66,72; soufre 33,28. Le zinc est remplacé souvent, en petite quantité, par du fer ou du cadmium.
Système cristallin : Le cubo-tétraédrique.
Forme fondamentale : Le cube, avec hémiédrie polaires et clivage rhombododécaédrique.
Caractères distinctifs.
Géomérriques. — Les formes dominantes dans cette espèce sont : le tétraèdre, le tétra-trièdre, et le rnombododécaèdre. Des clivages d’une grande perfection ont lieu parallèlement aux faces du dodécaëèdre rhomboïdal, et par conséquent avec la même netteté dans six directions différentes. Il résulte de cette multiplicité de clivages, que l’on peut extraire d’une masse de blende cristallisée un grand nombre de formes polyédriques, en faisant diverses combinaisons de ces clivages (voyez 1°* vol., pages 237 et.238). C’est ainsi que l’on peut obtenir, outre le dodécaèdre complet, un sphénoëèdre ou tétraèdre à faces isoscèles, avec angles dièdres de 60° et de 90°; une pyramide droite, avec une base rhombe de 109°28 et des pans inclinés sur cette base de 60°; un octaèdre droit à base carrée, ou à base rhombe; et un rhomboëdre obtus de 120°.
Paysiques. — Aspect: la blende est du petit nombre des sulfures qui sont transparents et dépourvus de Péclat métallique : 2 sa surface est très-brillante dans les cassures fraîches, mais son éclat est du genre de ceux qu’on nomme gras ou adamantin. Sa couleur, quand le minéral est pur, est le jaune-verdâtre, mais elle passe fréquemment au rouge, au brun, et au noir, par suite de mélanges avec d’autres sulfures ; les blendes ferrugineuses sont généralement d’un noir foncé. Quelquefois les teintes sont variables dans le même échantillon. Les degrés de transparence varient par les mêmes causes, en passant par la translucidité, pour arriver jusqu’à l’opacité complète. La blende, à raison de sa cristallisation régulière, n’a que la réfraction simple : cependant les James de blende jaune, placées dans la pince aux tourmalines, dépolarisent la lumière qui les traverse et rétablissent la transparence. |
Dureté : 3,5. La blende est tendre et ,cassante. Sa cassure lamelleuse, ou conchoïdale. — Densité : de 3,9 à 4,2. C’est un des sulfures les plus légers; et sa dureté est inférieure à sens de la fluorine.
Phosphorescence : certaines variétés de blende, surtout Miles de couleur jaune, sont très-phosphorescentes par frottement dans l'obscurité; et pour développer en elles cette propriété, il suffit même de les frotter avec une plume.
Crimiques. — La blende décrépite souvent avec force sous l'action du chalumeau; mais elle est presque infusible par ellemême, ou du moins elle ne fond que très-difficilement, et seulement sur les bords les plus minces. Elle ne donne par le grillage qu’une faible odeur d’acide sulfureux. Mais si on la chauffe, après l’avoir broyée et humectée d'acide sulfurique, elle répand une forte odeur d’hydrogène sulfuré. Chauffée très-fortement sur ie charbon, à la flamme d’oxydation, elle donne des fleurs blanches de zinc. Elle est soluble, mais avec difficulté, dans lacide azotique : sa solution donne par les alcalis un précipité blanc qui se redissout par un excès du corps précipitant.
Analyses de la blende lamelleuse :
10 Lamelleuse, 90 D’Angleterre, 80 De Przibram, par Arfwedson. par Berthier. par Lowe.
Padtire, . , . AOÛ , + 00 dual on Oh ne DORE ii à OU, Da OR nr ar al Nan dde. ei à. de Cadinium. . DD na hderé sr di ) à si ds 1,78
Ke SULFURES ET SÉLÉNIURES SIMPLES
‘Analyses dé blendes ferrugineuses, dites marmatites :
40 De Toscane, 20 Der Marmato, 30 Du dépit. du Var, “par Bechi. par M. Boussingault. par Lecanu.
rSoufre: A2 TBayre d'u dom 00 1: Bon BAC, out MBeggo se ist odiaut 102 RE Caddie daBtie Do dé so
VARIÉTÉS
Formes cristallines.
Modifications sur les arêtes : b!, ble, es sur les angles : at, a?, a.
Les formes simples, et les principales combinaisons, observées dans la nature, donnent les variétés suivantes :
. La blende téraèdre, forme hémiédrique de l’octaèdre a*, fe. 160, pl. 26. À Sainte-Agnès, en Cornouailles ;'au Dérbyshire; Ë à Kapnick, en Le er
>. La blende octaèdre a”. Cette forme est la combinaison du tétraèdre précédent, avec son inverse. C’est une forme composée, qui se présente le plus souvent sous l'apparence d’un tétraèdre épointé, les deux ordres de faces se distinguant l’un de l’autre - par une différence d’étendue bien marquée. SH
3. La blende dodécaèdre b!. C’est la forme que Haüy avait choïsie comme forme primitive, par la raison qu’elle est clivable parallèlement à toutes ses faces. Cette variété, ainsi que la précédente, est fréquemment hémitrope (blendes transposées, de ce minéralogiste), et cette circonstance se reproduit dans plusieurs des variétés suivantes. L’hémitropie a toujours lieu suivant la même loi: plan d’hémitropie parallèle à une face de l’octaèdre régulier, et axe de révolution normal à cette même face. |
4. La blende cubo-octaèdre alterne, Haüy, pa; fig. 170. Ce. solide ne présente point ici la symétrie du cubo-octaèdre:dans le système cubique ordinaire; il $offre sous un aspect tout dif: férent, parfaitement en rapport avec la es propre au système D ddrique
5. La blende biforme ‘le (at) bi (fig. 171). CobtiSton du tétraëdre avec le dodécaèdre rhomboïdal. Cette variété de forme et les suivantes sont éminemment caractéristiques, dans le sys-
CUBIQUES. 335 tème particulier de la blende. Haüy a donné le nom de biforme à une variété composée du même dodécaèdre et de loctaèdre entier. Mais, à proprement parler, cette combinaison est ternaire, puisque l’octaèdre est ici une forme composée de deux tétraèdres parfaitement indépendants.
6. La blende didodécaèdre, Haüy, P(a)b', fig. 173. Cette autre combinaison binaire se compose du dodécaèdre rhomboïdal et d’un tétratrièdre, moitié du trapézoèdre a”; ce tétratrièdre est un second dodécaèdre à triangles isoscèles, portant l'empreinte du tétraëdre : c’est un tétraèdre pyramidé. L’incidence de « sur a” est de 129°3r°. Cette forme présente un assortiment de douze trapézoïdes, qui répondent aux faces du rhombododécaèdre, et de douze triangles isoscèles allongés, réunis trois à trois par leurs sommets, et deux à deux par leurs bases : elle est représentée 1ci dans son état simple, qui n’est pas son état habituel. Ses cristaux subissent l’hémitropie ordinaire, parallèlement à une face de l’'octaèdre régulier, ce qui amène un changement dans l’assortiment des deux ordres de faces, et l’on s’aperçoit de ce dérangement lorsqu'on veut cliver le cristal, par les lames qui sont situées comme à contre-sens dans les deux parties transposées.— En Angleterre, au Cornouailles, et dans le Derbyshire, à Kapnick, en Transylvanie.
7. La blende apophane, Haüy. “B (a8)bt "BR (a), C'est la variété précédente, augmentée des faces du tétraëdre, qui font mieux ressortir encore la symétrie propre au minéral. Cette variété, comme la précédente , est presque FA à l’état d’hémitropie.
8. La blende triforme (fig. 172). C'est 4 combinaison du cube, du dodécaèdre, et du tétraèdre régulier. Haüuy a donné ce nom de triforme à une combinaison qui est véritablement quaternaire, puisque l’octaèdre, qu’il comprend au nombre de ses éléments, comme s'il était une forme simple, est déjà luimême une combinaison binaire. A Kapnick, en Transylvanie.
Les cristaux de blende ont une grande tendance à former des hémitropies, d’après la loi que nous avons déjà indiquée, c’està-dire de manière que le plan d’hémitropie soit parallèle, et l'axe de révolution normal à une des faces de l’octaèdre régulier.
Le groupement a lieu par simple juxta-position, ou u bien avec croisement partiel, et cela, non-seulement dans les cristaux proprement dits, mais encore dans les masses cristallines informes ;
et il se répète souvent, soit avec des faces de jonction parallèles; soit avec des faces de jonction inclinées.
VARIÉTÉS DE FORMES ET DE STRUCTURES ACCIDENTELLES
Les variétés principales de blende qui rentrent dans cette catégorie, sont les suivantes : | La blende laminaire : c’est une blende spéculaire où miroitante, à grandes lames brillantes et diversement entrelacées, composant des masses qui sont quelquefois criblées de cavités.
La blende lamellaire : à petites lames mêlées et inclinées dans toutes les directions. Cette variété est souvent mélangée de cuivre pyriteux, de sulfure de fer et de galène : elle est très-commune en Hongrie. On la trouve en petites lames noirûtres, avec le calcaire spathique ou la dolomie, dans les roches de la Somma, au Vésuve.
La blende radiée Sole Blende, Werner). En masse solide, fibreuse et radiée, de couleur brunâtre, avec un éclat tirant sur le perlé. A Przibram, en Bohême; à Fels‘banya, en Hongrie. Elle contient souvent du cadmium.
La blende concrétionnée, nommée aussi blende testacée (Scha: lenblende), blende hépatique (Leberblende), blende striée et compacte. En masses mamelonnées ou globuliformes, à structure testacée, et à texture fibreuse ou compacte : l’intérieur des inamelons ou des globules paraît ordinairement comme strié du centre à la circonférence. Cette variété est presque toujours d’un brun rougeâtre, et son éclat varie du mat au luisant de la résine. Les fragments sont opaques, ou faiblement translucides sur les bords. À Geroldseck, pays de Bade, dans un filon de galène ; à Raïbel, en Carinthie; aux environs d’Aix-la-Chapelle.
Comme variétés de mélanges, on distingue les blendes cadmifères et les blendes ferrugineuses. Les premières sont brunes ou rougeûtres : on leur a donné quelquefois le nom de Przibramite. Les dernières sont presque toujours de couleur noire plus ou moins foncée. Les plus ferrugineuses ont reçu le nom de marimaiites, que M. Boussingault leur a donné, parce qu'il en a trouvé surtout aux environs de Marmato, dans la province de Popayan, en Colombie. Ce sont les mélanges qui produisent surtout les grandes variations de couleur que l’on remarque dans cette espèce. Considérée sous le rapport de la coloration, la blende peut se partager en trois variétés principales, que les
minéralogistes allemands ont distinguées avec beaucoup de Soin :
1° La blende } jaune; Gelbe Blende, Werner. C’est la plus pure, ou la moins mélangée : elle est transparente, très-lamelleuse, et très-phosphorescente. Elle offre diverses teintes de jaune, qui varient depuis le jaune citrin ou vert jaunâtre du soufre, jusqu'au jaune miellé ou rougeâtre du succin. Les plus beaux groupes de cristaux de blende appartiennent à cette variété. On les trouve à Kapnick, en Transylvanie, où ils s'associent au fer spathique, au calcaire brunissant, au cuivre gris, au manganèse sulfuré, et au manganèse carbonaté ou silicaté. On trouve aussi de la biende jaune à Felsobanya, à Nagy-Banya et Schemnitz, en Hongrie; à Ratieborziz, en Bohême ; à Scharfenberg, Schwarzenberg, et Rittersgrün, en Saxe ; au Rammelsberg, dans le Harz; en France, à Baigorry, dans les Pyrénées.
2° La blende brune; Braune Blende, Werner. Cette variété est plus commune que la précédente : elle forme quelquefois des masses très-volumineuses. Elle est moins transparente que la blende jaune et se clive avec moins de facilité. Ses teintes varient du brun jaunâtre au brun rougeâtre et au rouge du grenat. On la trouve en cristaux, en masses laminaires et en masses radiées ou fibreuses. La blende brune de Freiberg, en Saxe, analysée par Children, a donné du cadmium. Cette variété se trouve à Alston-Moor, dans le Cumberland, avec la galène et la fluorine, et dans Jes mines du Derbyshire, du Northumberland et du Leicester, en Angleterre ; dans celles de Freiberg, en Saxe; dans la mine de plomb de Chatel-Audren, département des Côtes-du- Nord, en France. La blende brune s'associe fréquemment à la barytine, au calcaire spathique, à la fluorine et au quarz hyalin. 3° La blende noire ; Schwarze Blende, Werner. Cette variété est plus rare que [a précédente : sa couleur est tantôt d’un noir de velours (la marmatite), tantôt d’un noir grisâtre ou rougeûtre. Elle est opaque, ou tout au plus translucide sur les bords. On la trouve soit en cristaux, soit en masses lamellaires. Elle est trèsmélangée et contient, outre le fer, du manganèse et quelques autres substances métalliqutes. Les minéraux qui l’'accompagnent le plus constamment sont: le cuivre pyriteux, le fer sulfuré, le fer liydraté, la galène, l'argent rouge, le quarz hyalin et le caïcaire spathique. À Freiberg, Annaberg, Breitenbrunn et Schwarzenberg, en Saxe; dans lés mines de la Bohême, de la HSE et de ia Sibérie.
Cours de Minéralogie. Tome IL. 22
Gisements et usages. — La blende se présente assez fréquemment dans la nature: elle est répandue dans presque toutes les formations, depuis les terrains primordiaux les plus anciens jusqu'aux terrains de sédiment moyens; mais elle est rarement assez abondante dans un même lieu pour constituer à elle seule un véritable gîte de minerai. On ne la trouve guère que dans les filons de galène, de fer sulfuré, de cuivre pyriteux, de cuivre
gris, etc., et c’est surtout dans les filans plumbifères qu’elle se montre le plus communément: elle est presque inséparable de la galène ; et comme elle lui ressemble beaucoup par l'éclat brillant de ses lames, on l’a quelquefois confondue avec elle : de là les noms de blende (trompeur) et de pseudo- -galène qui ont été donnés à cette substance par les anciens minéralogistes. Suivant quelques auteurs, le nom de blende, qui veut dire aussi brillant, lui aurait été donné à raison du vif éclat dont elle est douée. Les substances pierreuses qui l’accompagnent le plus ordinai-
rement, sont : la AUTRE, le calcaire spathique, le quarz et la barytine.
Les gisements de la blende étant presque les mêmes que ceux de la galène, nous pourrions nous contenter de renvoyer à l’article de cette espèce. Cependant nous croyons devoir indiquer ici les principaux terrains où elle s'est montrée d’une manière remarquable :
1° Dans les terrains de cristallisation. La blende est assez rare dans les roches granitiques; mais elle se montre dans les filons. qui traversent le gneiss, le micaschiste, les stéaschistes et schistes argileux, et dans les couches subordonnées à ces roches principales. Sa variété lamellaire forme quelquefois de petits amas ou
des veines irrégulières au milieu du micaschiste ; elle est disséminée en grains jaunâtres dans les dolomies du mont Saint-Gothard et de la vallée de Binne en Valais, où elle s'associe au sulfure rouge d’arsenic. |
2° Dans les terrains de transition : c’est surtout dans ces terrains que la blende est plus abondante. On la trouve rarement dans la syénite et autres roches massives dépendantes de ces terrains, mais assez fréquemment dans les grauwackes, les schistes argileux et les roches calcaires qui terminent la série: de ces terrains.
3° Dans les terrains de dur inférieurs : la blende ne se montre plus là, que disséminée en petites parties dans les grès du terrain houiller, et dans la houille elle-même; au milieu des
| CUBIQUES. 339 arkoses et dans le calcaire pénéen (ou zechstein). La blende semble ‘arrêter au Muschelkaïik où calcaire conchylien, ainsi que la galène ; cependant on en retrouve encore des traces dans les calcaires à gryphites, et jusque dans les lits pyriteux de Pargile plastique, situés à la base des terrains tertiaires. On a aussi observé la même substance disséminée en petites lames noirÀtres dans les roches de dolomie cristalline de la Somma, au Vésuve. |
Nous avons dit que, pendant Se bi la blende avait été rejetée des travaux métallurgiques, à cause de la difficulté que présente son grillage; mais aujourd’hui que son traitement a été perfectionné, on la recherche et on l'exploite à part avec avantage, pour en retirer, soit le métal lui-même, soit seulement son oxyde, qui sert à la fébrictäon du laiton ou cuivre jaune, alliage de zinc et de cuivre, dans les proportions de 35 du premier métal et de 65 du second. Cet alliage se préparait, autrefois, uniquement avec la calamine (ou le carbonate de zinc), qui alors était le seul minerai employé, et qui passe encore aujourd’hui pour le principal des minerais de zinc. Par la calcination, cette calamine perd son acide carbonique et se ramène à l’état d’oxyde de zinc. La calamine est souvent associée à du silicate de zinc, avec lequel le carbonate se mélange intimement dans les masses compactes et terreuses qui, seules, constituent de grands dépôts : ce sont ces variétés mélangées, qui sont désignées par les mineurs sous Île nom de calamines, de pierres calaminaires; mais le silicate ne peut donner que très-peu de zinc dans le traitement qu’on fait subir aux calamines, de sorte qu'on ne doit pas le considérer ici comme un véritable minerai.
Le traitement métallurgique des minerais de zinc (blendes et calamines) consiste dans la réduction en poudre de ces minerais, leur grillage dans des fours à réverbère convenablement appropriés, et le traitement Subséquent du minerai grillé, qui est de l’oxyde de zinc pur ou un mélange d’oxyde et de sulfate, par le charbon, dans des cornues de terre ou des creusets d’argile, auxquels on donne la forme qui convient, pour obtenir le métal par distillation. Ces cornues ou creusets sont munis de longues allonges, qui descendent en traversant la grille du fourneau, vers une terrine placée au-dessous, et qui est remplie en partie d’eau pour recevoir le métal fondu. Celui-ci se trouve. donc soumis à cette espèce de distillation qu’on nomme per des-
censum.La vapeur du zinc descend par les tuyaux, S'Y condense, et le métal en fusion coule dans la terrine. La Silésie, dans la Prusse proprement dite, et les environs d’Aix-la-Chapelle, dans la Belgique et la Prusse rhénane, présentent les gites les plus célèbres et les plus importants de calamine; et plusieurs contrées de l'Angleterre fournissent de la blende en abondance.
Quand on veut avoir du laiton, on ajoute préalablement au mélange de minerai et de charbon, une quantité de cuivre con-
venable, et on obtient immédiatement l'alliage que l’on désire. ) q
Autrefois le zinc n’était employé que pour former des ailiages, et principalement du laiton; mais, depuis un certain nombre d’années, les usages de ce métal ont pris parmi nous un développement considérable, surtout depuis qu'on est parvenu à le laminer en feuilles minces ; car, sous cette forme, il remplace avec avantage, dans un grand nombre de cas, les lames de
lomb. de cuivre et de fer-blanc. On s’en sert pour couvrir des ) P |
édifices, et pour confectionner des baignoires et autres vases ou ustensiles domestiques de grandes dimensions; mais ces vases ne peuvent servir pour conserver des aliments, parce que le zinc s’oxyde facilement au contact de l'air, en présence des acides, et donne des sels vénéneux. Aujourd’hui, on recouvre de zinc une foule d'objets en fer, pour les préserver de la rouille.
Nous avons déjà dit que la poussière de zinc avait la propriété de brûler vivement avec une flamme éblouissante, et que cette
propriété était mise à profit par les artificiers.
Le zinc est encore employé dans la médecine et dans lindustrie à l’état d'oxyde et de sulfate, sous les noms vulgaires de fleur de zinc et de vitriol blanc. Sous le nom de blanc de zinc, on substitue maintenant |” oxyde de ce métal à celui du plomb,
dans toutes les couleurs dont la céruse formait anciennement
la base. Cette substitution est avantageuse ; car le blanc de zinc ne paraît pas exercer, comme la céruse, une action délétère sur
la santé des ouvriers, et surtout des peintres en bâtiments, si
sujets à de violentes coliques.
8e EsPÈcEe. ALABANDINF.
Syn. : Manganblende ; Schwarzerz, Hausmaro ; Manganèse sulfuré, Haüy.
Substance d’un éclat métallique très-imparfait, et d’uu noir
brunâtre, à poussière verte, se présentant le plus souvent en
masses irrégulières, mais à structure cristalline, ou bien en
veines et en enduits. Quand elle est lamelleuse, elle se prête assez facilement à un triple clivage, qui paraît cubi ique; et, de plus, on observe des traces de clivages parallèles aux faces d’un rhombododécaëdre, ce qui achève de es bb le système cristallin de la substance. | |
Sa densité est de 3,9; sa dureté, de 3,5. Elle est légèrement cassante. C'est un monosulfure de manganèse, contenant sur 100 parties : manganèse 63,23, et soufre 56,77:
Analyse par Arfwedson de l’alabandine de Transylvanie :
Manage hs ur 0e Soufre. CI] C] e °° $ e e C0] e ® ï e 0 e e 37,90
Ce minerai donne dans le tube fermé de lacide sulfureux, et avec le borax, la réaction ordinaire du manganèse. Il est soluble dans l'acide chlorhydrique, avec Moiseaent d'hydrogène sulfuré. 11 se dissout aussi très-bien dans l'acide azotique; et la solution précipite abondamment en blanc par le ferro-cyanure de potassium. |
Cette substance se trouve en petites veines avec les manganèses roses, les spaths brunissants et les minerais de tellure, dans les filons de Kapnick et de Nagyag, en Transylvanie ; à Gersdorf, en Saxe; à Alabanda, en Carie ; au Mexique; et au Brésil, à Rocinha da Gama, dans la province de Minas-Geraes,
9% Esrice. LiINNÉITE (Haidinger).
Syn. : Koboldine, Beudant; Cobalt sulfuré, Dufrénoy ; Siegénite ; Kobaltkies, Hausmann; Schwefelkobalt.
Composition chimique : Sulfure de cobalt, de la formule CofS’, qu'on peut décomposer ainsi : CoS + CoS$°, ce qui assimilerait sa composition atomique à celle du fer magnétique. En poids : soufre 42,1, et cobalt 57,9.
Forme fondamentale : Le cube, avec des modifications toutes holoédriques. | |
Caractères distinctifs.
: GÉOMÉTRIQUES. — Ce minéral s'offre communément sous les formes de l’octaèdre régulier et du cube; ses cristaux sont sou-
vent hémitropes, et le plan d’hémitropie est parallèle à une face de l’octaèdre ; ils ne présentent point de clivages sensibles, et sont dépourvus du caractère hémiédrique, circonstances qui distinguent cette espèce de la cobaltine (ou cobalt gris), que nous aurons bientôt à décrire.
Puysiques. — Aspect métallique, avec une couleur d'un : gris d’acier ou d’un blanc d’argent, nuancée de rouge ou de jaunâtre. :
Densité, 4,9. — Dureté, 5,5. — Il est cassant, et sa cassure est inégale.
CHIMIQUES. — Ne donnant aucune odeur arsenicale, au chalumeau, ce qui le distingue à la fois de la smaltine et de Ia cobaltine; mais répandant des vapeurs sulfureuses. Fusible à la flamme de réduction, en un globule gris, qui, fondu avec le borax, le colore en bleu intense.
Analyses :