CHAPITRE V DU PAYSAGE
Nous aurions pu renfermer dans le paysage tous les autres genres ; mais nous avons préféré les en séparer, pour l'intelligence des jeunes élèves. Nous considérons donc comme paysage toutes les compositions ou tableaux dans lesquels les personnages, animaux, etc., ne se trouvent que comme accessoires.
On distingue dans le paysage : le ciel, l’eau, les montagnes ou rochers, les arbres, les maisons ou monuments, et le terrain.
Après avoir fait cette division, qui est rigoureuse en coloris, on suivra la marche que nous. allons indiquer.
Nous supposons ici que l'élève auquel nous nous adressons s'exerce à colorier, ou d’après les modèles qui accompagnent ce traité, ou d’après tout autre modèle, et nous lui dirons : Commencez par faire le ciel et tout le lointain. Pour y arriver, vous chercherez les tons qui conviennent, vous les mettrez
très-légers d’abord, et ensuite vous les rendrez plus forts, jusqu’à ce que vous ayez atteint ceux de votre modèle.
Quand vous aurez ainsi fait cette première partie de votre travail, vous vous occuperez du second plan, c’est-à-dire de tout ce qui se trouve entre la lumière et l'ombre ; ce qui vient après ce que vous venez de faire. Vous commencerez également par mettre des teintes légères sur tous les objets de ce second plan ; vous forcerez les tons avec d’autres teintes que vous repasserez sur les premières. Vous verrez, en travaillant ainsi, quand vous serez arrivé au ton du modèle.
Il vous restera alors les objets du premier plan, c'est-à-dire ce qui vient à vous, et qui doit être le plus brillant et le plus apparent. Vous suivrez la même marche, c'est-à-dire que vous mettrez d’abord des teintes plus légères que celles de votre modèle, et vous arriverez ensuite par gradation à limiter complétement.
Nous avons vu, chapitre III, le moyen d'obtenir différents tons par le mélange de certaines couleurs ; à ces renseignements nous allons encore ajouter
ceux-ci ! :
On obtient les horizons, soleil couchant ou aurore, avec du jaune de chrome seul, en ayant soin d’adoucir où de donner de la vigueur avec du rouge de Saturne.
Les montagnes, rochers et maisons se font avec du violet, pour les points obscurs ; pour les points éclairés, on emploie l’ocre jaune.
Pour les arbres verts, on emploie le vert-feuillage, tel que nous l’avons composé.
1. Il arrive souvent que le papier encollé refuse la couleur il suffit alors d'y passer un peu de fiel pour faire disparaître cet inconvénient. Mélangé aux couleurs, le fiel leur donne la facilité de s'étendre aisément sous le pinceau et de former des teintes unies et bien dégradées.
Les eaux se font avec bleu de Prusse, laque carminée et terre de Sienne en petite quantité : on peut modifier ce ton en mettant de la gomme-gutte à la place de la terre de Sienne.
Les terrains se font avec la terre de Sienne et la sépia. On obtient les clairs en mélangeant un peu de rouge de Venise avec de la gomme-gutte.
Pour les toits, on emploie ordinairement la laque, rouge de Venise ct l’indigo.