DÉBOISEMENT ET REBOISEMENT DES MONTAGNES
delà comme si ces réceptacles n'existaient pas? Il est rare qu’il en soit ainsi : l'évaporation qui, dans certaines saisons, se produit à la surface des nappes d’eau, est souvent beaucoup plus active que l’arrivée de l’eau n’est considérable; la cavité est alors incomplètement remplie et peut facilement recevoir sans déborder une nouvelle quantité d'eau. — Il serait imprudent, peut-être, de créer de nouveaux lacs au pied des montagnes par la construction de barrages à la tête des vallées. Ces lacs artificiels, maintenus par des digues dont les plus fortes pourraient être emportées, seraient, dans beaucoup de ras, un danger suspendu sur les vallées inférieures, toujours à la veille d’être inondées par une rupture. Mais de ce que l'occlusion des têtes de vallées peut devenir la source de nouveaux dangers, le système de ronserration des tacs et des tourbières c t de rétablissement des étangs supprimé t n’en est pas moins bien fondé. — On objectera sans doute le danger des marais au point de vue de la salubrité. Cet ordre de considérations est des plus dignes d'attention ; mais, dans le plus grand nombre des cas, le dessèchement n’a point été pratiqué dans un but d’utilité publique, il ne l'a été que dans un but d'intérêt privé.
Le reboisement des montagnes exige naturellement des frais de semis, de plantation et de culture; il semble nécessiter aussi la possession par l'État de tous les terrains à reboiser, et par conséquent il exige des frais d'indemnités ou d'acquisitions qui pourront paraître excessifs. Mais si l'on compare ces charges, dont le but est de prévenir le mal, à celles qui peuvent résulter de la dévastation des plaines qui avoisinent le cours des fleuves, de la destruction des chaussées et des ponts les plus solides, de la ruine des habitations et du la partie basse des villes bâties sur les rives; si l'on envisage les chances de plus en plus nombreuses du retour de ces fléaux, on restera convaincu que les sommes dépensées pour effectuer le' reboisement des montagnes ne sauraient être plus utilement employées.
Les terrains boisés protègent plus efficacement les montagnes que les terrains occu|>és par des pelouses ou des /mairies non boisées ; les terrains occu|)és par des |>elou.se.s sont néanmoins, dans certaines limites, à l'abri de la destruction, et peuvent sans inconvénient occuper les pentes inférieures et les moins abruptes des montagnes. Il n'en est point ainsi pour les terres labourées : lorsque la In se ou les flancs d’une montagne sont livrés à la charrue, ces terrains peuvent l>endant quelques années produire des récoltes de céréales, mais la couche de terre végétale, dont l'inclinaison est souvent considérable, est inévitablement destinée à être entraînée, dans un tcm|>s donné, par l'action puissante et répétée de» eaux qui descendent, pendant l'hiver, de la partie supérieure de la montagne, alors que les récoltes étant enlevées, les terres sont fraîchement labourées ; le roc dénudé remplace alors et pour toujours las anciens pâturages si imprudemment transformés en terres labourées. — (l’est donc par l'imprévoyance du cultivateur que les mers engloutissent, chaque jour, dans les eau, v troubles des fleuves grossis par les orages, les précieux dépêts de terre végétale accumulés (par les détritus des végétaux) sur les montagnes et dans les vallées pendant une longue suite de siècles. — La ruine de la montagne commencés; par le déiioisement se trouve consommée par le labour.
DÉII01SEMENT ET BB1I01SEMEMT l>ES MONTAGNES. 381
Ou devrait donc remplacer tes rliamjis labourés par, des prairies sur le /laite des montagnes. Mais, pour rétablir des prairies boisées, des taillis et des forêts dans les parties les plus déclives et les plus élevées, il ne suffirait pas de semer et de /ilanter avec intelligence et avec soin les flancs de nos montagnes ; il faut, pour que ces semis et ces plantations soient susceptibles de pros|>érer, les garantir île la dent des bestiaux, et reléguer provisoirement les troupeaux dans les plaines et les vallées. En eiïet, les troupeaux de vaches broutent l'herbe et les jeunes rameaux, et suffiraient déjà à empêcher le rétablissement d'une forêt; mais les innombrables troupeaux de moutons et de chèvres qui gravissent les pentes lesplusabruptes constituent un obstacle bien plus sérieux encore au reboisenieul des montagnes : ces animaux arrachent jusqu'à la souche et à la racine des plantes herbacées, rongent jusqu’à l'écorce des jeunes arbres et des arbrisseaux, et, par un piétinement incessant, achèvent la destruction de ce qu'ils n’ont pu ronger. Sans la présence continuelle des troupeaux de moutons, certaines parties des montagnes auraient pu naturellement se reboiser ; les pâturages situés dans le voisinage des forêts qui existent encore ne tarderaient |>asà se repeupler de proche en proche d'arbustes d’abord, et bientôt de grands arbres; mais les moutons rongent les Itourgeons lorsqu'ils commencent à peine à sortir du sol, cl l'espoir de la forêt ne constitue qu'une bouchée d'herbe pour l'un de ces voraces animaux. — Non-seulement le reboisement des montagnes serait facile à opérer (en l’absence des trou/ieaux), mais il serait rapide; les expériences — qui ont pu être faites — nous démontrent qu'un très-petit nombre d'années (cinq à dix) suffit pour transformer en taillis souvent vigoureux les pelouses les plus arides. — Quant aux essences d’arbres à choisir pour le reboisement, elles sont indiquées |>ar la nature de la végétation spontanée des terrains à reboiser, .le donne généralement la préférence aux arbres à feuilles caduques (le Chêne, le Hêtre, le Rouleau, le Charme, le Tremble, etc.), qui repoussent après les coupes, et dont les feuilles tombées fertilisent le sol et augmentent la couche de terre végétale; cl, dans tous les cas, 7 e mêlerais ces essences aux arbres verts ou résineux, qui 11e repoussent pas après la coupe, et dont les feuilles résineuses stérilisent le sol, qu'elles couvrent d’un feutrage imperméable.
Des rapports plus ou moins directs nous paraissent exister entre le déboisement progressif des diverses contrées de l’Europe et le dévelo/ijiement de ces terribles maladies des végétaux cultivés, qui menacent d'envahir successivement et d'anéantir les récoltes sur lesquelles repose l'existence matérielle des populations. Toutes les questions qui touchent à cet important sujet de méditations méritent d'être l'objet d'études approfondies, et ces études sont encore loin d'être terminées. Avant tout, cependant, nous devons reconnaître que la Providence, que nous appelons la Nature, est non moins admirable daus la sagesse de ses lois que dans l'empreinte qu’elle leur a donnée d'un cachet d’éternité; cl que si l'homme, par son imprudence, par ses faux calculs, par son ignorance, par sou avidité, parvient, sur quelques points, à rompre momentanément cet équilibre admirable, cette éternelle et parfaite harmonie, ce ne peut être sans provoquer un trouble qui |>eul devenir la ruine de 69 spéculations et dont il est la première victime. Lors donc que, dans les élans de leur foi, des hommes
DÊC.A. — DÉCURRENCE.
convaincu» ont vu, dans les inondations de nos contrées et la destruction de nos cultures, un cITet de la colère divine, peut-être se sont- ils trompés seulement dans l’expression de la pensée ; mais cette pensée peut, selon nous, recevoir une interprétation vraie, et signaler une situation qui n'est que trop réelle : Si la colère divine ne s’est pas émue, l'équilibre divin a été troublé.
Zt wj, dans les composés grecs, dix (en latin, decem). — Decagynus se dit d’une fleur à dix styles. — Decnndrus se dit d’une fleur pourvue de dix étamines.
Decem, dix. — Dccemnervius, à dix nervures. Se dit, par exemple, d'un calice gamosépale composé de riuq sépales, dont les cinq nervures moyennes et les cinq sutures sont saillantes.
Deciduw. Tombant, décide , très-caduc. Se dit des organes qui se détachent de bonne heure, par le moindre contact ou la plus légère secousse; ex. les deux sépales des Pavots, loi-s de l'épanouissement de la fleur, les pétales des Helianthemum , etc. les organes qui se détachent seulement après l’achèvement de la floraison sont dits caducs; ceux qui se sèchent sans tomber sont dits marcescents.
DÉCLINÉ, derlinatus. Qui retombe en se courbant en arc, soit en vertu d’une direction naturelle, soit par faiblesse.
Deculnr. Décoloré, qui semble avoir perdu sa couleur.
OÉCOMBANT, derumbens. Qui retombe par son propre poids.
DÉCOMPOSÉ, decom/mitus. Se dit d’un organe profondément divisé, à divisions elles-mêmes divisées. Ex. : les feuilles multiséquées de certaines Ombellifères ; le Fenouil {Famiculum), la Férule ( Ferula ); les feuilles composées dont le racliis porte des rachis de secoud ordre.
DÉCORTIQUÉ, decorticatus. Privé d’écorce, dont l'écorce s’est détachée.
DÉCOUPÉ, incisas. — Feuille découpée eu lobes arrondis, en lanières étroites, etc., se dit des découpures qui atteignent le milieu du limbe ou plus profondément.
DÉCROISSANT, decrescens. Se dit d’une série d’organes dont la taille va en décroissant à |>artir de ceux qui occupent la base jusqu’à ceux qui occupent le sommet : par exemple des lobes de certaines feuilles.
Derumbens , décombant.So dit d'une lige qui retombe par le poids de sa partie supérieure. Les arbres à branches décombantes sont dits arbres-pleureurs.
DÉi l RHEV E decurrentia. — Décurrence», les parties, saillantes sur la tige, de certaines feuilles prolongées au-dessous du niveau de leur insertion. La nervure moyenne des feuilles ou le limbe lui-même |ieut être décurrcut. La décurrence du limbe est manifeste chez certains Cirsium, Verbascum, etc. La décurrence de la nervure moyenne est encore plus fréquente. — J’ai été conduit, par l’étude de l'organe connu sous le nom de cotéorrhize. (voy. ce mot), à considérer l’écorce de la tige et de la racine comme essentiellement formée par la décurrence de la partie celluleuse des feuilles; lors donc que cette décurrence n’est pas mise en évidence par la continuation en relief sur la tige des diverses parties de la feuille au-dessous de son insertion, je regarde, ati yvoint de vue oi-ganograpliiquo, la décurrence comme n’existant pas moins que lorsqu’elle est évidente.
DÉCUBRBNT. — DÉDOUBLEMENT.
DÉCURRENT, decurrens. Sc dit d’une feuille qui présente une décurrencc manifeste; ex. les feuilles du Cnieus benedi'tus (fig. Mil). — lats tiges dont les feuilles sont décurrenles dans tuute la longueur des entre-nœuds sont dites ailées; ex. celles de YOnopordon Acanthium, du Genitla sagittalis, eic.
Fio. 331. — Plante à feuilles dieurrentcst le Cltardon-bénîl ( Cnicus benedictus).
DÉCURSIVE, decursious. Se dit de la nervure décurrcnte de certaines feuilles, que le limite de ces feuilles soit ou non décurrent.
DÉCUSSÉ, dectissalw. — Folia decumitn, feuilles opposées dont les paires se croisent à angle droit.
dédoublement. Phénomène encore peu étudié, qui se manifeste dans l’ordre des faits organograpbiques normaux et dans l'ordre des faits tératologiques. Production d’appendices que présentent certaines feuilles, soit latéralement, soit parallèlement à leur face; il semble que les éléments de ces feuilles soient dissociés et s’épanouissent isolément.
On a longtemps considéré comme résultant de la soudure de deux feuilles, les feuilles accidentellement fourchues (dont la nervure moyenne est bifurquée). J'ai déinoutré qu'il s'agit au contraire du dédoublement latéral médian d'une même feuille; or, ce dédoublement peut être tellement profond, qu'il atteigne la base de la feuille, et dans ce cas les deux moitiés ont la forme de feuilles complètes, et donnent lieu, sur la lige, à des verticilles de plusieurs feuilles, dus au dédoublement d'une ou de deux feuilles (si les feuilles il l’étal normal sont opposées). Un curieux exemple de dédoublement antéro-postérieur est fourni par une variété cultivée du Chou-commun [Bratsica « leraeea); les nervures se détachent de la face antérieure de la feuille et sc prolongent en processus rameux irrégulièrement foliacés. — Il y a lieu de supposer que chez les Heurs doubles, la multiplicité des pétales est fréquemment le résultat du dédoublemeuts, soit
DEP1CIEMS. — DEFOLIATIO.
latéraux, soit parallèles et antérieurs. — Les appendices que présentent certains pétales au niveau de la gorge de la corolle sont probablement (dans un grand nombre de cas) le résultat d’un dédoublement normal.
Déficient Auiius. Qui est absent, qui manque, qui est nul.
DÉFINI, (le fi ni tus = Terminé = Centrifuge. Se dit des axes (liges ou rameaux) qui se terminent par une fleur ou une inflorescence (lig. A 3 2 et 633). Des rameaux axillaires, eux-mêmes définis, mais qui donnent naissance à d’autres rameaux axillaires définis à leur tour, continuent la végétation de la plante. En vertu de cette disposition, les inflorescences définies, c’est-à-dire qui résul-
tée. 43*2. — Plante à feuilles alternes, à inflorescences partielles (ombelles et ombellules) indéfinies disposées en une in florcsceRce générale de finir (la Phellaudre -aquatique, Oinnuthe Vht'llnndrinin, Ph i. aquaticum , F. des Ombellifcres).
Fig. 433. — Plante à feuilles opposées, à inflorescences partielles (capitules) indéfinies disposées en une inflorescence générale definie (la Scabieuse-Succise, ScaOiosa Suoi.su, famille des Dipsa-
lent d’une série de générations d'axes définis, sont composées de fleurs qui s’épanouissent, à commencer par celles du centre ou du sommet, etsuccessivement, de dedans en dehors ou de haut cil bas, en finissant par celles de la circonférence.— la disposition inverse est dite indéfinie, indéterminée, ou centripète. — J>es tiges et les rameaux indéfinis sont ceux dont le bourgeon terminal s'allonge indéfiniment. Voy. Cyme (lig. h 22, 423 et 426) et Inflorescence.
Ik fini te (adv.). l/uiie manière définie.
IkfleMtu. Qui retombe en se courbant en arc.
Deflorntus. Défleuri, dont la période de floraison est terminée.
Üefidinlin. Chute des feuilles.
DÉFOHMATION. — DÊltlSCEISCb DU PH LIT.
DÉFORMATION, defonnatio. Nom donné il divers accidents tératologiques, dans lesquels la forme des divers organes se trouve modifiée et altérée. Ex. : les déformations par torsion, par enroulement, par aplatissement, par élongation, par raccourcissement, par crispation, etc.
De forints, defurmatns. Qui est déformé.
üefnssus. Se dit d'un organe ordinairement aérien qui s'enfonce dans la terre (ex. : les capitules fructifères du Trifolium subterraneum, les gousses de I ’Arnchis by/iogœa).
Degener. Qui est le siège ou l’objet d’une dégénérescence.
dégénérescence. Passage de l’état considéré comme normal à un autre étal : c'est par dégénérescence que, dans certaines anomalies, les feuilles deviennent pétaloïdes, ou les pétales foliacés, etc. — En horticulture, retour des plantes modifiées par la culture à la forme sauvage ou spontanée. Au point de vue physiologique, c'est, dans ce cas, régénérescence qu'il faudrait dire.
uf:msu:\t t: DU fruit. Manière dont les fruits s'ouvrent à la maturité pour que les graines deviennent libres. Dans un sens plus général, état du fruit après l'ouverture du péricarpe, quel que soit le mode de déhiscence d'après
Fig. 431. — Housse (fruit formé d’un seul earjiclle) du Haricot (Phuseolus vutgarii) à déhiscence suturalc et dorsale .
equel cette ouverture se produise. — I.e cas le plus simple est celui dans lequel le fruit se compose d'un seul carpelle (fig. l\V\ et /i35j, ou de plusieurs carpelles libres (lig. A3t> et MO) (chacun d'eux se comportant comme un carpelle isolé). Si le car/ielle libre est « une seule graine (inonospernte), et si le péricarpe est charnu, ce péricarpe se détruit après la maturité par putréfaction, et la graine se trouve aiusi mise il nu. Dans certains cas cc|>eudant (chez
DÉHISCENCE DU FRUIT
les fruits désignés sous le nom de drupe) (fig. 635), I» couche extérieure du péricarpe est seule charnue, et la couche interne est ligneuse (noyau); la partie extérieure (sarcocarpe) se détruit seule alors par putréfaction, et la graine renfermée dans le noyau (ensemble qui diffère peu d’un véritable akène) ne devient libre qu’à l'instant de la germination, époque à laquelle le noyau, ramolli dans la terre, cède à la pression interne exercée sur lui par la graine gonflée, et s’ouvre par la déhiscence de la suture et par la rupture de la nervure de la feuille carpellairc qui le constitue.
Fie. A35. — Coupe longitudinale du fruit moiiospcrmo indéhiscent de la Fiche (drupe), à péricarpe charnu en dehors, ligneux en dedans (noyau), las noyau a été ouvert pour montrer la graine.
Si le péricarpe est complètement sec et coriace (akène) (fig. 636), la graine y reste en général renfermée jusqu'à l'instant de la germination, époque à laquelle la feuille carpellairc cède aux efforts de l’embryon en germination, et s'ouvre par sa suture pour lui donner issue ; par ex., chex les liantmculus, les Patent ilia.
Fig. 436. — A, fruit de la Benoîte (Ceum urOimum), formé d'un groupe (capitule) d'akeaes; B, akène isolé ; C, le même, coupé longitudinalement pour laisser voir la graine.
les Geum, où le fruit se compose de nombreux akènes libres (fig. 636); les (jalimn, dont le fruit se partage en deux akènes (fig. 637); les Fumaria, où le fruit se compose d’un seul akène (fig. 638). Quelquefois cependant le carpelle monospenne laisse échapjier la graine dés l'instant de la maturité : j’ai trouvé un exemple de celte déhiscence chez l’akène du Firaria ranunculuides. — S» le carpelle libre eut n plusieurs f/raines (polys|)ertne) et sec (chez les Aquitegia, par exemple), la déhiscence se fait comme dans le cas uù il est monospenne.
DÉHISCENCE DU FRUIT
c'est-à-dirc par la suture dite ventrale, mais dès l’époque de la maturité. Cette suture, qui résulte du rapprochement des deux bords de la feuille carpellairc, est la véritable suture ; la suture dite dorsale n'est point une suture et devrait conserver le nom de nervure dorsale. Je propose de désigner cette déhiscence du carpelle libre, soit monosperme, soit polysperine, par l'épithète de sulurak-carpellaire. La distinction qu'on a établie entre les carpelles libres
Fie. 137. — Diakène, fruit forme de deux Fie. 138. — Akène (fruit uniloculaire inoakènee, d'une Rubiacle (le Gtilium Mol- noaperme indéhiscent) de la Fumelerre
/uÿy). (Fumarin officinnlis).
polyspermes secs, s’ouvrant par leur suture et par leur nervure dorsale, et qui ont été désignés sous le nom de gousse ou légume (Gg. £i3 4), et les carpelles libres polyspermes secs, chex lesquels la déhiscence est seulement suturale, et qu’on a désignés sous le nom de follicules (les carpelles des S/iineu [Gg. 440], des Aquilegia, des A ’igella [Gg, 439] et des llelleborus, par exemple), est d'une faible valeur organographique. — Chez certains genres, les carpelles libres
Fu:. 139. Fruit du Siyella Fie. 410. — Fruit d'un Fig. lit. — Gousse (d'un ///'p-
arvensu, composé d’une réu- Spirtva. Même struc- porrepis) à articles trans-
nion de follicules {déhiscence lure que dans le Si- versaux ^nonospennes se
suturalc-eorpcUairc). gclla arien vif. séparant à la maturité.
polyspermes présentent une articulation transversale entre chaque graine, et se rompent naturellement au moindre choc (en autant d'articles qu il y a de graines), à la maturité; ces fragments constituent chacun un véritable fruit monos|>ermc ou akène, et se comportent comme les akènes (par exemple chez les genres Coronilla, Hedysarum, Hippocre/ns [Gg. 441], etc.).
La connaissance du mode de déhiscence chez les carpelles libres nous conduit à des idées justes sur la déhiscence des fruits qui sont le résultat de plusieurs cai poilus sondés entre eux. Chez ces fruits, ainsi que chez les précédents, l’adlié-
DÉHISCENCE DU FRUIT
ronce ou la non-adhérence de l’ovaire au tube qui le renferme quelquefois, tube qui, selon moi, représente un axe déprimé (cet axe est le résultat de la décurrcncc et de la soudure des feuilles floraircs), ne paraît pas avoir d influence marquée sur le mode de déhiscence de l’ovaire ; en effet, ce tube qui enveloppe l’ovaire lui constitue une couche externe supplémentaire qui se rompt au point où se fait la déhiscence de l’ovaire, comme si elle faisait partie intégrante des feuilles carpellaircs elles-mêmes.
Les fruits qui résultent de la soudure de plusieurs carpelles disposés en un même vcrticillc peuvent se répartir en deux divisions : 1° ceux qui résultent du rapprochement face à face de feuilles carpcllaires fermées et analogues aux carpelles isolés dont nous venons de parler ; 2° ceux qui résultent du rapprochement bord à bord de feuilles carpcllaires ouvertes (à limbe étalé).
Les fruits îi péricarpe sec, coriace, membraneux ou ligneux, (qui sont le résultat du rapprochement et de la soudure de carpelles fermés, placés en cercle ou vcrticillc, peuvent présenter plusieurs sortes de déhiscence. Il peut arriver que
Fig. 442. — Fruit capsulaire bicarpellé à déhiscence scpticide (désagrégation des carpelles et déhiscence suturale de chacun d’eux).
Fig. 443. — Fruit capsulaire à trois loges de la Tulipe, à déhiscence dorsale ou loculicide.
les carpelles se désagrègent en se dessoudant, et constituent dès lors des carpelles libres. Ces carpellcsdevenus libres s'ouvrent par leur suture (ou peuvent se partager complètement en deux pièces, en s'ouvrant par leur suture et se fendant selon leur nervure dorsale, par exemple dans le genre Euphorbia). Cette déhiscence, qui commence par la désagrégation des parois adossées des carpelles, parois adossées auxquelles on a donné le nom de cloisons, est dite déhiscence septiridc (fig. ÙÙ2). On voit que ce qu’on nomme déhiscence scpticide n’est réellement point dans ce cas une déhiscence, mais que le phénomène consiste seulement dans la désagrégation des carpelles qui, devenus libres, s’ouvrent selon la déhiscence sutwale, et aussi selon la déhiscence dorsale (qu’on a nommée luculicide ), dont nous allons noss occuper. Lorsque les carpelles fermés et soudés en cercle
r>f'iiiscFw:E nu fbuit.
(constituant un fruit pluriloctiiaire) ne se désagrègent pas, il arrive fréquemihent que la déhiscence se fait par une fente longitudinale de la partie moyenne de chaque carpelle, c’est-à-dire par une sorte de rupture de sa nervure dorsale en deux moitiés parallèles; il résulte de cette déhiscence que chaque pièce du fruit (valve) est conqmsée de deux moitiés de carpelles soudés, et que celte valve présente à sa partie moyenne la cloison qui résulte de l’adossement des deux moitiés de carpelles dont elle se compose, ainsi que les lignes ou cordons placentaires qui constituent le bord de cette cloison et auxquels sont fixées les graines, dette déhiscence, que je nomme ilnrsale, a été désignée sous le nom de htculicide (elle n’est pas rare dans l’embranchement des Monocotylédones : chez les genres Tulipn [lig. &43], Iris, etc.). Dans un troisième mode de déhiscence, connu sous le nom de déhiscence septifrage, et pour lequel je propose, comme plus précis, le nom de déhiscence latérale, les carpelles ne se désagrègent pas, et la nervure moyenne restant intacte, la rupture a lieu, pour chaque carpelle, selon deux lignes latérales correspondant au niveau où commence la soudure entre les carpelles voisins. Il résulte de celte déhiscence que toutes les cloisons continuent à former un même ensemble aboutissant à un axe central constitué par les placentas et portant par conséquent les graines, tandis que la partie dorsale de chaque carpelle constitue une sorte de valve qui se Flc Krui( (4ili j
détache des cloisons comme une fenêtre de son capsule biloculaire d’une Cruencadrement. Le fruit chez les Crucifères (fig. hhh) Clfère Urass‘ca)> h délitsprésente cette sorte de déhiscence, avec celte particularité notable que les graines sont insérées, non pas à l’extrémité des cloisons (an centre du fruit), mais près de la ligne où commence la soudure des carpelles. Le fruit des Crucifères a reçu les noms de silie/ue et (diminutif) de silicule.
Les fruits qui sont le résultat du rapprochement et de la soudure bord à bord d’un verticille de feuilles rarpellaircs ouvertes ou à limbe étalé, fruits qui, par conséquent, sont à une seule loge, bien que composés de plusieurs carpelles, présenlènt exactement les mêmes modes de déhiscence que les fruits pluriloculaires chez lesquels nous venons de faire connaître les trois principaux modes de déhiscence, mais avec la différence qui résulte du manque de cloisons, puisque les carpelles sont adhérents bord à bord et non face contre face.
' Par conséquent, chez les fruits pluricarpellaires- uniloculaires (fig. 445) à péricarpe sec, coriace, membraneux ou ligneux, le premier mode de déhiscence (déhiscence septicide ou disjonction des carpelles) constitue une déhiscence dans l’acception vraie du mot ; les feuilles carpellaires, étalées à l’avance, n’ont
DÉHISCENCE DU FRUIT
pas à éprouver isolement de déhiscence sutnrale carpellaire, et la désignation de septicide (qui signifie cloison partagée) est impropre dans ce cas, puisque la cloison est réduite à une suture bord II bord, .le propose pour ce mode de déhiscence (ex. : les Gentianes) l'expression de déhiscence sulurolc-in tercarpcllaire. Dans ce genre de déhiscence, chaque valve représente une feuille carpcllaire complète étalée, et porte par conséquent, dans le cas où les carpelles sont pluri-ovulés, des ovales sur ses deux bords (en exceptant le cas où le placenta
Fis. 445. — Fruit capsulaire uniloculaire, ouvert, Fis. 440. — lampe de l’ovaire «lu 1.1/simac/iîn rttlt/tirts (Fri mu lacée), à tt'his - de la Violette.
rence sept tenir ou suturnle~intercarprUairr.
est central, et paraît indépendant des feuilles carpcllaires ; ex. Primulacées, fi g. fi'ifi). Le deuxième mode de déhiscence ( déhiscence loculicidc ou dorsale) s’observe dans les genres Drnsera et Viola (Violettes, Pensées) (fig. M7), par exemple : les graines sont insérées sur la ligne moyenne de chaque valve représentant deux moitiés soudées de carpelles, ainsi que dans le cas où l’ovaire est
Fie.. 447. — Fruit capiulaire uniloculaire d une Violette, à déhiscence dormir ou loculicidc .
multiloculaire; la seule différence est que la cloison, qui, dans le cas d’ovaire multiloculaire, porte les graines, est réduite ici à une double ligne saillante (fig. Itfifi). — I.c troisième mode de déhiscence {déhiscence sept if rage ou latérale) s'observe chez le genre Chelidnnium (fig. IthH), chez les plantes de la famille des Orchidées, etc. : la partie dorsale de chacun des carpelles ne laisse persister, en se détacliam, que les sutures intercarpeilaircs, qui constituent alors une sorte d'encadrement sans panneaux. Mais la désignation de sept if rage (qui signifie cloison rompue) est impropre, puisque les cloisons sont réduites à des suturas bord à bord, et n’existent par conséquent pas. Je propose pour ce mode de déhiscence l'expression de déhiscence marginale c'est-ii-dire, se faisant près du bord des feuilles carpellaires).
DÉHISCENCE Df FRITIT,
Il me reste maintenant à parler des déhiscences incomplètes ou partielles et des fruits indéhiscents. Je désigne sous le nom de déhiscence» incomplète », des déhiscences susceptibles d'appartenir aux divers genres de déhiscence qoi viennent d’élre mentionnés, mais qui n’ont lieu que dans une certaine étendue de la longueur des valves. Quand ces déhiscences partielles ont lieu par l’extrémité supérieure du fruit, ce fruit présente l'aspect d’une urne dentée (ex. le fruit chez un grand nombre de genres de la famille des Caryophyllées).
Fir,. 418. — Fruit siliquiforme de la Ché- Fis. 450. — Fruit capeulâire biloculaire lidoine ( Chctidonium maju #), h déhit- polysperme du Muflier ( A nlirrhmum
retire latérale ou xeptifrage, et mieux mojus)t k déhiscence jjaricidc.
déhiscence marginale ,
Ces déhiscences peuvent être fort compliquées, participant en même temps au type septifrageou latéral (en vertu duquel le placenta devient libre au sommet du fruit) et au type loculicidc ou dorsal. Or, si le fruit est, par exemple, à cinq carpelles, la division septifrage ou latérale donne lieu à cinq valves qui, se trouvant subdivisées chacune en deux moitiés, en vertu de la déhiscence loculicide ou dorsale, produisent dix valves. On donne à ces valves incomplètes le nom de dents, en raison de leur forme triangulaire; ces valves ne correspondent qu’à la pointe des feuilles carpellaires, qui restent soudées dans la partie inférieure du fruit
Lorsque la déhiscence incomplète se fait au-dessous du sommet du fruit, il en résulte des irons qu'on nomme |>ores, ou de petites valves soulevées en manière de vasistas ( déhiscence poricide) : citez les Pavots (fig. Iih9) et citez les Antirrhinum (fig. fi50), par exemple, où la déhiscence nie paraît ne différer de
DÉHISCENCE DU FRUIT
colle des siliqtics des f’/ielidonium el dos Crucifères qu’en ce que la valve (partie dorsale d'une feuille carpellaire) lie se détache qu a sou extrémité supérieure seulement, l'extrémité du fruit du Pavot, au niveau des trous de la déhiscence, représentant le sommet ouvert d’une silique qui serait composée de carpelles nombreux.
Enfin, un mode de déhiscence saus analogie avec les cas précédents, et qui se raltaclie aux déhiscences incomplètes, consiste dans la rupture transversale d’un fruit composé de plusieurs car|>elles soudés, selon une articulation circulaire
Fie. 451. — Fruit «te l' Amiyntlis cærulen l'ouvrant en pyxide (déhiscence transversale).
dont la partie supérieure se détache en manière de couvercle à la maturité (pyxide). Si le fruit est à plusieurs loges, on comprend que celte déhiscence doit se lier avec le type septifrage (ou latéral) : tel est le cas, par exemple, chez les Hyuscyamus. Si le fruit est uniloculaire ( Auayallis , Mouron rouge, Mouron bleu, fig. 451), la déhiscence consiste uniquement dans cette rupture transver-
Fio. 452. — Fruit charnu pluriloculaire, polysperme, indéhiscent, «lu Nénuphar blanc (Nymphtra alha).
Fig. 453. — Campe transversale du même fruit à cloisons nombreuses résultant «le l’adossement des carpelles.
sale dont nous avons vu des exemples chez la gousse carpelle |x>lysperme sec isolé), avec cette différence que les fruits à plusieurs carpelles ne présentent qu'une seule articulation, tandis que les gousses articulées présentent autant d'articles qu'elles contiennent de graines.
I«es fruits indéhiscents composés de plusieurs carpelles peuvent être rangé dans deux catégories : 1° les fruits pluricarpellaires charnus; 2° les fruits pluricarpellaires secs monospermes (4 une seule graine).
DÉHISCENCE IUI FRUIT.
Les fruits charnus à carpelles polyspermes ne laissent leurs graines 3 nu que lorsque leur péricarpe se détruit par putréfaction : tels sont les fruits fies Malus (Pommier) (fig. 455), Nymphœa (fig, 452 et 453), etc. Dans d’autres cas où les carpelles sont monospermes, la couche extérieure du péricarpe seule est charnue, et la couche interne de chaque loge est dure et ligueuse (les fruits qui présentent cette structure sont le résultat de véritables drupes soudées en cercles). Dans
ce cas, la putréfaction agit comme chez les drupes isolées, en détruisant la couche extérieure charnue, et chaque graine, renfermée dans une enveloppe ligneuse, constitue un véritable akène qui ne s'ouvre qu’à l'époque de la germination: tel est le cas pour les genres Mes/iilus (fig. 454)el Cratœyus, par exemple.
Kig. 455. — Coupe transversale du fruit il 'une Poiuacéc, fruit infère charnu inlUIiiscenl.
fi r,. tibü. — Fruit infère d'un Armoria : akène indéhiscent résultant de U soudure de plusieurs carpelles dont un seul est fertile et monosperme.
Quant aux fruits secs résultant de plusieurs carpelles soudés constituant une seule loge à une seule graine (capsules monospermes) (lig. 456), ils se comportent aussi comme des akènes et ne s’ouvrent qu’à la germination : tel est le fruit dans le genre Tilia (Tilleul) et chez les Cupulifères (la noisette, fruit du Cory/us; la Châtaigne, fruit du Castanta ; le gland, fruit du Chêne, Quercus, etc.). Voy. FRUIT.
DÉHISCENCE l>K (.'ANTHÈRE.