DIMORPHISME
Salix ruhra, (loin le connectif cl le filet sont divisés longitudinalement, cl dont chaque étamine présente, par suite de cette structure, l'aspect d'une étamine fourchue, ou de deux étamines unilohées.
DIMORPHISME. « Une tendance chez les végétaux à l'avortement de l’androcéc ou du gynécée (étamines et ovaires). » (H. Lccoq. ) — En d’autres termes, une tendance des (leurs hermaphrodites à devenir uniscxuées, soit par l'atrophie du sexe mâle (étamines et pollen), soit par l'atrophie du sexe femelle (ovaire et ovules).
Cette dissociation des sexes aurait |K>ur résultat non de stériliser la plante, mais au contraire de tendre l'organe femelle plus apte à être fécondé, et à donner des produits bien constitués et vigoureux.
Dans le régne végétal comme dans le règne animal, la nature riqioussc les alliances entre trop proches parents; ces unions restent souvent stériles, et lorsqu'elles donnent des produits, souvent ils sont débiles, incomplètement développés, et ils s'éteignent sans postérité.
Daus les fleurs hermaphrodites on a remarqué que les étamines (souvent d'ailleurs mal placées pour entrer en communication dans une même fleur avec le stigmate) fécondent rarement l'ovaire de leur propre fleur. Très-ordinairement, au contraire, le pollen d’une fleur sert à en féconder une autre; tantôt la nature a placé dans ce but les fleurs d'une même inflorescence les unes au-dessous des autres, tantôt ce sont les insectes, surtout les abeilles (mettez des ruches dans les vergers!), qui sont les agents de ces fécondations croisées, soit de fleur à fleur chez un même individu, ou d'une fleuré la fleur d'un autre individu delà même espèce.
Chez les plantes à fleurs hermaphrodites, les choses ne se passent donc pas absolument autrement que chez les plantes 4 fleurs unisexuées, soit monoïques, soit dioïques. — Les plantes qui ont les premières appelé sur ce point essentiel de la biologie végétale l'attention d'un physiologiste éminent (M. Darwin) sont les espèces du genre Primula ( Primevères). On avait depuis longtemps remarqué, chez ces plantes, des fleurs de deux formes différentes séparées sur des pieds différents : dans les unes, les anthères sont situées plus bas que le stigmate (le tube de la corolle est alors élargi immédiatement au-dessus du niveau de l'ovaire, et le style est très-long); dans les autres, les anthères sont situées beaucoup plus haut que le stigmate (4 la gorge de la corolle, dilatée à partir de ce niveau seulement, et le style, par une sorte de compensation organique, est très-court). M. Darwin a constaté que si l'on isole ces deux différentes formes d’une même espèce de l'action des agents extérieurs, elles restent l’une et l'autre généralement stériles; rtqucdans la nature, au contraire, où les agents extérieurs leur viennent en aide (les abeilles transportent le pollen de l'une sur le stigmate de l’autre), elles sont fertiles. — Le dimorphisme des Primula accuserait donc chez ces plantes hermaphrodites une tendance à la diœcie. — La diœcie serait donc plus favorable à la reproduction chez les végétaux que l'hermaphrodisme.
Chez les Primevères à style court et à étamines situées à la gorge de la corolle, la dis|>osition de l'ovaire à être fécondé est très-marquée; cette forme représenterait (si sa tendance s’exagérait) le sexe femelle.
nioiQUE. — mosr.ORiNÊKS. 413
DIOIQUE, dinicus. Se dit d’une plante h (leurs unisexuécs, dont les (leurs i étamines (fleurs mâles), et les fleurs à ovaires (fleurs remclles), sont produites par deux individus distincts. Le Chanvre, la Mercuriale (lig. 531 et 532), les Saules, les Peupliers, sont des végétaux dioïques. — Linné avait groupé les végétaux dioïques eu une classe nommée Diiecie.
ntOM i: ( Dinnæa muscipula). — Vov. Attrape-Mouche. IIIOSCOKIXKKS. Famille de plantes monocotylécs qui dilîèrc de celle des Asparaginées par l’ovaire adhérent et par la conformation do la graine. la; Dioscorea Batalas a été introduit, depuis quelques années, dans nos cultures, pour sa racine charnue féculente. Les Ignames (D. alala, D. japonica, U. eburnea ), etc., jouent un rôle important dans l'alimentation des peuplades des régions tropicales. La famille des Dioscorinécs est représentée, dans la flore indigène, par le Tanins commuais (plante à racine vivace charnue, à feuilles pétiolées il limhe en cœur, h tiges annuelles voluhiles chargées en automne de petites haies d’un beau rouge), et par le Dioscorea pyrenaicu.
La racine volumineuse du Tamus commuais est d’une saveur Acre et amère. Cette substance est diurétique et purgative, et 5 plus forte dose émétique. File a été employée à l’extérieur comme vulnéraire, et comme antiscrofuleuse et antiarthritique. — Les Dioscorinécs sont des plantes souvent dioïques,
Fie. 53t. — Mercuriale ( Mcrcuiialit anima). Sommité Aurifère de l’individu mâle.
Fin. 532. — Mercuriale ( Mercurialit annua). Sommité florifère (le l'individu femelle.
DIOSMÊKS.
vivaces, volubiles, 4 souches souvent tubéreuses et charnues. Feuilles alternes pétiolées. Fleurs très-petites, disposées en épis axillaires, souvent unisexuées : les mâles 4 péiianthe 4 tube très-court, portant 6 étamines; les femelles à périanlbe tubuleux 4 la base, soudé avec l’ovaire. Ovaire infère, 4 3 lottes (à 3 carpelles). Fruit charnu bacciforme à graines arrondies, ou fruit capsulaire 3-loculaire, ou 1-loctilaire par avortement, 4 graines ailées. Graines peu nombreuses dans chaque loge. Embryon tris-petit, globuleux, placé dans un gros périsperme cartilagineux. — La petite famille des Taccacées (comprenant deux genres exotiques) a beaucoup d'analogie avec les Oioscorinées.
itlOSMKES. Famille de plantes dicotylées dial; pétales, 4 ovaire libre, appartenant 4 la classe des Térébinthinécs, et touchant d’une part les Itutacées et d’autre part les /.anthoxylées. — Celte famille importante se divise en plusieurs tribus : les Cispahiéhs et les PlLOCARPÊtS, plantes la plupart de l’Amérique tropicale; les BoRO.Mtns. plantes de l'Australie; les OlosMÈts proprement dites.
Fin. 533. — ll.iinoau florifère iln la Fraxi- Fis. 534. — IHusmn (Barotiua) crcnala. nette (Dictamiius alhus) , pro|iorlioii« Rameau florifère, proportions réduites, réduites.
plantesdu Cap, et les DtCTAMNÉES, comprenant le seul genre I)irlantnu$({i%. 533), qui ap|iarlient 4 l’Europe. — tes caractères généraux de la famille des Diosmées sont les suivants : Arbres ou arbrisseaux, rarement plantes herbacées. Feuilles coriaces simples ou composées, souvent ponctuécs-glanduleuses, aromatiques; stipules nulles ou réduites à des glandes situées 4 la base du pétiole. Fleurs ord. hermaphrodites, régulières ou irrégulières, axillaires ou terminales, en corymbes nu eu fascicules, quelquefois en capitules entourés d'un involucre. Calice 4-5-fide. Corolle 4 4-5 |>élalos insérés sur un disque hy|>ogyuc, ou 4 la base du calice , 4 pétales ord. libres, mais quelquefois soudés eu tube, très-rarement nulle. Étamines en même nombre que les pétales, rare-
DIPÊRIANTHÊE (PLEUR). — D1PSACÊES. 415
ment en nombre double. Ovaire sessile ou porté sur un podogync, à 3-5 carpelles libres ou soudés dans leur partie inférieure, toujours libres au sommet; styles d'abord libres, puis cohérents en un style indivis. Capsule à 3-5 coques (rarement une seule coque) indépendantes ou soudées dans leur partie inférieure, 4 loges ord. monospermes par avortement. Graines subréniformes, 5 périsperme charnu ou sans périsperme, 4 embryon droiL
Les feuilles du Diosma crenata (fig. 534) ont une odeur forte, désagréable, et une saveur âcre ; elles sont douées de propriétés toniques, diurétiques et stimulantes. — La seule espèce de la famille des Diosmées qui appartienne 4 la flore d’Europe est le Dictumnus a! bus (la Fraxinelle) (Gg. 533), plante herbacée vivace 4 feuilles composées-pennées, cultivée dans les parterres |K>ur la beauté de ses fleurs de couleur lilas, dis|>osées en grappes terminales. L'approche d'une bougie allumée enflamme instantanément l'air chargé d'émanations oléo-résineuses qui entoure la grappe de fleurs.
DIPÊRIANTHÊE (Fleur). Pourvue d’un périanthe double, c’cst-4-dirc d'un calice et d'une corolle.
Di/ietalus. A deux pétales. — Di plu/ U us = Hifulius. A deux feuilles.
üipluperistomata [Capsula). Urne 4 péristomc double. Se dit de la capsule des Mousses, quand son ouverture (ou péristome) présente deux rangées de dents.
DIPLOSTÉMONE (Fleur). A étamines en nombre double des pétales.
DIPSACÉES. Famille de plantes dicotylées gamopétales de la classe des Agrégées ( Agregalœ ). Les Dipsacées sont des plantes d’un |x>rl très-élégant, en dépit d’une certaine raideur. Les Scabieuses ornent nos prairies et nos bois,
Fig. 535. — Capitule de fleurs de la ücabieuse des jardins (Scnbiosa alropurpureu).
et l'une d’elles (S. atropwpurea) (fig. 535) est semée chaque année dans nos parterres ; le Dipsacus (Chardon-4-foulons) décore les lieux incultes et les talus des fossés de ses tiges épineuses 4 grosses tètes couronnées d'uu double cercle de fleurs lilas. Les genres (peu nombreux) des Dipsacées sont presque tous représentés dans la flore d'Europe. Les Dipsarus (et les Cephalaria, qui n’en diffèrent guère que par un iuvolucre plus court) appartiennent 4 la fois 4 l'Europe et 4 l’Asie moyenne, et s'étendent jusqu'aux limites boréales de l'Inde.
DIPSAf.ÉES.
Un Cephalaria habile le Cap. Les Knautia, les Pterncephalus, les Smbiosa, citoyens rustiques de l’Europe et de l’Asie, se plaisent, les uns dans la région méditerranéenne, les autres dans nos prés marécageux du .Nord, où le Scabiosa Succisa (lig. 53») fleurit jusqu'à la fin de raulomme. Le genre Marina, étranger à l'Europe, s'étend du Parnasse, par la Syrie et la Perse, jusqu’à l'Inde boréale. — La famille des Dipsacécs présente les caractères suivants : Plantes annuelles ou vivaces, rarement sous-frutescentes. Feuilles opposées ou verticillées,
les radicales souvent découpées, quelquefois épineuses, rarement ( Dipsacut) connées et embrassant à deux la lige d'une sorte de godet membraneux (Heuvoir-de-Vénus), qui conserve l'eau de la pluie et abreuve les oiseaux. Fleurs hermaphrodites irrégulières ou subrégulières (fig. 536 et 537), disjtosées en têtes compactes entourées d'un involucre à bractées ord. foliacées qui se prolonge ou non sur le réceptacle par des bractées squamiformes à l’aisselle desquelles naissent les fleurs (dans les Dipsacut, l'épanouissement marche à la fois de haut en bas et de bas en haut, pour un même capitule; le premier rang fleuri étant situé vers la moitié de sa hauteur). Chez les Scabieuses, le rang extérieur des fleurs est radié, c’est-à-dire à limbes plus amples et projetés en dcliors. luvolucellc en forme de calice tubuleux ord. cannelé, à limbe scaricux entier ou deuté, entourant chacune des fleurs et semblant en faire partie. Calice gamophyUc tubuleux, à tube soudé avec l'ovaire dans sa longueur ou dans sa partie supérieure seulement, ce calice prolongé en col au-dessus de l’ovaire, et terminé par un limbe ord. à 5 dents, ou à 5 nervures quelquefois plumeuses,
DIPTÉRCK'.ARPÉES. — DISJONCTIONS.
constituant une sorte d'aigrette. Corolle insérée au sommet dn calice, gamopétale, tubuleuse, à limbe 5-0de (ou û-fide par la réunion des deux pétales supérieurs), le lobe moyen plus grand que les latéraux, ce limbe étant quelquefois subbilabié. Étamines 4, inégales, insérées au tube de la corolle, quelquefois réduites à 2 par avortement Ovaire uniloculaire à style filiforme (quelquefois bifide) uni-ovulé; ovule réfléchi, suspendu. Utricule monosperme enfermé dans le calice, qui lui est plus ou moins adhérent, à limbe accru à 5 dents sétiformes ou membraneuses ou en forme d’aigrette , ce calice étant entouré par l’involucelle accru et persistant, qui constitue une sorte de calice extérieur. Graine à embryon eulonré d’un mince périspenne. — Les Dipsacées, proches voisines des Valérianées, s’en distinguent aisément par leur involucelte uuiflore, par l’ovaire franchement uniloculaire, et par la graine pourvue d’un périspenne.
DIPTÉROCAHPÉES. Famille de plantes dicotvlées subdialvpétales, à ovaire libre, comprenant de grands arbres des archipels de l’Inde, à suc résineux balsamique. Plusieurs (genre JJryobalanops ) fournissent du camphre analogue à celui des Laurinécs, et de l’encens (genres Val ica, Vateria, Dipterocarput) employé dans les cérémonies du culte indien. — Les caractères de cette famille sont les suivants : Arbres il feuilles pétiolées entières penninervées, enroulées dans le bourgeon ; stipules roulées en cornet couvrant le bourgeou, caduques. Fleurs hermaphrodites, régulières, axillaires, quelquefois en panicules. Calice ord. tubuleux, à 5 sépales illégaux, accrescents en ailes. Corolle à 5 pétales bypogynes libres ou soudés à la base, à préfloraison enroulée. Étamines en nombre indéfini, hypogynes. Ovaire libre, 3-loculaire, à loges 2-ovulées. Ovule réfléchi; style indivis. Fruit enfermé dans le calice, uniloculaire monospermeindéhisccut par avortement, ou capsulaire irivalve. Graines dépourvues de périsperme ; à embryon droit, Il larges cotylédons pliés.
Dipterus. Diptère ; qui présente deux membranes en forme d’ailes (ex. le fruit des Érables : Acer Pseudoplalanus, ou Sycomore, A. platanoides , etc.).
DISCANTIIÉES. Classe comprenant les familles suivantes ; Ombelliféres, ahali acêes, Ampêudêes, Cornées, Loranthacées, Hamamélidées, Bruniacées. Ses caractères sont les suivants : Plantes dicotvlées dialypétales. Calice soudé avec l'ovaire ou libre (Ampélidées, Bruniacécs). Corolle à pétales insérés sur un disque épigyne ord. en nombre égal à celui des sépales et alternant avec eux. Ovaire à 2-5 carpelles ou loges, 1 loges uni-ovulées ou pluriov idées. Fruit à loges monospermes. Graille pourvue d’un périsperme,
Disciformis. Disciforme, et mieux discoïde.
DISCOÏDE, discoideus = disciformis . Qui a la forme d'un disque ou sphère aplatie.
Discolor. Se dit d'une feuille dont les denx faces sont de couleur différente, par exemple la face supérieure verte etl'iuféricure blanche. Telle est la couleur des feuilles chez la variété discolore du Ilttbus frutirotus, du Spinra Ulmaria, etc.
Oiscrctus. Distinct, séparé, qui n’est pas soudé.
Discpalus. Se dit d'uu calice à deux sépales : par exemple dans les genres Papaver, Chelidumum, Funiaria, etc.
disjonctions. Anomalies consistant dans la séparation d’organes soudés
DISJUNCTUS. — DISQUE.
entre eux à I état normal : lorsque, par ex., une corolle dialypétalc remplace une corolle gamopétale. — Le nom de divisions doit être réservé aux anomalies qui consistent dans le partage d'un même organe en plusieurs lambeaux ou laciniures, par suite de fentes ou de déchirures. — Il est quelquefois diflicile au premier aspect de décider si un organe qui parait double est le résultat de la soudure de deux organes simples, ou de la division d'un organe simple unique. — Il ne faut pas confondre non plus les disjonctions et les divisions, qui sont le résultat de déchirures intérieures au développement de l’organe, avec les fentes qui existent dès le développement d'un organe, et qui constituent un vice de conformation congénital. Voy. Chorise.
Disjunctus. Disjoint, séparé, dessoudé. Se dit d’organes soudés entre eux dans l'état normal et accidentellement disjoints.
Dispansus. Se dit d’une plante dont les rameaux sont largement étalés daus tous les seus.
Dis/xir. Inégal ; dont l’un est beaucoup plus volumineux ou d’une autre forme que l'autre.
Dispertnus. A deux graines. Se dit d'un fruit ou d’une loge.
disposition, ditpositio. Arrangement. La disposition des fleurs sur la tige se nomme inflorescence. Je propose le mot infructescence [tour la disposition des fruits.
disque, discus. Verlicille d'organes appendiculaires rudimentaires, de nature cellulaire et glanduleuse, qui appartient à la fleur d'uu grand nombre de piaules, et se présente sous des formes variées : tantôt il se compose de pièces
Fie. 539. — Disque entourant la base Fie. 5.10. — Fleur d'un Cinlium présentait
de l'ovaire chez un Tamarix. un disque épigyue annulaire.
distinctes qui ont l'aspect de |>eiits cônes ou de petites lamelles charnues (et que l’on désigne souvent sous le nom de ijlamles) (ftg. 539) ; tantôt il constitue une couronne ou un cercle non interrompu, par la fusion des pièces constituantes entre elles (fig- 540); si ces pièces sont distinctes dans leur partie supérieure, les disques sont dits lobés. Le disque n'a pas été jusqu'à ce jour étudié assez rigoureusement au point de vue de la symétrie de la fleur ; on ne s’est pas encore rendu compte, dans un grand nombre de cas, de la situation des pièces qui le constituent relativement à la situation des autres organes de la fleur. Cette étude rigoureuse est du reste assez diflicile, vu les nuances qui existent entre un disque composé de pièces distinctes, un disque constituant une couronne lobée ou non lobée, et un disque réduit à certaines couches glanduleuses qui revêtent diverses parties de la fleur. Il est d'ailleurs très-diflicile, dans bien des cas, de décider avec cer-