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GENERA PI.ANTARUM. — GÉNÉRATION AITTERNAN TE DES CRYPTOGAMES

Généra plantarum. Titre des ouvrages dans lesquels on trouve exposés dans un ordre méthodique les caractères des genres. Les Généra de Tournefort, de Linné, de A. -I.. de Jussieu et d'Endlicher font époque dans la science.

CÉXtatATIOX tl.TtHWVTi; REM t'HtPHHJAtlES (fig. 819 II 8.17). Parmi les curieux phénomènes biologiques végétaux découverts et étudiés par d’habiles (ihysiologisles pendant ces dernières années, la génération alternante des Cryptogames est, sans contredit, un des plus dignes des méditations des naturalistes. Ces générations alternantes rappellent celles qui ont été également observées dans certaines classes inférieures du règne animal.

Une Cryptogame produit des spores ; ces spores tombent sur un terrain convenable, elles germent, et la plante qui nait de ces semences n'oiïrc aucun rapport de forme ni de structure avec la plante-mère. Celte plante nouvelle fructifie i sou tour, et ses spores reproduisent la plante première ou plante grand’mère. — El telles sont les différences de structure de ces êtres successifs nés l’un de l’autre, que si l’on n’avait pas suivi leur filiation, on les considérerait non-seulement comme espèces complètement distinctes, mais comme espèces appartenant 5 des genres et meme à des ordres différents.

En réfléchissant 5 ces cas merveilleux où les forces de la nature jouent cil quelque sorte avec le mystère (parfaitement inconnu, dans son essence) de la génération, où la forme et la structure ne sont pas transmises de la mère au (ils, mais seulement de l’aïeule an petit-fils, on se demande pourquoi ou mettrait en doute (sans preuves positives du contraire) la possibilité de la variabilité de l'espèce; pourquoi on regarderait, en principe et à priori, cette opinion comme une hérésie.

MM. Tulasne (1) ont fait connaître le phénomène de la génération alternante chez des Cryptogames amphigèues de la classe des Champignons (fig. 8 1 9 il 829). Une chenille (ou tout autre insecte) est attaquée par une Mucédinéc (Byssu*), sorte de mycélium filamenteux dont les derniers articles se désagrègent et sont les spores. Ces spores (conidics) se répandent sur le cadavre de la chenille (qui a succombé aux ravages causés dans son organisme par le développement de la Mucédinéc), et produisent non pas une nouvelle génération de la Mucédinéc, mais un Champignon charnu en forme de massue, de l’ordre des Thécas|x>rés, une Clavaire (genres Torrubia, Isuria, S/ihæria). La massue (réceptacle charnu, stroma) de la Clavaire est criblée «Je petites poches on conccplaclcs (jieritheeium) en forme de bouteilles dont le goulot s’ouvre à l’extérieur; ces conceptades renferment des thèques linéaires, lesquelles sont remplies par huit filaments cloisonnés (d’une ténuité excessive) dont chaque article est une spore qui devient libre, et qui, répandues sur le sol, donnent lieu à la production du byssus filamenteux conidiophorc (portant des spores).

M. Durieu de Maisonneuve raconte ainsi les générations alternantes du Clavaria militons observé par lui sur le corps de la chenille processionnaire du Pin, chenille que ces végétaux parasites détruisent par myriades : « lies chenilles malades par le fait de la germination, dans l'intérieur de leur corps, des

(1) OeUxla Funyorum Cur/tofagta , auct, L.-R. et C, Tulasne, toinc troisième.

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