PARASITE. — PARASITES VÉGÉTAUX DE L’HOMME
PARASITE, parusilieus. Se dit îles plantes (|ui végètent sur d'autres plantes vivantes qui leur servent de terrain, et dont elles s'assimilent les sucs nourriciers. Certaines plantes parasites germent sur la plante qui est leur nourrice : tel est le (lui (Vurum album), dont les fruits ou les graines enduits d’un mucilage gluant s'attachent aux écorces d'un grand nombre d'arbres, et y végètent dés leur germination. I.e Gui n'a d'autre racine que l'organe qui s'enfonce dans l'écorce de l'arbre : cet organe s'épanouit eu une couche ligneuse qui constitue une véritable greffe naturelle. D'autres plantes parasites commencent à végéter avec leurs propres racines, et ce n'est qu'un peu plus lard que leurs racines, ou quelques-unes seulement de leurs racines, s'accolent par leur extrémité (qui s'organise en suçoir) contre les racines des plantes voisines dont elles absorbent les liquides : tel est le mode de végétation des Orobanches et des Lathraa. M. Decaisne a constaté que les Melampyrum, les Thesium, etc., sont parasites de la même manière. Chez les Cuscutes, le mode de parasitisme diffère en ce que les suçoirs ne forment que des mamelons très-courts disposés le long de la tige de la plante, et que ces suçoirs (racines adventices modifiées) s'attachent non aux racines, mais aux liges des plantes voisines, plantes victimes qui succombent promptement aux étreintes et à la succion de la plante parasite.
On nomme faux -parasites les plantes qui vivent sur les écorces des arbres réduites eu terreau, sans absorber la sève des plantes qui les supportent : telles sont les Orchidées exotiques dites êpiphytes ou épidendres. — Dans le langage vulgaire, on désigne souvent sous le nom de plantes parasites les espèces spontanées qui se développent dans les terres cultivées. Ces plantes sauvages sont parasites au même titre que les malheureuses tribus dispersées d’un pcuple indigène chez le peuple conquérant qui s’est installé 5 leur place, leur fait la chasse, et nuit par les anéantir, usant du droit du plus fort, qui n'est pas toujours le meilleur.
rARtsilES vèci i vt x de t.Hotltli: Végétaux microscopiques, d'une structure très-simple et en quelque sorte rudimentaire (se propageant par des séininules ou spores, mais pouvant très-probablement se manifester spontanément dans certaines conditions pathologiques des tissus ou des liquides de l'économie animale) (ftg. 1 ISA à 1207), appartenant : 1° Ceux (pii vivent à la surface de la peau nu dans l'épaisseur de l'épiderme ou môme du derme, et sont en communication avec l'air libre, à la classe des Champignons. — 2* Ceux qui vivent à l’intérieur des cavités naturelles nu accidentelles du corps humain, généralement sur les membranes muqueuses, et toujours plongées dans les liquides de l’économie animale, à la classe des Air, LES.
L'étude et la connaissance de ces cryptogames parasites ne datent guère que de vingt à vingt-cinq ans. Les principaux observateurs qui les ont fait connaître (I) sont: MM. Gruby, Malmslcn, Rcmak, I.ebcrt, Bennett, Hannover, Muller, Itelzius, Charles Robin, Moquin-Tandon, Bouchot et Bouchardat.
(I) Ch. Robin t tli flaire naturelle des végétaux parasites qui croissent sur r homme et tes animaux vivants. Paris, 1853, 1 voî. in-8° avec allas «le 15 planches. — Moquin- T an don, Éléments de Botanique médicale , 2r édition. Paris. 1 86G. — BOUCHOT, Souvenus Eléments de patholoyie générale , 2r édition. Paris, 18ti8, 1 vol. in-8°.
PARASITES VÉGÉTAUX DE L’ilOMME.
On désigne, en pathologie, les végétaux parasites extérieurs (de la classe des Champignons, Moisissures) sous le nom d ' Epiphytes, et les végétaux parasites intérieurs (de la classe des Algues) sous le nom d ' Entophytes.
Moquin -Tandon répartit en sept genres les Épiphvtes connus. Ces Moisissures (ou Mucédinées et Mucorinées) sont distribuées ainsi qu’il suit dans la savante classification mv cologique de M. (.éveillé :
Division des C linos po rés, tribu des Coniopsidks : Puccinie du favus.
Division des Cystosporés : Tribu des Columellés : Mucor vulgaire.
Division des Arthrosporés ; Tribu des Aspergili.és : Aspergille auriculaire. — Tribu des Oidiés : Oïdium blanchâtre, 0. pulmonaire; Ar.horium de Scliœiileiu. — Trib i des Torui.acks : Microspore d'Audmiin, M. de la mentagre, M. pellicule; Trichophyte lonsurant, T. sporuloïde, T. des ulcères.
Le même auteur répartit en cinq genres les Entophytes connus, et les attribue à la classe des Algues. Ils présentent une organisation plus simple encore, « plus dégradée, plus élémentaire » que les parasites extérieurs. Ils se rattachent à la division des Algucs-gymnospermées, Algues à séminulcs (ou sj>ores, spermaties) formées de cellules superficielles, ou corticales et médullaires, non enfermées dans une capsule commune.
Tribu des Lkptomitëcs : Leptomite uropbile , L. ? de Hannover, h.? épidermique, L. ? utéricolc, L.? oculaire.
Famille des Oscili.ariees : Oscillairc ? intestinale.
Famille des I.eptothricées : Leplolhrix buccal.
Famille des Palmellêes : Mérismopcdie stomacale.
Famille des Cryptococcées : Cryptocoque du ferment.
Ces diverses végétations parasites (dont les figures sont ici représentées à de forts grossissements du microscope) oui été observées dans les circonstances suivantes :
PrcciNir. du favus (flg. 1 1 04). Filaments simples courts, terminés par deux ou plusieurs articles renflés, superposés, dont chacun renferme une niasse de très-ftnes spores qui s'échappent par déchirure de leur enveloppe vésiculaire. — Naît quelquefois à la surface des squames du favus (teigne faveuse). C’est une végétation accessoire du favus.
Ftc. 1194. — Puccinie du favus. Fig. 119b. — Aspcigille auriculaire.
Moisissure vulgaire (Muror Mncei/o, M. vuignn*). Filaments allongés, terminés par un uiriculc globuhux transparent, sc remplissant de Unes spores sporules]. Commun sur
PARASITES VÉGÉTAUX l)t L’HOMME.
les matières végétales ou animales en fermentation ou en décomposition. Cette Moisissure a été observée, mais très-rarement, chez l'homme, sur des tissus atteints de gangrène sénile (tissus dont la surface pouvait être considérée comme matière inerte).
Aspergille auriculaire (Asjtergillus auricularis) (fig. 1195). Les As/tcrgil/tts sont des Moisissures très -communes composées de filaments simples ou rameux, dont chacun sc termine par une houppe de petits chapelets de Ûncs spores. On a observé (rarement) sur l'homme et les animaux des Aspergitlus tapissant des cavités ouvertes à l'extérieur.
Oïdium blanchâtre (fig. 1196), O. pulmonaire (fig. 1197). Filaments simples ou rameaux, articulés, entrelacés à leur base, se terminant par une série de spores su|>erposées bout à bout et se désagrégeant l’une après l'autre. Les Oïdium attaquent surtout les vége-
Fig. 1196. — Oïdium blanchâtre. Fig. 1197. — Oïdium pulmonaire.
laux vivants : l'espèce la plus connue et la plus célèbre est l'Oïdium qui donne naissance à la maladie de la Vigne (Oïdium Tuckeri), — L’O. blanchâtre a été trouvé sur la membrane muqueuse de la bouche des enfants à la mamelle (Gubler). — I/O. pulmonaire a été observé (M. Bennett) dans les cavernes pulmonaires d’un phthisique.
Fig. 1198. — Acliuiiou Fig. 1199. — Achoriou de Scliœnlein. — u, //, tilameuts de Scliœnlein (favus). du réceptacle ; c, </, spores.
Achorion de Schikni.ein (tig. 1198 et 1199;. Végétal parasite de la teigne faveuse. Se développe principalement sur la peau de la tète, à la base des cheveux, et constitue de petites masses jaunâtres dont l’intérieur est formé de filaments ou tubes simples ou ramifiés mêlés de spores libres ou en chapelet.
Mighosporf.s. Le genre Microsporium (Gruby) est voisin du genre Achorion. Ce sont des filaments feutrés dont la surface sc couvre de spores. — Le M. d'Audouin habile la base des cheveux, il produit la teigne décatvnnte . — Le M. de la mentagre se développe à la base des poils de la barbe. — Le M. pellicule (flg. 1200) constitue des taches pulvérulentes, et laisse des taches rosées ou cuivrées (pityriasis disco/or) à la surface de la poitrine et sur le cuir chevelu; il cause de vives démangeaisons et détermine la chute des cheveux. Espèce très-commune et contagiouse par le contact.
l'AK ASftl'KS VÉGÉTAUX l>L LIIOUML.
Trichophyte tonsuraîit (Gruby) <'ûg. 120!). Produit la teigne tondante. Spores libres ou disposées eu chapelet, se développant en quantité innombrable à l'intérieur mémo des cheveux et en sortant par leur rupture. Les cheveux envahis deviennent secs et fragiles, grisâtres, se brisent et se détruisent.
Fig. 12U0. — Microspore Fig. 1201. — Trichophyte tonsurant. — a, cheveu pellicule. malade : sa rupture sur un point donne lieu à la sor-
tie des spores ; by filament articulé ; ry spores.
Fig. 1202. — Lcptomile de llannover. . Fig. 1203. — Leptomite épidermique.
Fig. 1204. — Leptomite utéricole. Fig. 1205. — Leptolhrix buccal.
Leptomites (Jjpjttomitus Agardh). Filaments rameux composés de petits articles qui renferment des spores. Les auteurs en ont signalé six espèces (plus ou moins bien connues) vivant en parasites dans les liquides animaux. — Le L. épidermique (Gubler; (ftg. 1203), fUa-
PARASTADES.