‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 28 (volume 5)Chapitre 71 sur 155 · DE PI.C · texte numérisé non relu

DE PI.C

Chauffé aux environs de 350°, le carbonate de plomb perd son acide carbonique et se décompose en donnant comme résidu du massicot.

La céruse, quand elle est pure, partage les propriétés ci-dessus, mais elle est le plus ordinairement mélangée à d’autres substances et principalement au sulfate de baryte ou blanc fixe , lequel, bien entendu, masque ou complique les réactions.

fabrication industrielle de la céruse. — Plusieurs méthodes sont employées et les produits varient un peu suivant le procédé auquel on donne la préférence.

Le procédé le plus ancien, connu sous le nom de procédé hollandais, est encore celui qui donne la meilleure céruse; c’est-à-dire celle qui couvre le mieux, si ce n’est la plus blanche. Mais il est tellement insalubre qu’une foule de modifications ont surgi, dont le but principal est d’éviter les dangers que présente, pour la santé des ouvriers, la fabrication hollandaise, tout en se rapprochant, autant que possible, du produit qu’elle fournit. Donnons d’abord une idée de ce procédé ancien.

Procédé hollandais . — En substance, il. consiste àdisposer au sein de tas de fumier en fermentation, des séries de pots en terre contenant du vinaigre et des lames de plomb.

Le fumier (qui ne doit pas dégager d’hydrogène sulfuré en quantité notable, sans quoi la céruse serait noircie) fournit la chaleur et l’acide carbonique nécessaires à la réaction.

On ménage, d’autre part, des espaces vides destinés à assurer l’accès de l’air en quantité convenable.

En Angleterre, on donne la préférence autan sur le fumier, attendu qu’il n’y a pasà se préoccuper de l’acide sulfhydrique, et que, si d’un côté, la chaleur dégagée est plus faible, de l’autre, il est plus facile de diriger l’opération.

Au bout de six semaines environ on défait ces tas et on retire des pots les lames de plomb couvertes d’un enduit de céruse qu’il faut détacher du plomb métallique. Anciennement on battait les plaques à la main ou au marteau et c’était l’une des manipulations les plus insalubres, ainsi qu’il est facile de le prévoir. Aujourd’hui, la séparation se fait mécaniquement dans une pièce hermétiquement close.

On obtient de la sorte un mélange d’écailles et de poudre de céruse ; on broie ensuite à la meule en arrosant d’eau, on sèche le produit, et on le livre au commerce.

La théorie de l’opération est des plus simples. Sous l’influence delà chaleur, l’acide acétique se réduit en vapeur et vient attaquer le plomb que l’accès de l’air humide oxyde d'autre part. Il y a formation d’acétate basique de plomb lequel est précipité lentement par l’acide carbonique provenant du fumier.

Le produit est cristallin.

L’oxyde de plomb n’est pas tout entier engagé dans la combinaisou avec l’acide carbonique : une partie échappe à la réaction en sorte que le produit définitif n’est pas le carbonate PbO. CO2 mais bien un hydrocarbo-

PLOMB

PLOMB

nate mélangé de carbonate de plomb, 5 (PbO. CO2). PbO. HO. sensiblement.

Le procédé hollandais a été modifié par les fabricants des environs de Tienne (Autriche) où l’on obtient de très-beaux produits : 1° en employant le plomb pur de Bleiberg ; 2° en substituant la chaleur artificielle d’étuves très-vastes à celle du fumier ; 5° en se servant d’un mélange de vinaigre et de marc de raisin qui fournit à la fois l’acide acétique et l’acide carbonique.

Les céruses de Tienne et de la Carinthie, préparées par ce procédé, sont remarquables par leur blancheur.

Procédé de Clichy . — La modification la plus importante qu’on ait apportée au procédé hollandais est, sans contredit, la méthode inventée par Thénard, en 1801, et qui porte le nom de procédé de Clichy.

On commence par préparer, au moyen d’acide acétique et de lithargé, une solution d’acétate tribasique de plomb, à travers laquelle on dirige ta courant d’acide carbonique provenant, soit de la combustion du charbon, soit encore de la calcination du carbonate de chaux dans un véritable four à chaux (Dumas) .

On obtient un précipité dont la composition est seulement2 (PbO. C0!) -j-Pb 0110.

La liqueur surnageante n’est autre chose que de l’acétate neutre qu’on sature à nouveau par la lithargé et l’opération peut se continuer indéfiniment par addition de lithargé et production d’acide carbonique sans perte d’acide acétique, du moins en théorie.

Le dépôt de céruse (qui n’a nul besoin d’être broyé) est lavé, séché, embarillé mécaniquement dans des appareils entièrement fermés, ce qui évite les accidents d’intoxication saturnine.

Cette céruse, dite par le procédé de Clichy, est très-blanche et se mélange parfaitement à l’huile; mais en raison même de son extrême ténuité et de la structure du précipité, elle couvre moins bien que la céruse faite par le procédé hollandais, laquelle contient d’ailleurs plus de carbonate de plomb pour une même quantité d’hydrate plombique.

En modifiant le procédé au point de vue des appareils et aussi de la production d’acide carbonique qu’on emploie à l'état pur, Ozouf est parvenu à préparer industriellement une céruse dont les propriétés couvrantes sont tout à fait comparables à celles des céruses de Hollande.

Elle en a d’ailleurs sensiblement la composition puisqu’elle répond à la formule 5 (PbO. CO2). PbO. HO.

Sulfate. — S2 P b2 O8 — Le sulfate de plomb existe à l’état naturel, c’est Yanglésite. Mais dans le commerce, c’est un corps pulvérulent préparé en attaquant le plomb par l’acide sulfurique concentré et bouillant, ou encore par double décomposition. Il est a peu près insoluble dans l’eau, soluble dans les acides surtout concentrés et bouillants.

Il se dissout aussi dans les sels ammoniacaux (surtout le tartrate) dans l’acétate d’alumine, dans l’acétate de chaux, dans l’hyposulfite de soude, etc.

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