PLOMB. - CARACTÈRES DES COMPOSÉS PLOMBIQÜES
sèche; ou transformées en sels solubles qu’on peut analyser aussi par voie humide.
Il y a donc deux ordres de caractères. Parlons d’abord de ceux que fournit la voie sèche, qui s’applique à tous les dérivés du plomb sans exception.
Chauffés au chalumeau sur le charbon, avec du carbonate de soude ou du cyanure, tous les composés plombiques sont réduits et fournissent un globule de plomb métallique reconnaissable à sa mollesse, et offrant la propriété de s’aplatir sous le marteau.
Ce caractère spécifique s’obtient en employant la flamme de réduction ou flamme intérieure.
Avec la flamme extérieure ou d’oxydation, on voit se produire une auréole jaune ou rougeâtre d’oxyde de plomb.
On peut encore obtenir des enduits présentant des propriétés assez tranchées pour devenir caractéristiques.
Avec le borax ou le sel de phosphore, la perle est incolore ou simplement jaunâtre, si la proportion de plomb est très-forte.
On peut enfin doser le plomb par voie sèche, dans les combinaisons insolubles. Nous renvoyons, à cet égard, à ce que nous avons dit à propos de la galène et de la métallurgie (voy. p. 286 et 287.)
Voie humide. — Les sels solubles de plomb ont une saveur douceâtre, puis astringente. Ils sont très-vénéneux.
Généralement fixes et incolores quand l’acide n’est pas lui-même coloré, ceux qui sont neutres chimiquement, rougissent la teinture de tournesol.
Cette propriété disparaît naturellement dans les sels basiques.
En solution, les sels de plomb présentent les réactions suivantes :
1° Le fer, le zinc, le cadmium, le déplacent à l’état métallique.
2° L 'hydrogène sulfuré donne un précipité noir ou brun noir, insoluble à froid dans les acides, dans les sulfures alcalins, les alcalis et le cyanure de potassium.
En liqueur chlorhydrique concentrée, la couleur du précipité est d’abord d’un rouge brun (chlorosulfure), qui ne devient tout à fait noir que si l’on a soin de diluer largement.
Ce sulfure se dissout à chaud dans l’acide azotique, mais le résultat Varie avec la concentration de l’acide. S’il est étendu, le soufre se dépose et le plomb se dissout à l’état d’azotate.
Si l’acide est fumant, les deux éléments de sulfure s’oxydent simultanément et tout passe à l’état de sulfate de plomb insoluble.
Pour une concentration moyenne, on obtient à la fois du soufre, de l’azotate et du sulfate.
5° Les sulfures alcalins donnent le même précipité de sulfure noir PbS, insoluble dans un excès.
4“ La potasse et la soude précipitent en blanc les sels basiques. Ce précipité d’hydrate de plomb est soluble dans un excès du réactif. Et la solution additionnée de chlore donne un précipité de peroxyde de plomb PbO!.
304 PLOMB. - SÉPARATION DU PLOMB , d’avec LES AUTRES MÉTAUX.
5° L’ ammoniaque précipite aussi les sels de plomb, mais le précipité n’est pas soluble dans un excès. La réaction se complique parfois de la formation de sels basiques ou doubles, qui se précipitent avec l’hydrate.,
6° Les carbonates alcalins donnent un précipité de carbonate basique ( Voy . Cérusé) très-peu soluble dans un excès du précipitant.
7° L'acide chlorhydrique et les chlorures solubles précipitent les sels de plomb en blanc. Ce précipité soluble dans l’eau, surtout à chaud, ne change pas de couleur en présence de l’ammoniaque, bien qu’il passe à l’état d'oxychlorure PbCI3PbO -4- HO, lequel est moins soluble dans l’eau que le chlorure.
8° Avec l’acide bromhydrique et les bromures, précipité blanc.
9° L’acide iodhydrique et les iodures solubles donnent un précipité d’un beau jaune, légèrement soluble dans l’eau bouillante, soluble dans un excès d’iodure de potassium.
10° Avec Y acide sulfurique et les sulfates, on a un précipité blanc de sulfate de plomb, qui se forme lentement dans les solutions étendues. Sa séparation est facilitée par l’addition d’un peu d’acide sulfurique, ou mieux encore par celle de l’alcool.
Ce précipité est soluble dans les acides concentrés et bouillants, soluble aussi dans la lessive de potasse et dans les sels ammoniacaux, acétate, tartrate, etc.).
11° Le chromate de potasse fournit un précipité jaune de chromate de plomb, facilement soluble dans la potasse, difficilement dans l’acide nitrique faible.
12° Le cyanure jaune et Y acide oxalique donnent un précipité blanc, de même que l’acide tartrique.
La noix de galle un précipite jaune paille, etc.
Sont caractéristiques pour les sels de plomb :
1° La production au chalumeau, sur le charbon, du globule métallique s’aplatissant sous le marteau ;
2° La réaction de l’acide chlorhydrique qui classe le plomb à côté de l’argent et du mercure. Mais la distinction s’effectue facilement au moyen de l’ammoniaque, qui dissout le chlorure d’argent et noircit le protochlorui’e de mercure ;
3° Celle du sulfure PbS ;
4° Enfin, celles de l’acide sulfurique, des chromâtes et des iodures.
Séparation du plomb d’avec les autres métaux — Nous venons de voir comment, dans un essai qualitatif, on distingue le plomb de l’argent et du mercure, précipitables comme lui à l’état de chlorures.
Pour effectuer la séparation du plomb et de Y argent, on étend la liqueur, additionnée d’acétate de soude, d’une quantité d’eau suffisante pour que le chlorure de plomb reste en solution, puis on précipite l’argent par une quantité ménagée d’acide chlorhydrique. On filtre, et dans la liqueur l’hydrogène sulfuré précipite le plomb.
On peut aussi, en solution nitrique, éliminer l’argent à l’état de cya-
PLOMB. — dosage. 305
nure, et précipiter par l’acide sulfhydrique le plomb resté dans la liqueur filtrée.
Ou encore, en liqueur neutre, réduire à chaud l’argent par un formiate qui laisse le plomb en solution.
Le mercure , grâce à sa volatilité, est facile à séparer du plomb qui est à peu près fixe.
On peut également traiter par le carbonate et le cyanure de potassium a une douce chaleur; par filtration, on sépare le carbonate de plomb. Le mercure reste en solution dans la liqueur.
Le cuivre se sépare du plomb en profitant de la solubilité du sulfate de cuivre et de l’insolubilité du sulfate de plomb. Cette séparation est très nette.
La suivante est plus délicate, bien que le principe soit le même.
Plomb et bismuth. — Pour séparer le plomb du bismuth, on peut opérer de la manière suivante :
L’alliage est attaqué par de l’acide azotique étendu de deux fois son volume d’eau; on ajoute ensuite un léger excès d’acide sulfurique et on évapore lentement à la capsule. Quand la matière est asséchée, on calcine légèrement de façon à chasser presque tout l’acide sulfurique.
On laisse refroidir, puis on brofe la substance avec de l’acide sulfurique faible (i dixième environ pour 9 dixièmes d’eau). On réitère ce traitement 5 ou 6 fois.
Dans ces conditions, le bismuth seul est dissous ; le sulfate de plomb reste sur le filtre, on le recueille et on le pèse ( Voy . p. 306).
La séparation du plomb d’avec le fer, le zinc, le manganèse , le cobalt et le nickel, n’offre aucune difficulté, puisque ces métaux, en solution acide, ne sont pas précipités .par l’hydrogène sulfuré.
Celle du chrome, un peu moins nette peut-être, s’effectue pourtant assez facilement, soit par l’hydrogène sulfuré, soit par le chlorure, soit encore en faisant digérer avec de l’acide sulfurique étendu.
La séparation d’avec les métaux terreux ou alcalins se fait très aisément au moyen de l’hydrogène sulfuré principalement.
Quant à l’ antimoine, Y arsenic et V étain, on les sépare du plomb en les transformant en sulfures qu’on fait dissoudre par digestion en présence de sulfhydrate d’ammoniaque jaune. Le sulfure de plomb reste comme résidu.
Dosage. — Le plomb peut être dosé sous différents états : oxyde, sulfure, chlorure, sulfate, chromate. Suivant les circonstances, on donnera la préférence à l’une ou l’autre des méthodes :
1° On dose le plomb à l’état d 'oxyde en précipitant d’abord le plomb par les carbonates ou les oxalates, séchant le précipité soigneusement lavé, et calcinant au creuset de porcelaine. Le résidu est de l’oxyde qù’onpèse. L’azotate le fournit directement.
Il y a toujours une perte légère dont on tient compte.
2° Sulfure. — Étant donné le précipité de sulfure de plomb, on le lave avec une dissolution d’acide sulfhydrique, on le sèche à basse tem-