MUE
sent entièrement sous ces modifications ou travestissements. Par exemple , on écrira larghetto pour indiquer un mouvement un peu moins lent que largo; andantino , pour indiquer un mouvement un peu moins gai quandante ; allegretto, pour un mouvement un peu moins gai q\x allegro; prestissimo, pour un mouvement plus accéléré que pi'esto , etc., etc.
Quant aux termes accessoires et modificatifs , le nombre en est assez considérable, et il pourrait s'étendre suivant le caprice ou la volonté du compositeur. Voici les principaux.: affettuoso, agitato, amabile, amoroso, assai , allegremente , cantnbile, con brio, con espressione , con gusfo, lamentabile, maestoso , moderato, molto , staccato., sostenuto , spiritoso , tempo di mascia , tempo di minuetto, etc.
Du reste c'est dans le sentiment musical et dans l'esprit du morceau qu'il a sous les yeux qu'un musicien vraiment artiste doit savoir puiser le caractère du mouvement convenable ; et en définitive, si son astre en naissant ne l'a pas fait assez homme de goût pour qu'il puisse se diriger dans sa marche sans autre boussole que celle de sa propre inspiration, il trouvera dans l'ingénieuse machine de Maëlzel (le métronome) de quoi suppléer a son entendement.
MOUVEMENTÉ , E , adj. — On dit quelquefois qu'un morceau de musique est bien mouvementé pour faire entendre que toutes les conditions du rhythme y sont sagement réglées et observées.
MUANCES ou MUTATIONS, 5. /'. pi. — Transposition ou changement du nom des notes dans la solmisation, chez les anciens, lorsque le chant sortait de l'exacorde. Depuis l'introduction du si ajouté aux six notes inventées par Guy d'Arezzo^ il n'est plus question des muances.
MUE, s. f. — Du latin mutatio (changement). On appelle mue de la voix, chez les adultes, la révolution qui s'opère dans leur organe vocal à l'âge de puberté. (Voy. Muer.)
MUER, V. n. — Se dit des jeunes garçons quand leur voix change en descendant , ordinairement d'une octave, de l'aigu au grave, soit qu'ils prennent une voix de ténor ou une voix de basse. Cette mutation s'opère à l'âge de puber'-é, et sa période est quelquefois de plusieurs années.
MUHKY, s. m. — Sorte de composilion musicale de genre polonais, à peu près tombée en désuétude.
MUSE, s. f. — Chacune des neuf déesses qui, suivant les traditions de la Fable, présidaient aux arts libéraux. Il paraîtrait que les Muses furent dans le principe un chœur musical de femmes em])Ioyées au service d'un des plus anciens rois d'Egypte. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'Apollon eu fut le chef. Ces neuf filles du ciel étaient Clio, Thalie, Eutcrpe, Melpomène, Terpsichore, Erato, Polymnie, Uranie, Calliope. Euterpe était celle d'entre elles qui présidait à la musique.
MUSEITE, s. f. — Instrument champêtre autrement dit cornemuse. — On appelait autrefois musette certain air pastoral portant mesure à G/8 avec bourdon, comme ceux qu'on joue sur la cornemuse. (Voyez ce mot.)
MUSETTE, «. /. — Petit instrument à anclie , dans le genre du hautbois, mais très-incomplet et très-insignifiant, quoique l'on ait cherché à l'utiliser dans les musiques militaires. Son étendue n'est que d'une octave ou à peu près, sans demi-tons. On a cependant essaye d'y ajouter deux ou trois clefs, addition qui lui est absolument indispensable.
MUSICAL, E, arjlj. — Qui s'applique à tout ce qui peut avoir quelque rapport avec la musique. Ainsi l'on dit : Vart musical, la science musicale, soirée musicale, tjalerie musicale, génie musical, et au pluriel masculin musicaux.
MUSICALEMENT, adv. — D'une manière musicale; selon les règles de la musique.
MUSICIEN, E, adj. et subst. — Celui ou celle qui pratique la musique, qui en exécute ou qui en compose. On est musicien sous plusieurs points de vue et à des conditions bien différentes : on est musicien depuis le pauvre ménétrier du village jusqu'au grand maître de chapelle, depuis le porte-chapeau-chinois de la musique du charlatan public jusqu'au premier chef d'orchestre du théâtre de la Scala. Les uns et les autres doivent être honorés et considérés relativement. (Voy. Justesse, Oreiue, Organe, Musique, Compositeur, etc.)
MUSICIENS AMBULANTS. — (Voy. Artistes en plkin vent.)
MUSIQUE, s. f. — La musique est l'art de combiner les sons de manière à émouvoir l'àme et à parler au sentiment. Elle peut se diviser en deux grandes catégories, qui sont la musique vocale et la musique inslrumeniale , lesquelles se subdivisent ellesmêmes en trois genres différents que nous allons distinguer et spécifier.
Les trois genres de musique vocale sont : 1° la musique d'église nu de plain-chant; — 2° la musique de chambre ou de salon . — et 3" la musique de théâtre ou dramatique.
Les trois genres de musique instrumentale sont : 1° la musique particulière, soliste ou d'étude; — 2° la musique concertante, qui doit être exécutée par deux ou plusieurs instruments, c'est-à-dire celle des duos, des trios, des quatuors, etc., — et 3° la musique orchestrale, guerrière ou d'ensemble, qui comprend les ouvertures, les sjrmphonies, les harmonies militaires, etc.
La musique prise en général est un des arts les plus anciens; on pourrait presque dire qu'il est aussi ancien que le monde. Mais tout porte à croire que la musique vocale précéda la musique instrumentale. La Bible et les Hébreux en attribuent l'invention ou les premiers perfectionnements à Jubal, fils de Lameth, vers l'an 3100 avant J.-C. Les Chinois en font honneur à Fou-hé, leur premier roi, l'an 291i avant l'ère chrétienne; les Égyptiens à Hermès ou Osiris, les Indiens à Brama, et les Grecs à Apollon, Orphée, Linus, Amphion, etc. Enfin Diodore prétend que l'observation du sifûement des vents dans les roseaux et autres tuyaux de plantes donna l'idée des instruments à vent. Les premiers furent des cornes de bœufs ou d'autres animaux , des roseaux dont on fit des chalumeaux et des flûtes plus ou moins grossières. La musique, qui n'était point encore alors un art, marcha ainsi dems l'obscurité jusqu'au troisième ou quatrième siècle avant J.-C, époque à laquelle les Grecs commencèrent à lui donner des règles et des principes. Us la notaient au moyen de lettres alphabétiques qui leur servaient de chiffres; mads ils y ajoutèrent une multitude de signes dont ils embrouillèrent inutilement leur méthode. Ils avaient divisé l'expression de leur musique en cinq modes principaux qui représentaient le caractère, le génie ou l'ancienneté de chacun des cinq peuples les plus connus
alors. Ces cinq modes étaient le dorien, Vionien , le phrygien, Yéolien et le lydien.
C'est Guy d'Aiczzo, chantre dans le monastère des Bénédictins en 102G, à qui l'on doit les premiers progrès et développements de la musique dans le moyen âge. 11 changea le tétracorde des Grecs, c'est-à-dire réchelle de quatre cordes ou quatre tons, en un hexacorde, échelle de six tons, et prit le nom des six notes qui la composaient dans la première strophe do l'hymne à saint Jean que voici :
Ll'qiin ant lax - is RI'' - so - na • re fi -bris Ml-ra
to - rtiui FA - mil - li tu - o - ruin SOL - ve pol-lu-
li LA - bi - i re - a - liim San - cte .lo - baii-ui-s.
Depuis le pape Grégoire le Grand, qui attacha son nom au plainchant vers 590, jusqu'au quinzième siècle, la portée musicale, dont la notation se faisait encore alors au moyen de lettres, fut composée d'abord de huit lignes marquées chacune d'une lettre de la gamme, de sorte qu'il n'y avait qu'un degré conjoint d'une ligne à l'autre; mais ensuite on la réduisit à quatre lignes en utilisant les espaces ou blancs qui existent de l'une à l'autre, ce qui la simplifiait sans rien changer à son étendue. Ce ne fut qu'après le quinzième siècle qu'on imagina la |iortée de cinq lignes, tout en laissant subsister celle à quatre lignes du plain -chant, spécialement consacrée à l'Église.
Guy d'Arezzo avait aussi établi le système des clefs, qui fut perfectionné et complété depuis. 11 créa les trois principales, celles de sol, d'ut et de fa; il ajouta une cinquième ligne aux quatre seulement dont la portée était encore alors composée, et commença enfin a dissiper les ténèbres qui obscurcissaient l'art musical.
l'ius tard [vers le milieu du dix-septième siècle) Lemaire ajouta