VI PRÉFACE DE I/AUTEUR
Ce livre parut vers 1460. Le second, celui de Sébastien dis Brossard, grand chapelain et maître de musique de la cathédrale de Meaux, ne vit le jour que plusieurs siècles après, en 1703 ; vinrent ensuite celui de J.-J. Rousseau, vers 1750'; celui de rEncyclopédie, en 1764; celui de M. Castil-Blaze, en 1821 ; et enfin celui, le plus étendu de tous, du docteur Pierre Lichlenthal, qui fut publié en italien et reproduit en français par M. Dominique Mondo, dont la traduction parut en 1839 '.
Certes, si dans un siècle comme le nôtre, où le progrès court à fond de train, l'art musical, au lieu de marcher de pair avec les autres arts libéraux, fût resté stalionnaire ; si nos grandes manufactures d'instruments , inactives ou impuissantes dans leurs recherches, ne s'étaient point élevées, depuis quelques années, au plus haut degré d'amélioration et de perfectionnement; si des systèmes nouveaux, de nombreuses et importantes innovations, d'ingénieuses découvertes musicales en tout genre, n'eussent point surgi de toutes parts, nous n'aurions pas besoin aujourd'hui d'un nouveau vocabulaire spécial pour faire connaîtie tous les termes de musique et leurs innombrables variations ou développements. Mais, grâce au ciel, il n'en est point ainsi, et après tous les auteurs musiciens que je viens de citer, même après avoir répété en d'autres termes ce qu'ils ont dit, il reste encore beaucoup à dire. C'est pourquoi je prends aujourd'hui la plume pour publier ce nouveau Dictionnaire, beaucoup
' Une reproduction plus on moins partielle du même ouvrage a été publiée en plusieurs éditions , il y a quelques années, par les frères Escudier.
Nous ne devons pas oublier non plus, en citant les livres de ce genre qui ont été publiés récemment, le Dictionnaire liturgique, historique et théorique de plainchant ei de musique d'église, par M. J. d'Ortigue, qui a paru en 1854. cliez Potier.
PREFACE DE L AUTEUR. vu
plus complet, quoique plus résumé et plus élémentaire que tous ceux de ce genre qui l'ont précédé.
En un mot, mon principal but, en écrivant ce Dictionnaire, a été de simplifier et d'aplanir certaines aspérités théoriques en mettant à la portée de toutes les intelligences un livre spécialement destiné à la jeunesse et en le dégageant de tout ce fatras scientifique qui lui a rendu jusqu'à ce jour fastidieuse l'étude de la musique... de la musique, ce dernier refuge et cette seule douce consolation des êtres malheureux et sensibles, loyer de jouissances divines, qui l'ont justement fait appeler le plaisir des anges et le plus beau des beaux-arts !
ChABLES SOULLIER.
Première lettre de l'alphabet. — Dans la musique des anciens, le sixième degré ou sixième son de ; la gamme diatonique et la dixième corde de la ' gamme diatonique chromatique. A la mi ré, chez kles Latins; A la, chez les Italiens, et A mi la, chez les Français, ou simplement la. — La lettre A sert aussi à désigner les tons dans lesquels doivent jouer certains instruments à vent, tels que le cor, la clarinette, etc. Ainsi l'on dit cors en A, clarinette en B , etc.
ABRÉVIATIONS, s. f. pi. — Ce sont de petites harres, simples, doubles ou triples, selon qu'elles représentent des croches, des doubles-croches ou des triples-croches, et que l'on place en travers sur la portée afin d'éviter la répétition de l'arpège, du groupe ou du triolet qu'elles reproduisent. Ces petites barres se placent quelquefois aussi sur la note elle-même ; ainsi une blanche dont la queue est coupée par une barre simple doit être considérée comme quatre croches, avec une barre double comme huit croches, etc. — Les chiffres placés sur une pause représentent le nombre de mesures à compter. (Voy. Tacet.)
Il existe encore d'autres abréviations de natures différentes et