VILLE DE PARIS
PREFACE
De toua les biens , le plus précieux est, sans contredit, la santé : riches et pauvres, tous en conviennent; mais ce dont on. est aussi forcé de convenir, c'est que de toutes, les sciences la plus ignorée des gens du inonde est précisément celle qui a pour but de conserver ce bien, si précieux quand on le possède, et de le recouvrer quand on a le malheur de le perdre.
Et d’où vient ce contraste si choquant entre le besoin si impérieux de la sauté et l’ignorance générale des moyens de la conserver? C’est ce que nous ne prétendons point discuter ici; qu’il nous suffise de signaler ce fait, dont les résultats doivent être si déplorables, et tout le monde comprendra que nous ayons cherché à y apporter remède parla publication de notre Dictionnaire de santé.
Il existe déjà en France divers ouvrages de médecine populaire; quelques-uns même ont obtenu un véritable succès , mais aucuns cependant n 'ont atteint le but que nous nous proposons aujourd’hui , et il n’en pouvait être autrement. Les uns publiés dans un but de spéculation et d’intérêt privé , n’ont été, par cela même , d’aucune utilité publique; les autres, trop volumineux, trop scienù-
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liques ou d’un prix trop elevé, ne pouvaient convenir qu’à un petit nombre de personnes qui, par leur position de fortune et l'instruction quelles avaient reçue, pouvaient seules acheter et comprendre des ouvrages semblables.
Et cependant, on ne peut nier qu’il est une multitude de choses relatives à la médecine dont la connaissance peut être acquise utilement et facilement par tous les hommes et sur lesquelles des notions simples et justes peuvent les mettre en état d'éviter des erreurs, de se soustraire à des préjugés, de porter utilement des secours dont la promptitude est souvent essentielle dans les accidents et les maladies qui menacentou atteignent, eux, leurs enfants, ou leurs proches.
C’est surtout aujourd’hui, où le charlatanisme et la spéculation levaient plus quejamais la tète et prônent effrontément de prétendus spécifiques propres à guérir toutes les maladies, qu'il est important de répandre de bons livres. Grâce à eux, le public fera enfin justice de ces panacées appliquées à tous les maux, de ces remèdes, ou plutôt de ces drogues, qu’on fait louer sans pudeur, à tant la ligne dans des journaux complaisants, à côté des chiens perdus où volés.
Conçu et écrit sous l’inspiration d'idées toutes philantropiques, rédigé sur le plan et
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avec les matériaux de notre Grand Almanach de santé, accueilli de tous avec tant de faveur, le livre que nous publions aujourd’hui plus complet, surtout sous le rapport hygiénique, physiologique et pharmaceutique ne méritera nous l'espérons aucun des reproches que nous venons d’adresser à ceux de nos devanciers, et obtiendra au contraire an légitime succès, en même temps qu’il rendra les plus grands services à toutes les classes de la société.
En effet, désirant être compris de tous, nous nous sommes attachés surtout à éviter les termes scientifiques ou techniques et à décrire en langage ordinaire, simple et clair les divers signes ou symptômes auxquels il est facile de reconnaître chaque maladie, ainsi que les moyens de s’en préserver ou de s’en guérir si l’on avait le malheur d’en être atteint. De plus, nous avons terminé par un Appendice pharmaceutique , indiquant la manière de préparer soi-même et à peu de frais une foule de remèdes ou médicaments simples ou composés.
L’ordre alphabe'tique et la forme de dictionnaire que nous avons adopté, sont, sans contredit, bien préférables à tout autre et notamment à l’ordre scientifique. Dans un ouvrage de cette nature il faut, en effet, que toutes les notions que veut recueillir la personne qui le consulte sur une maladie quel-
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conque s’olTrent à elle sans recherche et sans fatigue, et avec une facilité telle qu’aucune instruction médicale préliminaire ne puisse être jugée nécessaire.
DesiVant, enfin, rendre notre ouvragé populaire, sous tous les rapports, et lui donner la plus grande publicité possible, nous avons mis de côté toute idée de spéculation, et malgré sou étendue, 1 importance de son contf nu, et les frais que nous a nécessité sa publication, nous n’avons pas hésité à l’établir à un prix si modéré qu'il ne pourra être regardé comme un sujet de dépense pour personne.
Puisse donc, pour prix de nos efforts, notre Dictionnaire de santé, obtenir l’accueil bienveillant accordé à notre Grand dlmaruich de santé, et devenir le complément indispensable de la bibliothèque du riche comme du pauvre.