‹ Nouveau dictionnaire de santéChapitre 10 sur 197 · ABC · texte numérisé non relu

ABC

changer souvent , afin d’éviter le refroidissement et l'irritation qu’ils pourraient causer en s’aigrissant ; ceux faits avec la lariue de riz sont encore moins suo ls à ce dernier inconvénient, aussi les emploie-t-on, de préférence aujourd'hui pour la figure

Lorsque, comme on le dit vulgairement , l’abcès est arrivé h maturité, il faut s’occuper de l’évacuation du pus , qui peut être abandonnée aux seuls efforts de la nature, si l’abcès est superficiel, la peau très mince et le foyer peu vaste. Pour favoriser le travail de la nature, on fera bien cependant de placer sur le centre de la tumeur on petit emplâtre d’onguent de la mère ; une lois le pus écoulé , l'application d'un peu de charpie. »cclie, une légère compression pourront suffire, dans la généralité des cas. Quand, au contraire, l’abcès est situé profondément ou que ses dimensions sont grandes, il faut alors avoir recours aux caustiques ou à l’instrument tranchant. Ordinairement une simple incision «uffit; on jloit avoir soiu de la faire dans l’endroit de l'abcès le plus favorable à la sortie du pus, et, autant que possible, dans la direction des plis ou, connue oïl le dit , des fibres de la peau afin de rendre la cica- ’lrice moins apparente. Des que le pus est écoulé, oji met sur l'ouverture un peu de charpie fine à l’étal brut st sans aucun atrangemcnl des brins, afin que le pus la pénètre plus facilement à mesure qu’il s’écoule , par Canton du retrait des parois de l’abcès et par sa propre pesanteur. Si la région est très enflammee et douloureuse, on peut mettre pour tout pansement un large cataplasme émollient, couvert ou non d’une couthe de pommade napolitaine qui reçoit le pus à sa surface. Ce cataplasme est changé deux à trois fois par jour, et conti-’ié jusqu’à ce que l’état d'irritation soit tombé. Alors la charpie seule suffira pour favoriser la détersion et ai tencr la guérison.

ACC

ABEILLE ( Remèdes contre la piqûre de ?). — immédiatement il faut presser les chairs doucement autour de l’endroit blessé , afin de faire sortir l'aiguille et la gouttelette de venin qu’il a déposée dans la plaie; puis M. Jules Cioquet conseille des onctions sur k piqûre avec de l’huile d’olive, du laudanum liquide, de l’eau de Luce, pour prévenir ou calmer les accidents. «Si ces moyens ne suffisaient pas, on plongerait, dit-il, la partie piquée dans un bain huileux , ou on ferait dissoudre de l’opium et de la thériaque , et on mettrait le malade à un régime délayant plus ou moins sévère, suivant l’intensité des symptômes. » Mais un moyen qui réussit très bien aussi quand la piqûre à lieu à un membre, c’est d'exercer une constriction au dessus de la plaie et de tenir quelque temps la partie plongée dans un bain d’eau aussi froide que possible. ( Voyez tiqure. )

ACCOUCHEMENT. — Ce mot, synonyme de parturilion, exprime les différents actes par lesquels l’enfant et ses dépendances sont expulsés du sein de la mère. L’ensemble de ces actes , qui est un phénomène naturel, et ne peut, par conséquent, être considéré comme une maladie , est appelé travail de l’accouchement , et s’accomplit généralement sur la fin du neuvième mois delà grossesse, souvent plus tôt, mais rarement plus tard. On l’appelle prématuré ou précoce, s'il se fait passé le septième mois , l’enfant pouvant alors vivre ; mais, au-dessous de cette époque, il prend le nom d’ avortement , l’enfant notant pas regardé comme viable. On l’appelle, au contraire, Tardif , s’il a lieu quelques jours ou quelques semaines après le neuvième mois : cet acconchemeut est rare et difficile à constater; la loi l’admet cependant , et porte à dix mois le terme avant lequel ie père ne peut contester la lécitimité de " • faut.

ACC

On est généralement d'accord sur ce point que misent accouchements , quatre-vingt-dix-neuf au moins «'accomplissent par les seules forces de la nature, ou, pour mieux dire , sans l'intervention de l’art : le femme n’en a pas moins, pour cela, besoin de soins. Or ces soins sont de nature différente , suivant qu’ils s'appliquent à chacune des trois principales périodes auxquelles se réduit- tout l'accouchement, et qui sontt la période de préparation , celle d'expulsion de l’en-j tout et celle de la délivrance .

La période de préparation est pressentie de la femme non seulement parce que sou époque est arri- ‘ vée, mais encore parce que suit ventre a tombé , suivant l'expression ordinaire , que les mouvements de sou enfant se manifestent plus bas que de coutume, et qu'elle éprouve un sentiment de poids plus marqué dans le bas-ventre et de plus fréquentes envies d'uriner; mais ce qui caractérise le début du travail , c'est la douleur, résultat irréltuable d’un commencement de contraction de la matrice. Cette douleur est d'abord légère, divisée et peu durable : on la nomme mouches, parce qu'elle imite les piqûres incommodes que ces insectes produisent. Ces mouches se. font ressentir aux reios , sur les flancs , mais plus particulièrement en avant , à l'ombilic, pour s'irradier vers le bassin; si, dans le moment où elles existent, on applique la main sur le ventre de la femme, on sent la matrice globuleuse et plus dure au toucher; c'est Ut surtout ce qui les distingue des fausses douleurs qui sc perdent cutour de la ceinture. Les mouches devenant de plus en plus prononcées, se convertissent en véritables coliques qui partent de la ceinture et se dirigent vers 1« fondement. La femme les exprime par des plaintes involontaires, des contorsions, des flexions du tronc et des cuisses, et par des changements appréciables dans les traits et la coloration de la face.

ACC

Dès ce moment , quelquefois même dès le début , il se fait par les parties génitales un écoulement de glaires niucoso-séreuses analogues à du blanc d œuf, et qui deviennent bientôt sanguinolentes, ce qui fait pressentir que le travail s’avance. Aussi doit-on se mettre en devoir d’assister efficacement la femme. La première chose à faire est de préparer le lit sur lequel elle doit accoucher, en même temps qu’on fait retirer les personnes inutiles , et surtout celles dont la présence ne lui serait pas agréable. Ce lit est ordinairement un lit de sangle qu’on appuie contre le mur par une de ses extrémités, et sur lequel on place d’abord un matelas dans sa longueur, puis un second matelas plié en double, et recouvert de plusieurs draps pliés en alèze; on fait très bien de fixer avec une corde un morceau de bois à l'extrémité libre du lit pour que la femme puisse, dans les fortes douleurs, y arquebouter ses pieds. On dispose en même temps des ciseaux pour couper le cordon ombilical qui tient l’enfant uni à la mère, deux fils pour lier ce cordon , une petite compresse pour l’envelopper, et une bande pour le tenir fixé au corps. Pendant ces préparatifs, les choses ont nécessairement marché : les douleurs ont pris un nouveau caractère ; non seulement elles sont plus aiguës , plus fortes, plus rapprochées, mais elles s’accompagnent d’une sorte de cris de détresse qui annoncent un spasme général du système musculaire, qui met la femme presque hors de raison. A chacune de ces douleurs , que séparent des intervalles bien marqués de calme , le col de la matrice s’entr’ouvre; la poche des eaux s’y engage et vient former dans l’intérieur du vagin une tumeur d’autant plus pronoucée que l’action expulsive est plus forte et que le col est plus dilaté , jusqu’h ce qu’enfin , ne pouvant plus résister, eile se rompe et laisse échapper avec imc espèce de bruisse-

ACC

•jient, le liquide qu'elle couteuait. Si celle poche ne sa rompt pas d’eHe-mètne , ou l’ouvre soit avec l'ongle, soit avec une pointe de ciseaux conduite adroitement le long du doigt indicateur.

2 . Jusque là on a laissé la femme se promener, s’asseoir et se mouvoir à son gré ; mais le moment est venu où il est indispensable qu'elle se mette sur son lit. Elle doit s’y placer de manière que son siège appuie sur le bord inférieur du matelas plié eu double. Si ce rebord n'est pas assez haut, ou l’élève par un coussin dur ou un traversin, afin que tout le siège reste élevé et au-dessus du plan du premier matelas , ce qui est très important. Il est bien entendu que la femme a ou le soin de desserrer les cordons de ses vêlements; elle a bien fuit aussi de prendre un ou deux lavements pour débarrasser l'intestin, ('.'est alurs qu’on peut l'engager à faire valoir ses douleurs, sans toutefois dépasser certaines limites. Dans le cas où elles seraient peu actives ou de trop courte durée , on chercherait à les activer par quelques légères frictions faites sur le ventre, et on en aiderait l'effet en comprimant le bas-ventre au moyeu d'une nappe pliée eu cravalle, en même temps qu'on humecte les parties génitales avec du beurre. A chaque effort , la tète de l’enfant avance, franchissant l’orifice de la matrice, et descend dans le vagin où le doigt la distingue aisément ; c'est alors qu’il est prudent de soutenir fortement avec le bord de la main le péri né sur lequel celle tète vient faire effort et qu’elle peut déchirer. Enfin une douleur plus vive, et composée de deux douleurs successives et souvent accompagnée d’un tremblement convulsif, chasse la tète de l’eufant en dehors des parties de la génération. Après un calme plus ou moins long, une nouvelle douleur, mais moins forte, survient; le corps de l’enfant est poussé en dehors , et avec lui le reste de l’eau

ACC

çpie contenait la poche dans laquelle il était renfermé.

Il faut alors s’occuper de le séparer de sa mere. Pour cela, on coupe le cordon ombilical arec des ciseaux, à cinq travers de doigts environ du nombril, et sans s’inquiéter autrement de l’écoulement de sang qui a lieu, on enlève l’enfant, et on le confie aux soins d’une personne attentive qui l’enveloppe dans unt serviette chaude, l’essuie, le nettoie, et le tient prés du feu pour peu que la température de l’air ne soit pas très douce. Quelquefois, surtout lorsque le travail a été un peu long, que les eaux se sont écoulées de bonne heure , que le cordon est passé autour de son cou et l’étreint, il arrive que l’enfant vient au monde dans un état de mort apparente.

Dans ce cas , il faut le couper avant même que l’enfant soit entièrement sorti. S’il est violet, livide, on laisse saigner le cordon, et on cherche, par des frictions faites sur la région du cœur, et en lui insufüant de l’air dans la bouche, à exciter la circulation et la respiration. S’il est pâle et d’apparence faible, on lie de suite le cordon, on le frictionne avec, de la laine, on le plonge dans un bain tiède et même animé avec du vin ou de l'eau-de vie.

Enfin , avant de l’emmailloter , on lie le cordon à sa partie moyenne avec un fort fil doublé , on entoure ce cordon d’une compresse douce qu’on retient fixée par une bande de deux travers de doigt environ de largeur cousue sur le côté. Mais revenons à la mère que nous avons laissée sur son lit de travail; car une fois l’enfant sorti , tout n’est pas absolument fini pour elle , il lui reste à être délivrée , c’est-à-dire à être débarrassée de l'arrière-faix ou placenta qui for- .mail le lien par lequel elle était unie à son enfant.

5° En effet, une demi-heure s’est à peine écoulée

ACC

depuis la sonie de foulant , que le calme qui a succédé est de nouveau troublé par quelque? douleurs |uï se renouvellent dans le bas-ventre. Si on porte la muin sur celte région, on sent une tumeur ferme et arrondie que forme le globe de la matrice se contractant jmur chasser le délivre. Lu nature pourrait assurément, dans la plupart des cas, suffire à ce travail, mais il est néanmoins le plus souvent utile de l’aider en tirant avec précaution sur le cordon qui sort de la vulve et qu'on roule autour du doigt indicateur de la main droite; la main gauche restée au niveau du périnée reçoit la masse et la soutient. Après son extraction, on examinera si elle est intacte et accompagnée de ses incmbtanes, puis on s'assurera de nouveau, en passant la main sur le ventre, que la matrice forme une tumeur globuleuse ferme et résistante, et qu'ainsi il u'v a pas d'hémorrhagie à craindre. Enfin on enlève les linges placés sous le siège, ou lave les parties avec de l’eau tiède, cl après quelques minutes de repos , on transporte l’accouchée sur le lit où elle doit passer le temps de ses couches, et qu'ou a préalablement garni de plusieurs dréps pliés en aleze ; ou entoure son ventre d'une serviette pliée en bandage de corps, et on place entre ses cuisses des linges doux destinés à recevoir le sang et la matière d'un écoulement qui va s’établir, pour duter plusieurs jours sous le nom do lochies , et qui provient du dégorgement de la matrice revenant sur elle-même; ce dégorgement est toujours accompagné de douleurs , espèces de coliques qu'on nomme tranchées ; il doit être soigneusement respecté et rappelé par des cataplasmes chauds, s’il venait à se supprimer. Si la femme est épuisée , on pourra lui accorder un bouillon , mais jamais ces vins chauds dout on est dans l'habitude , en certains pays , de faire suivre immédiatement l’accouchement. Le lendemain , on lui

Page 1