RÉGLISSE OFFICINALE
merce; on les arrache alors, en creusant des tranchées et fouillant le terrain par dessous. Cette opération se pratique par un temps sec Les racines sont soigneusement nettoyées et séchées au soleil ou au grenier. On les trouve dans le commerce en morceaux longs de 50 à 60 centimètres, de la grosseur du doigt; liés en bottes ou en ballots. Leur surface extérieure est ridée, d'un brun grisâtre; à l'intérieur ils sont fibreux ; leur saveur est sucrée mêlée d'une certaine àcreté. 11 faut les choisir d'un beau jaune à l'intérieur et rejeter ceux qui présentent une teinte rousse, ce qui est un signe d'altération
Composition chimique. — La racine de régi i se contient : glycyrrhizine, fécule, huile, asparagine, résine, albumine, sels. La glycyrrhizine, C*sHw018, ou sucre de réglisse, est en petites plaques jaunes, transparentes, sa saveur est douce et sucrée. L'eau et l'alcool la dissolvent en se colorant en jaune. Elle ne fermente pas, et l'acide azotique ne la transforme pas en acide oxalique. Ce serait un glycoside capable de se dédoubler sous l'influence des acides étendus en glycose et en glycyrrhétine. L'âcreté que présente la racine est due à un mélange d'huile et de résine, peu soluble dans l'eau froide ou tiède, mais pouvant être entraîné en assez grande quantité si la chaleur est longtemps soutenue.
Formes pharmaceutiques, doses. — On la ratisse préalablement pour lui enlever l'écorce, qui lui donne de l'amertume. 1° Poudre; très usitée pour préparer et rouler les pilules. 2° Tisane par macération ou infusion, pp. 10 : 1000. 3° Extrait (suc ou jus de réglisse, sucre noir). On trouve cet extrait, dans le commerce, sous forme de bâtons de 12 à 15 centîm. de long, épais de 1,5 à 2 cent., toujours aplatis à une extrémité pour l'empreinte du cachet. Il est presque toujours falsifié par une forte proportion de dextrine ou de fécule et se prépare par décoction et évaporation dans des bassines de cuivre.
Action physiologique. — C'est plutôt un aliment, un condiment, qu'un médicament. Il a l'avantage de ne point provoquer le dégoût des malades autant que le sucre, et d'apaiser la soif.
Usages. — La racine de réglisse sert à édulcorer les tisanes; on ne doit l'ajouter aux tisanes par décoction qu'après les avoir retirées du feu. La poudre est employée pour donner de la consistance aux pilules. L'extrait est usité tel quel ou sous forme de pâtes, de tablettes, de losanges, aromatisés de différentes manières, contre le rhume, la grippe, l'angine; il agit en entretenant constamment l'humidité de la bouche. La boisson populaire connue sous le nom de coco n'est qu'une macération de réglisse dans de l'eau additionnée d'un peu de coriandre, d'anis ou de citron. La glycyrrhizine, pos-
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sédant la propriété de masquer plus ou moins complètement l'amertume de quelques substances telles que le sulfate de quinine, la coloquinte, l'aloès, le quassia, pourrait être utilisée pour faciliter l'administration de ces médicaments.
Succédanés. — La souche privée d'écorce de la réglisse hispide (G. eckinata L.) est connue sous le nom de réglisse de Russie. On donne le nom de réglisse de Hongrie, de Grèce, aux racines du G. glandulifera W. et Kit. ; celui de réglisse d'Amérique, liane à réglisse, à la racine de l'abre des chapelets (Abrus precatorius L.), de Tlndoustan et des Antilles; de réglisse de montagne, réglisse des Alpes, au trèfle des Alpes (Trifolium alpinum L.); de réglisse sauvage à celle de VAstragalus glycyphyllos L. Toutes ces racines peuvent dans une certaine limite remplacer celle de la réglisse officinale.
RHUBARBE OFFICINALE. Rheum officinale Bail. Polygonées.
Description (flg. 235). — Plante de très grande dimension, dépassant la taille d'un homme, qui, quand elle a pris tout son développement, n'a presque plus de racines, car celles-ci se détruisent graduellement, et le pied ne puise sa nourriture dans le sol que par de petites racines adventives. Tige et rameaux cylindro-coniques, hauts de 20 à 30 centimètres, de la grosseur du bras ou de la jambe. Écorce charnue, spongieuse. Les feuilles en tombant laissent adhérente sur la tige et les rameaux la base brune et desséchée des pétioles, ainsi que les débris des ochréas; c'est l'ensemble de ces vestiges qui constitue ce qu'on appelle improprement l'écorce. Feuilles pétiolées; pétiole pouvant atteindre jusqu'à près d'un mètre de long; limbe pouvant arriver à la même dimension dans tous les sens, mais généralement plus large que long; elles sont palmatinervées, les 2 nervures latérales sont dépourvues en dehors, dans une certaine étendue de leur base, de tout parenchyme, mais audessous de ce point la base du parenchyme forme une sorte d'auricule arrondie qui rend le limbe fortement cordé à la base. Ce limbe est orbiculaire, profondément quinquélobé et incisé, d'un vert pâle, glabre en dessus, tout chargé en dessous d'un duvet blanc qui n'altère pas la teinte verte. Les bourgeons qui naissent à l'aisselle des feuilles laissent échapper de leur base un ensemble d'éléments celluleux, fibreux et vasculaires, qui, se dirigeant à travers l'écorce dans la masse parenchymateuse de la tige, font que la section plus ou moins oblique de cette tige présente des taches étoilées. Inflorescences hautes de 2 mètres environ, ramifiées, chargées de nombreuses fleurs blanches, à réceptacle très concave, élevé. Calice gamosépale à 6 divisions. Étamines 6, périgyniques. Ovaire profondément inséré dans le point le plus déprimé du réceptacle, les
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bords de cette cavité sont garnis de glandes très développées, inégales, d'un beau vert au sommet. Fruit (ackaine) à 3 angles membraneux.
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Fig 835. — Rhubarbe officinale.
Habitat. — Elle est originaire du Thibet et croît vers 40° de latitude; elle n'est connue que depuis 1867.
Culture. — Elle parait pouvoir se reproduire aisément par les bourgeons nés des feuilles que Ton détache dans une saison conve-
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nable ; elle a résisté à un hiver dont la température est descendue à20«.
Partie usitée. — Le produit connu en médecine sous le nom de rhubarbe. M. Bâillon a démontré, en 1872, que cette substance n'était ni une racine, ni un rhizome, mais qu'elle provenait de la tige aérienne et des rameaux du Rheum officinale. La rhubarbe est encore fournie pas d'autres espèces du même genre et particulièrement par le Rheum palmatum tangutinum.
Deux espèces de rhubarbe se rencontrent dans le commerce européen, celle de Moscovie et celle de Chine. La Rhubarbe de Moscovie est devenue très rare et ne se trouve
plus que dans les droguiers. Elle est en morceaux plans convexes (flg. 236) dont la forme est l'ovale allongé : ils sont profondément mondés et ordinairement percés d'un trou; leur surface, d'un jaune d'ocre, est recouverte d'une poudre
Fig. 236. — Rhubarbe de Moscovie. très fine, provenant du
frottement occasionné par le voyage. Leur texture est compacte, et ils sont marbrés à l'intérieur de veines rouges et blanches souvent disposées en étoile. L'odeur de cette rhubarbe est prononcée, sa saveur amère est astringente, elle croque sous la dent et donne à la salive une couleur jaune safranée. Sa poudre est d'un jaune pur. ^La Rhubarbe de Chine est à peu près la seule que l'on rencontre
aujourd'hui dans le commerce; elle est en morceaux arrondis, ordinairement percés d'un trou qui contient les débris de la corde qui a servi à les suspendre pour les sécher, ou bien en morceaux cylindriques ou ovoïdes, et plus souvent encore allongés, plans convexes ... .w „ (fi#- 237). Sa surface est
F,g.237.-Coupetransversaledelarh^^
est compacte, sa cassure faite à la hache est à gros grains, veinée, présentant des rayons d'un jaune clair qui se dirigent du centre à
éL^uCu/r
RHUBARBE OFFICINALE
la circonférence en décrivant des lignes très flexueuses qui souvent
semblent anastomosées et figurent à l'endroit de ces prétendues
anastomosés des sortes d'étoiles a très irrégulières. Sa saveur est
amère, son odeur spéciale forte,
aromatique, elle croque sous la dent
et colore la salive en jaune orangé.
Sa poudre tient le milieu entre le
fauve et l'orangé. La variété connue
sous le nom de rhubarbe plate est
plus spongieuse que les autres.
Le rhapontic (Rheum rhaponticum L.) fournit une rhubarbe qui est connue, dans le commerce européen, sous le nom de rhubarbe indigène, de France i d'Allemagne , anglaise. Elle est reconnaissable à sa teinte pâle, aux rayons (fig. 238) qui se dirigent en ligne droite du centre vers la circonférence.
Composition chimique. — La rhubarbe contient : amer de rhubarbe , matière colorante jaune , tannin soluble, principe tannique
insoluble, matière extraite par la potasse, acide oxalique, fibre, rhaponticine, amidon, principe sucré, pectine, sels. L'amer de rhubarbe (rhabarbarin, rhumine) est un mélange de différentes matières. La matière colorante, ou èrytkrorétine , est une poudre jaune, peu soluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, de saveur peu prononcée; elle est purgative, Outre cette matière colorante jaune, il en existerait deux autres : l'acide chrysophanique et la phéorétine ; le premier a pour formule C2°H806; il est insipide, inodore, soluble dans l'alcool, presque insoluble dans l'eau; c'est un purgatif plus énergique que l'érythrorétine. La deuxième est une substance résineuse, possédant la saveur propre à la rhubarbe et une action purgative. La phéorétine et l'érythorptine ne sont peut-être que de l'acide chrysophanique impur.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Poudre, 3 à 5 décigr., comme tonique, 2 à 4 gram. comme purgatif. 2° Hydrolé, pp. 8 : 500. 3° Extrait aqueux, 15 à 30 centigram., comme stomachique, 1 à 2 gram. comme purgatif. 4» Sirop de rhubarbe composé, appelé encore sirop de chicorée composé, 40 à 40 gram. 5° Teinture, 2 à 45 gram. 6° Vin, 5 à 40 gram., comme purgatif. Par la torréfaction, elle perd ses propriétés purgatives et devient plus tonique.
Fig. 238. — Coupe transversale d'une rhubarbe indigène.
Aetlon .physiologique. — A la dose de 2 à 3 décigram., administrés en deux ou trois fois dans la journée, la rhubarbe augmente l'appétit, diminue et régularise les sécrétions intestinales. A doses plus élevées, 1 à 4 gram., elle détermine des effets purgatifs assez doux, à moins que Ton ne fasse usage de la rhubarbe indigène, auquel cas on constate la production de nausées, de coliques, de vomissements. Sous son influence, l'urine devient soit jaune, soit jaune-rouge, soit rouge; la sueur, celle du creux axiliaire surtout, prend cette coloration. Le lait des nourrices peut devenir purgatif. sous son influence.
Usages. — La rhubarbe est un médicament précieux, fréquemment employé pour combattre les mauvaises digestions et les constipations dues à un état atonique de l'intestin; elle est administrée avec succès pour arrêter la diarrhée bilieuse, et toutes les fois qu'il y a indication d'évacuer des matières intestinales entretenant la diarrhée par leur présence.
RICIN ORDINAIRE. Rieinus communis L., Palma-Ckristi. Ec-
PHORBIÀCÉBS.
Description (flg. 239). — Racine pivotante simple ou divisée, à ramifications peu nombreuses, fibreuses. Tige de 1 à 2 mètres, dressée, grosse, flstuleuse, lisse, glauque, un peu violette ou rougeâtre , présentant des articulations , simple inférieurement , un peu rameuse au sommet. Feuilles alternes, longuement pétiolées, simples, larges, palmées et peltées; à 7-9 digitations, larges, dentées en scie, pointues, d'un rouge verdâtre, accompagnées à la base de 2 stipules réunies en un sac membraneux, caduc, opposé à la feuille, presque amplexicaule, ovale, membraneux. Fleurs (juillet-août) monoïques, réunies en grappe rameuse, pyramidale, extra-axillaire, munies de bractées petites et membraneuses, supportées par des pédoncules articulés vers le milieu de la longueur, les femelles placées dans la moitié supérieure, les mâles inférieurement. Mâles, calice petit à b* divisions concaves-convexes pointues au sommet, réfléchies, d'un vert glauque. Corolle nulle. Étamines nombreuses, se ramifiant en un grand nombre dé filets grêles terminés chacun par une anthère biloculaire, jaunâtre. Femelles, calice à 5 divisions étroites, larges â la base, acuminées au sommet, concaves-convexes, quelquefois soudées par les bords, d'un vert moins foncé. Ovaire libre, globuleux, présentant à la base les divisions du calice, à 3 côtes, hérissé de piquants, à 3 loges uniovulées/. Style court, assez épais, terminé par 3 stigmates bifides, plumeux, allongés, linéaires, glanduleux, rougeâtres. Fruit formé par 3 coques épineuses, se séparant à la maturité, contenant chacune une graine ovale, de la grosseur d'un petit haricot. ®.
Habitat. — 11 croît naturellement dans l'Inde, en Afrique, en Amérique. Dans les pays chauds, c'est un arbre ayant l'aspect d'un platane et dont le tronc ligneux s'élève à 10 et 15 mètres. Dans nos pays, il est herbacé et annuel, mais déjà dans ie midi de la France il peut vivre plusieurs années, quand les hivers ne sont pas trop rigoureux et qu'il est bien exposé. On ne saurait voir dans cette différence de taille un caractère propre à deux espèces différentes; en effet, la graine du ricin arborescent d'Afrique donne un végétal herbacé dans nos climats, de même que le ricin herbacé peut devenir un arbre dans nos serres.
Culture. — Le ricin a besoin d'une exposition chaude et d'une terre légère et substantielle. On sème la graine au printemps sur couches chaudes, pour repiquer sur place. Fis- **9- - Ricin ordinairc-
Partie usitée. — Les graines (catapuces, graines du Mexique ou de castor) et l'huile qu'on en extrait. Les graines sont ovales, convexes et arrondies du côté extérieur, aplaties et présentant un angle longitudinal légèrement saillant du côté intérieur; leur surface est lisse, luisante, grisâtre et marquée de brun, elles sont surmontées d'une caroncule charnue assez volumineuse, elles ont une certaine ressemblance avec un arachnide parasite des chiens, la tique ou ricin. Leur enveloppe la plus extérieure est mince et cassante; en dessous se trouve une seconde tunique mince, blanchâtre, qui entoure l'amande; celle-ci, blanche, présente deux lobes entre lesquels se remarque un petit embryon.
HÉRAUD. PLANTES MED. 29
On trouve dans le commerce deux sortes de ricins, ceux d'Amérique et ceux de France. Les premiers (flg. 240), plus gros, plus volumineux, plus foncés en couleur, ont 14 millimètres de long. Les seconds (flg. 241) n'ont que 9 à 12 millimètres. Les ricins du Séné-
Fig. 240. — Ricin d'Amérique. Fig. 241. — Ricin de France.
gai participent des deux autres espèces; ils ont en effet la marbrure foncée des ricins d'Amérique et la taille des ricins de France.
Récolte. — La graine est récoltée en automne.
Composition chimique. — L'épi sperme contient : résine insipide, extractif, gomme brune, ligneux. Les amandes renferment : huile grasse, gomme, caséine ou albumine, ligneux, amidon, ricinine, principe volatil acre (acide ricinoléique?), substance acre fixe de nature résineuse. Cette dernière substance réside soit dans l'embryon, soit dans l'amande, soit peut-être dans la tunique interne de l'épisperme. L'huile grasse (huile de ricin) est d'un jaune pâle, visqueuse, d'odeur et de saveur très faibles, mais désagréables, soiuble dans l'alcool à 90° et l'éther. Sa densité est de 0,926 à + 15°; elle est siccative. Par la saponification, on peut en séparer trois acides, les acides ricinique, margaritique et ricinoléique ou élaïodique. C'est l'huile de castor des Anglais. La ricinine est un alcaloïde cristallisable qui n'est ni toxique, ni purgatif.
Formes pharmaceutiques, doses. — Huile, dose 20 à 30 gram. dans une infusion de café noir, une infusion aromatique, une émulsion faile avec un jaune d'œuf ou de la gomme adragante, du bouillon de bœuf dégraissé et très chaud. On la donne aux enfants en bas âge à la dose de 8 à 10 gram. On la prescrit aussi en lavement à la dose de 30 à 50 gram.
Action physiologique. — L'huile de ricin, récemment exprimée à froid, n'est pas purgative. En Chine, on la consomme même comme produit alimentaire. Dans ce cas, elle ne manifeste d'effets purgatifs qu'à haute dose; elle purge alors par indigestion. Mais il n'en est pas de même quand l'huile est vieille, rance, ou quand elle a été obtenue par expression à chaud ; elle contient alors des principes acres, et à la dose de 15 à 20 gram. elle produit assez rapidement des tranchées et des selles diarrhéiques ; quelquefois l'effet purgatif n'a pas lieu, car son goût nauséeux l'a fait expulser
par les vomissements. Quant aux graines, elles sont très actives; une seule administrée sous forme d'émulsion peut prqduire des vomissements et des purgations, quatre ou cinq peuvent occasionner des accidents drastiques redoutables. 11 importe, dans la pratique médicale, d'avoir toujours ces données présentes. On devra donc ne pas employer les semences et ne prescrire l'huile rance qu'à doses moindres que l'huile récente.
Usages. — C'est un purgatif doux, exempt de toute action irritante sur le canal digestif; particulièrement utile lorsqu'il faut provoquer des évacuations alvines sans déterminer l'irritation del'intestin. On la prescrit par suite dans les constipations, la hernie étranglée, la péritonite, la métrite, les constipations opiniâtres; pour évacuer les vers intestinaux après l'administration d'un anthelminthique. Elle sert à donner au collodion chirurgical une élasticité particulière qui l'empêche de se rompre sous l'influence dela traction que lui communiquent les parties que l'on a recouvertes de ce corps. Les feuilles du ricin ne sont qu'émollientes ; appliquées sur les seins, elles passent pour avoir une action emménagogue, et on prétend qu'elles peuvent activer et provoquer le travail de la lactation.
RIZ CULTIVÉ. Oriza sativa L. Graminées.
Description. — Plante de 7-16 décimètres, racines touffues, fibreuses, capillaires. Tige (chaume) droite, dressée, cylindrique, assez molle, glabre, présentant 3 ou 4 nœuds, d'un beau vert clair et uni. Feuilles linéaires planes, lancéolées, aiguës, glabres, denticulées et très rudes sur les bords, fermes. Gaine fendue. Ligule membraneuse, dressée contre le chaume, mince, glabre, bipartite. A la base de la feuille, au point où les bords se confondent avec la gaine, on trouve de chaque côté un petit appendice falciforme offrant à son bord intérieur une rangée de cils longs et soyeux. Fleurs blanchâtres, disposées en une panicule terminale, à divisions anguleuses, presque droites ou légèrement convergentes. Épillets courtement pédicellés et uniflores. Glume à 2 valves, petites, convexes, carénées, lisses. Glumelle à 2 valves, trois ou quatre fois plus longues que celles de la glume, l'externe en carène, marquée^ de côtes longitudinales et terminée à son sommet par une arête courte et droite, la valve interne plus allongée, moins saillante; glumellules % glabres. Étamines 6, à filets grêles. Ovaire simple,, ovoïde ; style 2, courts, terminés par des stigmates plumeux. Fruit (caryopse) blanc, comprimé, coriace, glabre ou pubescent, sillonné, serré dans les balles de la glumelle. ®.
Habitat. — Le riz est originaire de l'Inde et de la Chine ; il s'est répandu plus tard en Egypte, en Italie, en Espagne, en Amérique.
508 ROMARIN OFFICINAL
Culture, — On ne peut pratiquer la culture de cette plante que dans des terrains inondés, ou rizières, qui, si les eaux ne sont pas courantes et convenablement emménagées, exercent une influence funeste sur la santé des gens qui habitent ces contrées. De nos jours, il n'est cultivé en France que dans le département de l'Aude. On l'obtient par semis. Une variété connue sous le nom de riz sec, par opposition au riz aquatique, peut être cultivée en terre sèche.
Partie usitée. — Les fruits. On les trouve dans le commerce privés de leurs enveloppes et même débarrassés de leur tégument propre. Celui que Ton consomme en France provient de la Caroline ou du Piémont. Le premier est blanc, transparent, anguleux, allongé, inodore, d'une saveur fraîche et farineuse; le second est jaunâtre, opaque, arrondi légèrement, odorant, un peu acre.
Récolte. — L'époque de la récolte varie avec les pays ; après l'avoir égrené et séché, on le soumet à une décortication ou blanchiment qui a pour but d'enlever la double pellicule qui l'enveloppe et le rendre blanc. Cette opération s'exécute à l'aide de pileries ou de meules mécaniques ; elle est suivie d'un criblage et d'un perlage ou glaçage qui rend le grain plus transparent et plus blanc.
Composition chimique. — Le riz contient : matières azotées, amidon, dextrine, matières grasses, ligneux, substances minérales. L'amidon y existe en quantité énorme (74 pour 100); le gluten, au contraire, s'y trouve en petite quantité, ce qui rend cette céréale difficilement pan i fiable. De tous les aliments farineux, c'est le plus pauvre en principes azotés, en matières grasses et en sels minéraux.
Formes pharmaceutiques, dose. — Tisane par décoction, pp. 20 : 1000. Poudre de riz. Cataplasme de poudre.
Usages* — La tisane de riz est un remède populaire contre la diarrhée, qui convient surtout dans la diarrhée bilieuse ou symptomatique d'une entérite. Il calme l'irritation intestinale, mais n'est point un échauffant ou resserrant, comme le croit le vulgaire. La poudre de riz est employée soit en cataplasmes émoi lient s qui ont • l'avantage d'aigrir moins rapidement que ceux de farine de lin, soit sèche comme absorbant dans les érythèmes, l'intertrigo, les inflammations cutanées. Il est presque inutile de rappeler les usages alimentaires du riz, c'est la céréale des pays chauds; dans l'Inde, en Amérique, en Afrique, il sert à préparer plusieurs boissons spi ritueuses dont la principale est l'arack.
ROMARIN OFFICINAL Rosmarinus officinalis L. Labiées-Monandrées.
Description (flg. 242). — Plante de 6-10 décimètres, d'odeur forte et agéable, d'une saveur chaude, amère, aromatique et pi-
ROMARIN OFFICINAL
quante. Racine ligneuse, fibreuse. Tige ligneuse, dressée, à nombreux rameaux, anguleux, tomenteux dans leur jeunesse. Feuilles opposées, alternativement en croix, sessiles, étroites, un peu pointues, nombreuses, rapprochées, coriaces, persistantes, vertes et chagrinées en dessus, blanchâtres et cotonneuses en dessous, roulées en dessous par les bords. Fleurs (mars-mai) d'un bleu très pâle, rarement blanches, disposées au sommet de la tige et des rameaux en petits épis ; bractées petites, blanches, tomenteuses, lancéolées, caduques. Calice campanule, nu à la gorge, blanchâtre, pulvérulent, bilabié, la lèvre supérieure entière, ovale, concave, la lèvre inférieure à 2 lobes rapprochés, lancéolés. Corolle bilabiée, une fois plus longue que le calice, lèvre supérieure bifide, à divisions obtuses et redressées latéralement, lèvre inférieure à 3 lobes profonds, les 2 latéraux ovales, obtus, roulés en dehors, le moyen plus grand, plus large, arrondi, obtus, échancré en cœur à la base, concave. Étamines 2, exsertes ; filet inséré sur la gorge de la corolle, subulè, muni à la base d'une petite dent; anthères très comprimées latéralement, appliquées immédiatement Tune contre l'autre, uniloculaires. Ovaire profondément quadrilobé; style plus long que les étamines, subulé ; stigmate simple à peine distinct du sommet du style. Fruit consistant en 4 achaines, bruns, obovés, au fond du calice persistant. J.
Habitat. — Il croît dans les contrées méridionales de l'Europe, sur les collines arides de la Provence et du Languedoc.
Culture. — On le multiplie aisément par l'éclat des pieds, par marcotte, bouture, ou bien en le semant sur couche, en mars et avril, et repiquant le plant en mai-juin. Il demande une terre légère et chaude ou maigre et sèche. Il craint le froid et a besoin d'être abrité par un mur ou une haie.