SCILLE MARITIME
Ingérée, elle irrite fortement la bouche, le pharynx, l'estomac, provoque des vomissements, des superpurgations, le délire, les convulsions et la mort. Sous son influence, et après quelques jours d'usage, il se manifeste une sensation de chaleur et de fourmillement à la peau et parfois une éruption.
Usage». — On l'a indiquée contre l'apoplexie et les paralysies qui en sont la suite, contre l'éclampsie, la rage; sous forme de pommade, on l'a conseillée contre les névralgies faciales. La teinture a été indiquée en frictions dans le rhumatisme, soit pour calmer la douleur, soit pour amener la résolution ; on s'en sert aussi sur la région précordiale dans les palpitations nerveuses. Les lavements de cévadille sont prescrits contre les ascarides lombricoîdes et Je tœnia. C'est, dans tous les cas, un remède dangereux auquel on substitue aujourd'hui son alcaloïde, la vératrine/qui est d'un maniement plus commode. Sous le nom de poudre des capucins, on emploie la cévadille combinée à la staphysaigre et au persil pour détruire les poux de la tête; cette préparation doit être maniée avec prudence, et il faut s'abstenir d'employer la poudre de cévadille pure, si l'on veut éviter des accidents redoutables; la cévadille sert surtout à préparer la vératrine; elle entre dans certaines poudres destinées à détruire les punaises.
SCILLE MARITIME. Scilla maritima L., Urginea scilla Steinh. Scille officinale, Grande» scille, Squille. Liliacées.
Description (fig. 256). — Plante bulbeuse qui avec sa hampe peut atteindre 10 à 13 décimètres de hauteur. Bulbe très gros, quelquefois de la grosseur de la tête d'un enfant, composé d'un axe ou plateau supportant plusieurs tuniques épaisses, charnues, emboîtées, blanches ou rougeâtres, suivant les variétés, recouvert exté- J rieurement de tuniques minces, sèches, scarieuses, roussàtres, pré- | sentant inférieurement de nombreuses racines épaisses, fibreuses. Feuilles paraissant au printemps, radicales, hum i fuses, longues de près de 3 décimètres, entières, oblongues, ovales, lancéolées, on peu obtuses au sommet, ondulées sur les bords, légèrement charnues, d'un vert assez foncé. Elles se fanent pour faire place arc fleurs. Celles-ci se montrent en juillet-août, elles sont disposées sur une hampe de 6-12 centimètres, cylindrique, grosse comme le doigt, simple, droite, nue, luisante, d'un gris de plomb, portant sur sa moitié supérieure des fleurs nombreuses, pédicellées, munies t leur base d'une bractée membraneuse et comme articulée, réunies en grappe dense, un peu conique. Ces fleurs sont blanches, monopérianthées; le calice est à 6 découpures profondes, elliptiques, acuminées, étalées. Étamines 6 égalant le calice ; filets aplatis, comprimés; anthères arrondies. Ovaire supère, arrondi, à 3 côtes sait»