Partie usitée. — La fleur
Récolte, dessiccation, conservation. — On recueille les fleurs le matin, par un temps sec et lorsque le soleil a fait disparaître l'humidité de la nuit; les fleurs sauvages doivent être préférées aux fleurs cultivées. Le plus ordinairement on les sèche entières, quelquefois pourtant on en sépare le calice et l'onglet. La dessiccation doit être faite rapidement et avec grand soin, à l'étuve; il est
Fig. 272. — Violette odorante.
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bon de les enfermer quand elles sont encore chaudes dans les flacons bien secs et que Ton bouche hermétiquement. On doit les conserver à l'abri de la lumière et de l'humidité.
Composition chimique. — Les fleurs de violette contiennent : huile essentielle, deux acides l'un rouge, Vautre blanc, du sucre, de la cire, de la chaux, du fer, une matière colorante rougissant par les acides les plus faibles et verdissant par les alcalis.
Fontes pharmaceutiques, doses. — i* Infusion, pp. 10 : 1000. 2° Sirop, 30 à 50 gram. 3* Conserve, 15 à 30 gram. Succédanés : la violette odorante est souvent remplacée par la violette de chien (V. canina L.), la violette à long éperon (V. calcarata L.), la violette tricolore (V. tricolor L.).
Usages. — Les fleurs de violette constituent un remède populaire journellement employé comme béchique, émollient, diaphorétique. Elles sont usitées dans le traitement de toutes les maladies inflammatoires et notamment des fièvres éruptives. La racine est vomitive, elle contient une matière blanche, acre, nauséeuse, c'est Pémétine indigène ou violine. Cette racine est regardée comme le meilleur succédané de l'ipéca.
VOMIQUIER AMER. Strychnos Ignatii Berg., Ignatia amara Lin. f. Fève de Saint-Ignace, Noix igasur. Logamacées.
Description. — Plante grimpante qui s'élève en serpentant au sommet des plus grands arbres. Tronc ligneux de la grosseur du bras, rameaux longs, cylindriques, très glabres, comme sarmenteux. Feuilles opposées, presque sessiles, ovales, acuminées, entières, planes et très glabres, pourvues de 5 nervures longitudinales. Fleurs blanches, d'odeur de jasmin, formant de petites grappes courtes axillaires, au nombre de 3-5 sur chaque rameau. Calice campanule, à 5 divisions obtuses. Corolle infundibuliforme, tube filiforme; limbe plan, à 5 divisions. Étamines 5. Fruit de la grosseur d'une poire de bon chrétien, ovoïde, à écorce glabre, ligneuse, blanchâtre. Graines 20-25, èparses dans la pulpe, ayant le volume d'un gland de chêne, convexes d'un côté, anguleuses ou à 3-4 fossettes de l'autre, parfois recouvertes d'une efflorescence grisâtre, adhérente. Test d'un brun pâle, mince, membraneux, strié, glabre. Albumen corné dur d'une teinte noirâtre, creusé d'une cavité aplatie contenant l'embryon. J.
Habitat. — Les îles Philippines, la Cochinchine.
Parties usitées. — Les graines désignées sous le nom de fèves de Saint-Ignace. Ce nom leur a été donné par les jésuites, qui les premiers la firent connaître, en l'honneur du fondateur de leur ordre. Elles sont inodores et d'une saveur très amère.
Composition chimique. — Elles contiennent : lactate de stry-
VOMIQUIER NOIX VOMIQUE
chnine, cire, huile concrète, matière colorante jaune, gomme, amidon, bassorine, fibre végétale. Elles renferment trois fois autant de strychnine que les noix vomiques, aussi sont-elles plus toxiques que ces dernières. D'après quelques chimistes, elles contiendraient une petite quantité de brucine qui ferait complètement défaut au dire d'autres expérimentateurs.
Usages. — L'action physiologique de la fève de Saint-Ignace est absolument la même que celle de la noix vomique. Dans l'Inde on la considère comme vermifuge; on l'emploie quelquefois contre les fièvres intermittentes ; elle entre dans les gouttes amères de Baume que Ton prescrit dans certaines dyspepsies et gastralgies. Elle sert surtout à préparer la strychnine.
VOMIQUIER NOIX VOMIQUE. Strychnos nux vomica L. Loganiacées.
Description (F.273).
— Grand arbre fort branchu. Racines dures, ligneuses, pivotantes, recouvertes d'une écorce douée d'une grande amertume. Tronc droit, élancé, ligneux, s'élevant à une hauteur considérable et acquérant 3-4 mètres de circonférence ; écorce gris noirâtre ou gris cendré; rameaux touffus, cylindriques, glabres, d'un vert terne, se terminant par une pointe aiguë, sans épines ni vrilles.
Feuilles opposées, courtement pétiolées, ovales, arrondies, entières, obtuses ou terminées par une pointe mousse, d'un vert sombre, glabres sur les 2 faces, à 5 nervures saillantes en dessous. Fleurs blanches, petites, d'une odeur faible non désagréable formant à l'extrémité des rameaux de petits corymbes accompagnés de très petites bractées, velues, subulées. Calice gamo-
Fig. 273. — Vomiqaier noix vomique
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sépale, régulier, à 5 dents aiguës. Corolle gamopétale plus longue que le calice, à tube ventru supérieurement, limbe à 5 lobes aigus, étalés et même réfléchis. Étamines 5, saillantes, exsertes. Ovaire supére à 2 loges; style filiforme; stigmate en tête. Fruit (baie) charnu, globuleux, arrondi, glabre, d'abord vert, puis jaunerougeâtre et devenant alors de la grosseur d'une grosse orange, à enveloppe crustacée, lisse, assez fragile, rougeâtre. Il est unilocolaire par avortement d'une loge; sa cavité est remplie d'une pulpe blanche, visqueuse, très amère, contenant 15 graines disposées régulièrement autour de Taxe. Celles-ci, orbiloculaires, aplaties, en forme de bouton de 15 à 48 millimètres de diamètre, à bords arrondis, sont marquées d'un ombilic saillant sur un des côtés et d'un enfoncement sur le côté opposé ; leur surface est veloutée, comme soyeuse et d'un brun tirant sur le gris. 5«
Habitat. — Le vomiquier croît dans les lieux arides et sablonneux dans l'Inde, au Coromandel, au Malabar, en Cochinchine, à Ceylan.
Partie usitée. — Les graines. Leur odeur est nulle, leur saveur très amère; leur consistance cornée les rend difficiles à pulvériser.
Composition chimique. — Elles renferment : lactates de strychnine et de brucine, gallate de brucine, igasurine, huile concrète, cire, matière colorante jaune, amidon, bassorine, fibre végétale, sels* La strychnine, C42H22Az*0*, est un alcaloïde incolore, cristallisant en octaèdres ou en prismes quadrilatères terminés par une pyramide; sa saveur est très amère; elle n'est ni fusible, ni volatile, peu soluble dans l'eau et l'alcool absolu, presque insoluble dans l'éther pur; très soluble dans l'alcool à 90°, le chloroforme, certaines huiles volatiles. L'acide nitrique ne la colore point en rouge, quand elle ne renferme pas de brucine. Si on la triture avec une trace de bioxyde de plomb ou de bichromate de potasse, et si l'on vient à toucher le mélange avec une goutte d'acide sulfurique légèrement nitreux, elle prend une magnifique coloration bleue qui passe rapidement au violet, puis au rouge et enfin au jaune-serin. C'est w violent poison.
La brucine, C*6H26Azl08 -f 8HO, cristallise en prismes obliques rhomboïdaux, mais se présente souvent sous forme d'écaillés nacrées, d'une saveur très amère, accompagnée d'une âcreté persistante. Elle se dissout dans 850 parties d'eau froide et 500 parties d'eau bouillante; elle est soluble dans l'alcool, insoluble dans l'éther et les huiles grasses, peu soluble dans la plupart des huiles volatiles ; elle fond un peu au-dessus de 100* et se prend par le refroidissement en une masse cireuse. Elle se dissout dans l'acide nitrique concentré en prenant une teinte rouge qui passe peu à peu an
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jaune. L'acide sulfurique concentré la colore d'abord en rose, puis en jaune et en jaune verdàtre. C'est un poison énergique, mais il parait être soit douze fois, soit vingt-quatre fois moins actif que la strychnine.
Il existe, d'après Schûtzenberger, neuf alcaloïdes confondus sous le nom d'igasurine. Ils sont incolores, cristallisantes, d'une saveur amère et très persistante, beaucoup plus sol u blés dans l'eau que la strychnine et la brucine, très solubles dans l'alcool et le chloroforme, fort peu solubles dans l'éther. Ils rougissent par l'acide nitrique plus fortement que la brucine. Ces bases représentent de la brucine, moins du carbone, plus de l'oxygène ou de l'eau, et on peut les considérer comme les produits des transformations successives qui se manifestent dans la plante, sous l'influence des forces oxydantes végétatives. Leur action, plus faible que celle de la strychnine, est plus intense que celle de la brucine.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Poudre, 3 à 6 décigr. par jour, rarement employée. 2° Teinture, 5 décigram. à 2 gram. 3° Extrait alcoolique, 2 à 20 centigram. en pilules et au delà, à dose croissante. On emploie aussi la teinture en friction. La noix vomique fait partie de la poudre de Hufeland.
Action physiologique. — La noix vomique est un poison non seulement pour les animaux supérieurs, mais encore pour les plantes ; l'homme est très fortement impressionné par cette substance, qui rappelle d'ailleurs, par ses effets, l'action de son principal alcaloïde, la strychnine. Voici, du reste, les phénomènes que l'on constate en administrant la noix vomique à doses croissantes. A faible dose, cette graine agit comme un amer, un tonique diurétique; si la dose augmente, il se produit une surexcitation nerveuse, de légères secousses convulsives, rapides; enfin, à haute dose, il survient le tétanos, l'asphyxie et la mort par défaut d'hématose. C'est un excitateur du pouvoir réflexe. Les contre-poisons sont le tannin et les végétaux qui en renferment, l'émétique. L'antidote physiologique par excellence serait le hachisch.
Usages. — A faible dose, la noix vomique est employée dans certaines dyspepsies provenant d'une atonie du tube digestif; elle agit alors comme un amer. A dose plus élevée, elle sert surtout à combattre les paralysies des systèmes nerveux, sensitif et moteur. On l'emploie : dans la paralysie consécutive à une hémorrhagie cérébrale, lorsque l'épanchement est en voie de résorption, les paralysies symptomatiques d'une commotion de la moelle, alors que les symptômes primitifs ont disparu et qu'il ne reste que de la paralysie, l'impuissance génésique, la spermatorrhée, l'incontinence ou la rétention d'urine due à une paralysie ou à une paresse du