COURGE POTIRON
une action spéciale, soit parce qu'il s'interpose comme une cuirasse entre l'air et la partie brûlée. On l'imbibe de nitre ou 4e chlorate de potasse, pour en faire des moxas. En Angleterre, on fabrique une charpie de coton feutré que l'on considère comme supérieure à notre charpie de fil. D'après de récentes expériences, le coton imprégné de glycérine vaut la meilleure charpie comme absorbant
Le coton-poudre, dissous dans l'éther alcoolisé, donne le collodion, qui a reçu de nombreuses applications en médecine et en chirurgie comme moyen de protection, de contension et de compression.
COURGE POTIRON. Cucurbita maximà Duch., Pepo macrocarpus Rien. Gros potiron, Citrouille courge. Cucurbitacées.
Description. — Racines courtes, fibreuses. Tige herbacée, étalée, sarmenteuse, longue de 6 à 10 mètres, cylindrique, cannelée, fistuleuse, charnue, velue, munie de vrilles rameuses. Feuilles grandes, alternes, pétiolées, réniformes, à contour anguleux et denté, à 5 lobes obtus, recouvertes de poils presque sans raideur. Fleurs axillaires, jaunes, grandes, monoïques, portées sur des pédoncules qui, à la maturité, deviennent durs, renflés, striés. Mâles : calice campaniforme, se rétrécissant en entonnoir à la base. Corolle campaniforme, à 5 divisions étalées, réfléchies, soudée inféri eu rement avec le calice. Étamines 5, triadelphes et synanthérées, formant une colonne. Anthères linéaires en S, courbées, s'ouvrant longitudinalement. Pistil rudimentaire. Femelles : le calice et la corolle ont la même forme que chez les mâles, mais le calice adhère à l'ovaire. Anthères stériles. Ovaire à 3 ou 5 loges. Style court, portant au sommet 3 gros stigmates épais, glanduleux, obeordés* Fruit (péponide) globuleux, aplati avec des enfoncements considérables à la base et au sommet, pouvant acquérir 1 mètre de diamètre et un poids de 30 kilog. et plus, à surface lisse ou presque lisse, marquée de côtes peu ou point saillantes ; blanchâtre, vert, jaune ou orangé suivant les variétés, à chair pulpeuse, ferme, d'un jaune rougeâtre, présentant à l'intérieur une vaste cavité irrégulière dont les parois sont garnies de nombreuses graines. Celles-ci larges, aplaties, elliptiques, blanches, entourées d'un rebord un peu élevé. Épisperme crustacé. Amande blanche. ©.
Habitat. — Elle est originaire de l'Inde; on la cultive en grande quantité dans les jardins, pour les usages alimentaires. Le fruit peut se conserver depuis le mois d'octobre, époque de sa récolte, jusqu'au mois de mars.
Parties usitées. — Le fruit, les graines.
Composition. — Les graines contiennent : huile fixe, principe aromatique, parenchyme, chlorophylle, sucre, émulsine, gomme.
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acide citrullique. L'acide citrullique (Saint-Martin) est soluble dans l'eau et dans l'alcool. Sa nature n'est point encore bien définie.
Usages. — Les graines étaient jadis comptées parmi les 4 semences froides majeures. Elles sont rafraîchissantes et calmantes, leur émulsion était usitée dans les rhumes, les inflammations du tube digestif, de la vessie et de I'urèthre. Gomme tœnicides, elles étaient à peu près complètement tombées dans l'oubli, lorsque leur efficacité à peu près certaine contre le tœnia a été de nouveau mise en relief dans ces derniers temps. On les donne, dans ce cas, à la dose de 60 grammes, mondées de leur épi sperme et réduites en une pâte granuleuse que l'on délaye dans l'eau; on fait avaler le marc et l'émulsion, en .ayant soin d'administrer l'huile de ricin avant et après l'ingestion de ce remède. L'huile qu'on extrait de la graine est employée, dans l'Anjou, sous le nom d'huile de terre. Le fruit, dont la chair est savoureuse, lorsqu'elle est cuite, constitue un aliment aqueux et relâchant. La pulpe crue peut servir à préparer des cataplasmes émollients que l'on peut utiliser dans la brûlure au premier degré et les inflammations superficielles.
COUSSOTIER D'ABYSSINIE. Brayera abyssinica Moq. Brayera anthelminthica Kunth., Hagenia anthelminthicaLam., Banksia abyssinica* Rosacées-Spiréacées.
Description. — Arbre de 20 mètres, toujours vert, ressemblant à un noyer, à bois mou; rameaux inclinés, alternes, velus, chargés des cicatrices annulaires des anciennes feuilles. Feuilles ramassée» à l'extrémité des rameaux alternes, composées-pennées avec impaire, rappelant celles des sorbiers. Pétiole dilaté à la base, avec une large gaine incomplète qui se continue latéralement avec deux grandes stipules membraneuses. Fleurs petites, polygames ou dioïques, disposées en énormes grappes de cymes, un grand nombre de fois ramifiées, situées à l'aisselle des feuilles ou à l'extrémité des rameaux, accompagnées de 2-3 bractéoles qui s'insèrent au-dessous de la base d'un réceptacle en forme de sac étranglé au niveau de son ouverture et muni d'un disque à rebord saillant et membraneux situé à l'ouverture. Périanthe formé de 3 verticilles tétra- ou pentamères, à folioles imbriquées,, membraneuses et veinées. Celles du verticille intérieur forment un calicule de nature stipulaire et sontles plus grandes de toutes. Celles du verticille moyen sont de même consistance, mais plus courtes, atténuées à leur base; leur réunion constitue le calice. Les folioles intérieures, qui sont des pétales et qui peuvent manquer totalement, sont de courtes languettes linéaires et caduques, rarement des lames pétaloïdes, à peu près aussi larges que longues, rétrécies à la base et obtuses au sommet (Bâillon). Étamines 20, insérées en dedans du périanthe et en dehors du rebord
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membraneux du disque; dans la fleur femelle, elles sont stériles et formées d'un filet court et d'une petite anthère biloculaire, introrse, longitudinalement déhiscente. Ovaire, 2, monoloculaire, uniovulé. Style terminal, spatule et glanduleux au sommet. Cet organe est rudimentaire dans la fleur mâle. Les inflorescences femelles (cousso rouge) sont rougeàtres et plus estimées que les mâles (cousso essels). Leur activité plus grande serait due à une résine qui est excrétée à la base de l'ovaire. 5.
Habitat. — Il croît sur les montagnes de PAbyssinie, à environ 3 000 mètres d'altitude.
Partie usitée. — Les fleurs (kousso, cousso, habbi, cotz ou cobotz). Elles ont une odeur particulière qui ne se manifeste qu'autant qu'elles sont en grande quantité; l'arôme qu'elles développent au contact de l'eau chaude rappelle celui du sureau. Leur infusion est acide; leur saveur, peu prononcée d'abord, devient acre et désagréable. A la longue, elles perdent leur activité. On les trouve, dans le commerce, tantôt entières, en paquets de 100 à 125 grammes serrés par une liane, ou brisées et mélangées des débris des pédoncules.
Dessiccation, conservation. — On les fait sécher comme nos fleurs de tilleul, on doit les placer dans un lieu sec; elles conservent alors leurs propriétés pendant longtemps*
Composition chimique. — Les fleurs de cousso contiennent : résine insipide, résine acre et atnère, tannin, huile volatile ayant Codeur de la fleur, huile grasse, cire, chlorophylle, coussine. La coussine (kousséine, koussine) n'est pas critallisée; sa composition est représentée parC,6H2t08; elle est en aiguilles blanches, acide aux réactifs colorés, soluble dans l'alcool, l'éther, les alcalis, peu soluble dans l'eau, douée d'une saveur styptique. La résine acre, l'huile volatile et la coussine sont probablement les principes actifs.
Action physiologique. — Sur l'homme, l'action du cousso est peu marquée ; il détermine seulement un sentiment d'astriction à la gorge, une légère sensation de chaleur à l'estomac, avec nausées; quelquefois des vomissements, des coliques, du malaise, par contre, c'est un tœnicide énergique, aussi mortel pour le taenia solium que pour le botriocephalus latus, car, lorsque ces animaux sont éliminés sous l'influence du cousso, ils ne donnent aucun signe de vie. Son action sur l'ascaride lombricoïde et les oxyures vermiculaires est également manifeste, car ces parasites sont expulsés par des lavements tenant en suspension quelques grammes de poudre de cousso.
Usages. — L'usage du cousso a été importé de PAbyssinie. Dans <;e pays, et par suite, probablement, de l'usage de la viande crue, presque tous les habitants sont atteints de taenia. Parmi les médicaments nombreux (habbe, bolbida, musséna, soaria, angogo, ogkert)