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Partie usitée. — Le fruit, que l'on a fait sécher au soleil

DATDRA STRAMOINE

Composition chimique. — Les dattes contiennent : matières air buminoïdes et pectiques, acide gallique, glycose, inulinè, matière grasse, cellulose, matières minérales.

Usages. — Les dattes font partie, avec les figues, les jujubes et les raisins secs, des quatre fruits pectoraux; leur saveur douce, sucrée, les fait rechercher comme adoucissantes , dans les maux de gorge, les rhumes, les inflammations des voies aériennes. On les administre sous, forme de tisane, pp. 60 : 1000, par décoction. On prépare également avec elles une pâte, un sirop; elles entrent dans la composition de Télectuaire diaphœnix. Elles sont fort nourisssantes.

Fig. 107. — Fruit du dattier.

Fig. 108. — Datura stramoine.

Fig. 109. — Fruit du datura stramoine; a, semence grossie.

DATURA STRAMOINE. Datura stramonium L. Stramoine pomme épineuse, Herbe aux sorciers, Endormie, Pommette épineuse. Solanacées.

Description (fig. 108). — Plante herbacée de 3-8 décimètres,

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d'odeur forte, pénétrante, nauséeuse, de saveur amère, désagréable. Racine fibreuse, blanche, assez grosse. Tige cylindrique, glabre, un peu pubescente en haut, très rameuse, dichotome. Feuilles alternes, longuement pétiolées, grandes, ovales, acuminées, sinuées-dentées, à dents larges et acuminées. Fleurs (juillet-août) blanches ou violacées, très grandes, placées aux angles de bifurcation des rameaux, solitaires, dressées, portées par un pédoncule court et pubescent. Calice gamosépale, longuement tubuleux, pentagonal à 5 dents acuminées, pliées en deux. Il est caduc; sa partie inférieure accompagne pourtant la base du fruit. Corolle gamopétale, beaucoup plus grande que le calice, infundibuliforme ; tube pentagonal ; limbe évasé, à 5 lobes courts, plissés, brusquement acuminés en une pointe fine. Étamines 5, incluses, insérées au haut du tube de la corolle. Ovaire pyramidal, hérissé, à 4 lobes, bilocuïaire. Ovules nombreux attachés à 4 trophospermes, saillants, partant de la cloison moyenne. Style cylindrique, de la longueur des étamines, glabre, élargi à sa partie supérieure ; stigmate à deux lamelles. Fruit (fig. 109) consistant en une capsule ovoïde, presque pyramidale, charnue, chargée de piquants aigus, à 4 loges incomplètes, s'ouvrant en 4 valves par le haut. Graines jaunâtres d'abord, noires à la maturité, réniformes, à surface chagrinée. ®.

Habitat. — Le datura, originaire de l'Inde, s'est acclimaté en Europe et se rencontre dans toute la France, sur le bord des chemins, les décombres, dans les champs incultes.

Culture. — La culture demande peu de soins ; on le propage à l'aide de graines que Ton sème au printemps, dans une terre légère, chaude et substantielle, exposée au midi. Il se ressème de luimême. /

Parties usitées. — Les feuilles et les graines.

Récolte, dessiccation. — On récolte les feuilles au moment de la floraison. La dessiccation doit être conduite avec soin; cette opération les fait replier sur elles-mêmes, détruit leur odeur et leur saveur, mais ne change en rien leurs propriétés. Les graines sont recueillies au moment de la déhiscence du fruit

Composition chimique. — Les feuilles contiennent : daturine, stramomne, gomme, extractif, fécule, albumine, résine, sels, ligneux. La daturine, C^H^ÀzO*, que l'on rencontre également dans les graines, est un alcaloïde qui paraît identique avec l'atropine par sa composition, mais qui s'en distingue en ce qu'elle ne précipite pas par le chlorure de platine, et que son précipité par le chlorure d'or est blanc, tandis que l'atropine précipite en isabelle. Cette substance, qui paraît être le principe actif du datura, est en prismes incolores, très brillants, d'une saveur acre et amère rappelant celle

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du tabac, soluble dans 280 p. d'eau froide, soluble dans l'alcool et un peu moins dans l'éther. La stramonine est une substance neutre cristallisable.

Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Poudre, 5 à 30 centigr. 2° Suc, 6 gouttes. 3° Infusion (usage interne), 5 à 50 centigr. pour 150 gram. d'eau. 4» Extrait avec le suc, 1 à 10 centigr. 5° Extrait par l'eau, 2 à 20 centigr. 6° Extrait alcoolique, 2 à 10 centigr. 7o Teinture, 2 à 20 gouttes. 8« Alcoolature, 2 à 20 gouttes. 9° Vin de semences, on le donne par gouttes. 10° Extrait de semences, 1 à 10 centigr. On fume en cigarettes les feuilles parfaitement desséchées et convenablement roulées ; elles entrent dans la préparation du baume tranquille.

Action physiologique. — C'est la plus dangereuse des Solanées toxiques. A dose physiologique, il produit de légers vertiges, avec accélération de la respiration et de la circulation, affaiblissement de la sensibilité et de l'énergie musculaire, mydriase, troubles de la vision, soif, augmentation de la chaleur animale et de la tension artérielle, des sécrétions cutanées et urinaires. A dose plus élevée, on constate des vertiges, de la stupeur légère, puis de l'agitation, des spasmes, un délire furieux, des hallucinations avec éruption scarlatiniforme. La mydriase est énorme, la soif intense, le pharynx se sèche et se resserre, la déglutition devient difficile, impossible même, l'insomnie est opiniâtre. En môme temps surviennent de la cardialgie, des vomissements, quelquefois de la diarrhée; les urines sont diminuées, supprimées même, bien que le malade éprouve de fréquentes envies d'uriner. Lorsque la terminaison doit être fatale, le collapsus et la stupeur succèdent à l'agitation et au délire, puis la mort survient, précédée de convulsions ou de paralysie et de refroidissement. Toutes les parties de la plante, même la fumée des feuilles brûlées, sont toxiques, mais les semences se font remarquer par leur énergie. L'action que cette plante exerce sur le système nerveux, le délire qu'elle procure, les hallucinations qu'elle engendre, expliquent les effets qu'obtenaient avec elle les prétendus sorciers du moyen âge, et lui ont valu le nom d'herbe au sorcier, herbe du diable. Sous forme de lavements, les préparations de datura paraissent agir plus rapidement que quand elles sont ingérées; leur absorption par la peau, couverte de son épiderme ou dénudée, est également très active.

L'empoisonnement par le datura doit être combattu par les vomitifs, les purgatifs, les alcooliques,* le café. On oppose aux symptômes nerveux les bains froids, les opiacées. Le tannin et les substances tannantes sont les contre-poisons chimiques. Dans les cas de guérison, le malade peut, pendant plusieurs mois, être

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affligé de tremblements des jambes, de troubles de la vision, de perte de la mémoire.

Usages. — Gomme l'ont fait remarquer Trousseau et Pidoux, « le datura peut tout ce que peut la belladone, souvent même il jouit de propriétés plus actives]». On Ta indiqué dans les névroses, telles que la chorée, l'épilepsie, le tétanos traumatique, les affections mentales. Ses succès^sont douteux dans ce genre d'affection. La fumée des feuilles soit seules, soit mélangées avec de la sauge, procure un grand soulagement dans les accès d'asthme. Ses résultats, dans la coqueluche, présentent une certaine analogie avec ceux de la belladone. On] a [également indiqué le datura dans l'incontinence d'urine, le priapisme, la nymphomanie; pour calmer la douleur, dans le tic; douloureux, la sciatique, la photophobie, les hémorrhoïdes, les brûlures, certains ulcères très irritables. L'action mydriatique de la daturine étant moins intense et moins durable que celle de l'atropine, on a proposé de la substituer à cette dernière.

DAUPHIWEIXEïSTAPHISAIGRE. Delphinium staphisagria L.,

Pedicularia. Herbe *à la pituite, Herbe aux poux. Renonculacées- Eli fborees

Description (flg. 110). — ^Plante de 1 mètre, pubescente dans toutes ses parties. Racine pivotante, simple ou peu divisée. Tige cylindrique, droite, rameuse, d'unftvert mêlé de pourpre. Feuilles alternes, pétiolées, d'un vert'foncéiet presque glabres en dessus, d'un vert pâle et velues en dessous, palmées, divisées en 5-9 lobes profonds. Les lobes du sommet sont entiers, ovales, lancéolés, aigus, et ceux de la base trifldes. Fleurs (juin) bleues, disposées en longue grappe lâche de 2-3 décim. à [l'extrémité des ramifications de la tige. Chacune est portée par un pédoncule plus long qu'elle, offrant

3 bractées linéaires, courtes à sa partie inférieure. Calice à 5 sépales, verdàtres, ovales, obtus, un peu velus, le supérieur prolongé à sa base en un éperon court et recourbé en dessous. Corolle à

4 pétales distincts, glabres, les 2 supérieurs ovales, allongés, obtus, rapprochés, prolongés à leur partie inférieure en appendice qui pénètre dans l'éperon ; les 2 inférieurs onguiculés, à limbe irrégulièrement arrondi et denticulé. Quelquefois on trouve 8 pétales. Étamines nombreuses, 15 au moins, libres; anthères bilobées. Ovaires 3 libres, uniloculaires, pluriovulés, terminés chacun par un style court ; stigmate simple. Fruit formé par 3 follicules rapprochés, ovoïdes, ventrus, allongés, terminés à leur sommet par les styles persistants, s'ouvrant par la suture ventrale. Graines grisâtres, irrégulièrement triangulaires, [comprimées et rapprochées de manière à simuler une semence unique, à surface noirâtre, reti-

HÉRAUD. PLANTES^MÉD*

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culée, d'une saveur acre et amère, d'une odeur désagréable. ® ou ®.

Habitat. — Elle est originaire de l'Europe méridionale, et croît

dans les lieux ombragés de la Grèce, de l'Italie et du midi de la France.

• Culture. — Elle demande une terre légère; on la reproduit à l'aide des graines, qu'on sème, dès leur maturité, dans des pots ou des terrines. On repique au printemps.

Partie usitée. — Les graines, connues sous le nom de graines des capucins.

Récolte. — On les recueille à la maturité.

Composition chimique. — Les graines de dauphinelle staphisaigre contiennent : stéarine, corps gras peu soluble dans Valcool, huile très soluble, dans l'alcool, gomme, amidon, matière azotée, ^s^M t^SM II ^ If aloumine végétale soluble, albuil *!«% Il ^t mine vé9étaie coa9utte, delphine, ▼ ^\ f acide volatil, sels. Les propriétés

de la graine sont dues à la delphine et l'acide volatil. La delphine est une base organique assez mal définie, et, d'après Darbel, il faudrait attribuer les propriétés de la staphisaigre à 3 bases très vénéneuses, la delphine, la staphisagrine, la staphisine, et à une matière résineuse particulière. La delphine pure est d'un jaune ambré, elle devient blanche par la pulvérisation ; sa saveur est acre et amère. Elle est presque insoluble dans l'eau, mais elle se dissout dans l'alcool, l'éther, le sulfure de carbone, la benzine, les acides.

Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Poudre (poudre pédiculaire). 2° Décoction, pp. 15 à 30 : 1000 pour lotions. 3° Teinture, en frictions, pommade. 4° Delphine, 1/2 à 2 centigram.

Action physiologique. — Les graines de staphisaigre sont émétiques, purgatives; elles irritent fortement la muqueuse gastrointestinale. La delphine est un poison qui, à la dose de 6-10 milligr., produit sur l'homme des nausées, des vomissements, une augmen-

Fig. 110. — Dauphinelle staphisaigre.

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